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Industrie du futur : l’heure de la mobilisation des filières

Les technologies de base de l’industrie du futur, jugées très pertinentes dans l’ensemble des filières étudiées dans cette étude que nous publions aujourd’hui en exclusivité, doivent permettre à la France de retrouver une place forte dans le domaine industriel.

etude des filières , industrie du futurLes grands partenaires et institutions de l’industrie en France, notamment l’Alliance Industrie du futur, publient une étude, menée par trois cabinets d’analyse*, auprès d’acteurs de six filières industrielles (aéronautique, construction, ferroviaire, automobile, naval et agroalimentaire). Objectif : identifier leur potentiel de transformation en tant que chaînes de valeurs en réseau, lié aux solutions nouvelles de l’industrie du futur.

Max Blanchet**, managing director chez Accenture, qui a coordonné l’« Etude Filières/Industrie du futur – Synthèse des impacts et recommandations », revient pour Alliancy, sur les principales conclusions.

Max Blanchet (Accenture), lors du dernier Salon Smart Industries (Manufacturing.fr)

Max Blanchet (Accenture), lors du dernier Salon Smart Industries (Manufacturing.fr)

Alliancy. Quel est l’objectif de cette étude ?

Max Blanchet. Pour chacune des six filières industrielles que nous avons étudiées, nous avons cherché à définir leur « vision de l’industrie du futur ». Le but étant par la suite de les aider à créer de la mobilisation et de l’appropriation par leurs instances représentatives, en leur proposant une feuille de route de déploiement ainsi qu’un outil de communication. En fait, nous avons voulu répondre à la question « En quoi les nouvelles technologies vont pouvoir aider les filières ? », et ce en partant de leurs besoins en termes de compétitivité, de qualité, d’excellence, d’engagement client… et non en partant des technologies.

Auriez-vous des exemples à citer parmi leurs challenges ?

Max Blanchet. Dans l’aéronautique par exemple, les industriels ont surtout un besoin de monter en cadence, d’organisation de la supply chain, de maturité industrielle… En revanche, dans l’automobile où l’on est déjà sur de très fortes cadences, on voit plutôt des besoins de stabilisation des process industriels, de transparence des flux, ou encore, dans le BTP, on est davantage sur des problématiques de chantiers connectés, d’adoption du BIM…

Faut-il finalement intervenir en partant de la filière ou des nouvelles technologies à déployer ?

Max Blanchet. Les solutions d’industrie du futur doivent être spécifiques à chaque industrie pour répondre au mieux aux sous-performances constatées, différentes d’un secteur à l’autre. Mais, il est vrai aussi que les nouvelles technologies à mettre en place sont les mêmes parfois, comme la robotique, les machines intelligentes, l’IOT (voir schéma), on peut donc répliquer des solutions d’une filière à l’autre.

Les ponts entre les acteurs des différentes filières existent-ils ?

Max Blanchet. Il y a beaucoup de contacts et d’échanges entre les grandes entreprises. C’est le cas en tout cas en France. Mais, ce que cette étude a surtout montré, c’est que si toutes les têtes de pont de chaque filière sont bien avancées sur ces sujets, ce n’est pas encore le cas de la kyrielle d’entreprises,  PME et TPE, qui forment l’écosystème.

A chaque filière désormais, de faire sa roadmap pour avancer sur « l’industrie du futur ».

Qu’est-ce qui les bloque ?

Max Blanchet. Ces entreprises de plus petite taille n’ont pas encore compris ce que l’industrie du futur peut leur apporter en termes de business. C’est là où en le prenant pas la technologie, ce n’est pas la bonne approche. Voir des cobots ou des véhicules intelligents tourner dans une usine, c’est une chose, mais ils ne perçoivent pas pour autant ce que cela va changer en profondeur…

Par contre, si vous regardez à réduire vos temps de cycle de production, à mettre en place une logique de Kanban, ou à réduire les stocks en étant plus flexibles pour mieux répondre aux attentes de votre donneur d’ordres… Cette approche business et d’échanges autour des pratiques industrielles est très différente car vous pouvez introduire là des nouvelles technologies qui vont les aider à y parvenir. Et c’est à cela qu’il faut arriver, à mettre en place de « nouveaux process ».

L’adoption des nouvelles technologies chez les sous-traitants et fournisseurs passera-t-elle inévitablement par les donneurs d’ordres ?

Max Blanchet. Dans les projets des grands groupes, il y a très souvent des problèmes de connectivité de l’ensemble de la chaîne. Par exemple, si vous voulez assurer la qualité de vos produits, vous ne pouvez le faire qu’en impliquant vos fournisseurs. Pour avoir la traçabilité des flux dans l’alimentaire, ce ne sera possible que si certaines informations remontent encore de chez vos fournisseurs… Dans l’automobile, c’est la même chose pour connaître les lots de fabrication de telle ou telle pièce dans vos moteurs… Les grands groupes ont donc besoin que toute la chaîne avance et s’adapte au « 4.0 » conjointement. C’est inévitable ! Dans le même temps, il faut que des organisations ou institutions comme l’Alliance Industrie du Futur, les salons professionnels, BpiFrance… fassent aussi de la communication autour de ces sujets pour mobiliser le plus largement possible.

Dans vos conclusions, vous précisez que « les implications sociales (compétences, emplois, mode de travail), les transformations IT et les évolutions des organisations et processus sont encore peu présentes à l’agenda ». Pourquoi ?

Max Blanchet. Ce que je note aujourd’hui, c’est que les grands groupes, après avoir mené un grand nombre de POC (proof of concept) ou projets-pilotes, doivent passer aujourd’hui à l’industrialisation de nouvelles solutions. Ceci les oblige à repenser leur système d’information pour les déployer dans l’ensemble de leurs usines… Ils doivent donc travailler sur la continuité numérique et mettre en place des structures pour continuer à innover, et de plus en plus rapidement… C’est pourquoi l’on voit naître des « Digital Factories » dans certains groupes, tel chez Engie par exemple. Le niveau 3 de cette maturité aboutira inévitablement à un renforcement des compétences. Il va falloir former, voire réemployer du personnel. Cette phase-là est moins claire, mais, dans cette transition, il est évident qu’il y a un processus destruction/création d’emplois qui se crée. Les métiers vont devenir plus empathiques car il y aura moins de tâches fastidieuses à faire.

Peut-on prioriser les technologies d’industrie du futur que vous avez relevées en page 111 ?

Max Blanchet. Non, je ne le crois pas. On assiste réellement à une « révolution » et non à une évolution ! Ceci tient au fait que nous assistons simultanément à plusieurs ruptures technologiques qui sont le traitement des données et la montée de l’intelligence artificielle ; les capteurs et l’IOT et, enfin, la robotisation avec la cobotique. Ces trois innovations, très différentes, bouleversent réellement l’usine. En se combinant, elles vont permettre d’imaginer de nouveaux services, de nouveaux produits qui font cette révolution. Et c’est cette opportunité que les plus petites entreprises, dont on parlait précédemment, doivent saisir.

Quelle est la phase qui suit cette étude ?

Max Blanchet. On peut travailler avec des filières comme on le fait déjà avec des grands groupes pour aller creuser un certain nombre de sujets au cas par cas. Tout est possible.

* Alliance Industrie du Futur (AIF), Cercle de l’Industrie, Conseil national de l’Industrie (CNI), Groupe des Fédérations Industrielles (GFI) et les trois cabinets (Accenture, EY et Roland Berger)

** Max Blanchet, Senior Partner chez Accenture, est en charge du secteur Industrie. Il cumule plus de 20 ans de conseil auprès de grands groupes industriels et d’institutions. Il est l’auteur de l’ouvrage « L’Industrie France décomplexée » et de « Industrie 4.0 : nouvelle donne industrielle, nouveau modèle économique ».

Pour aller plus loin :

 

Un grand RDV prévu pour l’industrie en 2018

evenementDu 27 au 30 mars 2018, un grand événement regroupera l’écosystème industriel français et européen. Soutenu par le Gouvernement, l’Alliance Industrie du futur, les collectivités territoriales et les organisations professionnelles, il réunira l’ensemble des savoir-faire, outils et technologies de production sur plus de 100 000 mètres carrés à Paris Nord Villepinte, à travers la tenue conjointe de quatre salons professionnels :

  • MIDEST – Salon des Savoir-Faire en sous-traitance industrielle ;
  • SMART INDUSTRIES – Salon de l’industrie Connectée, Collaborative et Efficiente ;
  • INDUSTRIE – Salon des Technologies et Equipements de Production ;
  • TOLEXPO – Salon des Solutions et des Equipements pour la Tôlerie.

Start-up, offreurs de produits et de solutions, équipementiers, sous-traitants, donneurs d’ordres, PME, ETI, grands groupes, pôles de compétitivité, centres de recherche, incubateurs… Tous les savoir-faire seront présents, de la conception à la production en passant par les services. 50 000 visiteurs y sont attendus.


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