La gestion d’assurance-vie haut de gamme face à la gestion Fintech

Face à un mécontentement sur la gestion dynamique bancaire, certaines Fintech (Financial Technologie) ont su développer des offres permettant une accessibilité à moindre frais à des modes de gestions haut de gamme. Les robo-advisor (robots conseillés) que sont Yomoni et Advize permettent une gestion sous mandat des contrats d’assurance-vie par un comité de gestion, Marie Quantier démocratise les algorithmes de finances de marché auprès des particuliers afin d’avoir une gestion conseillée entièrement automatisée grâce à des super calculateurs. 

Pierre Escot, Consultant Senior chez Vertuo Conseil (Groupe Square).

Pierre Escot, Consultant Senior chez Vertuo Conseil (Groupe Square).

La baisse des rendements des fonds euros oblige le particulier à se tourner vers des actifs risqués, regroupés en unités de compte. L’expertise dans le pilotage de ces unités de compte n’est maintenant plus une compétence propre à la Banque Privée mais bel et bien un savoir-faire réparti entre différents acteurs innovants.

Une réforme de l’assurance-vie bancaire?

La non prise de risque est fortement déconseillée sur des contrats bancaires coûteux, sous peine de voir son capital réduire comme peau de chagrin. Une gestion active des supports en unités de compte est donc nécessaire afin de tirer pleinement tout le potentiel d’une assurance-vie. En ce sens les acteurs bancaires ont orienté leur réseau de distribution sur la commercialisation de mandats de gestion ou de gestion conseillée.

Le mandat permet à l’adhérent-assuré d’appartenir à une poche pilotée par une maison de gestion propre à la banque. En fonction du profil de risque déterminé avec le client, la partie d’unités de compte sous mandat sera gérée dans une poche prudente, équilibrée, croissante ou dynamique. L’allocation des fonds associés se fera sans la nécessité d’avoir l’aval du client qui aura entièrement délégué la gestion de cette partie de son contrat d’assurance-vie.

La gestion pilotée quant à elle requiert une sollicitation du client, qui plusieurs fois dans l’année sera contacté par un service en charge de la gestion de son allocation. Par le pilotage, une stratégie d’allocation sur mesure est proposée aux clients, qui, toujours dans la limite du profil de risque établi, sera garante d’une meilleure performance sur le long terme des unités de compte présents sur le contrat d’assurance-vie.

Les Fintech de la gestion d’actif n’ont pas révolutionné un service de gestion sur mesure et ultra-réactif. Elles ont simplement démocratisé une solution d’ordinaire réservée à la gestion de privée. En effet, en Banque un mandat de gestion n’est accessible qu’avec un capital initial à gérer de plusieurs dizaines de milliers d’euros. Prenons l’exemple de Yomoni, qui a partir de 1 000€ de capital investi sans aucun frais d’entrée donne la capacité à ses clients de bénéficier d’un contrat d’assurance-vie entièrement géré sous la forme d’un mandat avec l’accès à des fonds BlackRock, BNPP ou Lyxor illustrant parfaitement l’indépendance du gérant dans son allocation d’actif.

Modernisation de l’assurance-vie bancaire

La force du réseau de distribution des enseignes bancaires a permis ces trois dernières années un décollage rapide des prises de position en unités de compte de leur clientèle. La puissance de frappe des groupes bancaires reste intacte pour protéger leur encours d’assurance-vie lorsque celle-ci est menacée. Cette puissance de frappe pourrait également se faire sur la modernisation de leur offre. En effet, les contrats d’assurance-vie n’étant (toujours pas) transférables, beaucoup de clients ouvrent des contrats d’assurance-vie labellisés gestion Fintech en complément de leur épargne bancaire afin de comparer les performances sur le long terme.

Le long terme est donc justement le principal atout à jouer pour les Banques. Il leur permet en effet de se moderniser, d’intégrer ces modes de gestion innovants et de rattraper leur retard dans ce virage digital. Les Banques ont la capacité financière de lancer des chantiers d’envergure sur cette thématique de démocratisation de gestion d’unités de compte. Les Banques connaissent aujourd’hui des mutations organisationnelles et fonctionnelles de leurs métiers. La Banque Privée n’échappe pas à cette maxime moderne et tend à s’inspirer des meilleurs success-story de Fintech pour se repositionner comme un service incontournable afin de gérer un patrimoine financier.

Une limite ? L’offre PERP, PEA et CTO des acteurs bancaires. Ces produits transférables nécessitant la même capacité de gestion peuvent devenir un nouvel élément de collecte de ces Fintech après avoir fait leur preuve sur assurance-vie.


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