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Les datacenters forcés de se mettre au « vert »

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Frédéric Ichay, avocat associé, cabinet Pinsent Masons

Toujours plus nombreux pour faire face à la multiplication des données numériques et à l’explosion du « cloud », les data center sont devenus de véritables centres vitaux pour notre économie numérique.

L’explosion du nombre et de la taille des data center à travers le monde ont, parallèlement, augmenté substantiellement les besoins en énergie pour les faire fonctionner. Ainsi, les data center « vert », moins énergivores, sont devenus une priorité.

Des Data center énergivores

Google à lui seul consomme autant d’électricité que la ville de Bordeaux pour faire fonctionner ses data center. Fonctionnant 24H sur 24, ces data center doivent en permanence être refroidis. La climatisation représente ainsi près de 40 % de leur facture électrique globale.

Or ce besoin en électricité, principalement produite par des centrales thermiques au charbon, accentue le dérèglement climatique de façon préoccupante et participe à la destruction du milieu naturel d’où est extrait le combustible.

Difficile de dire quel sera exactement le profil des data center à l’échéance 2020, mais de toute évidence, la technologie des data center devra s’adapter à un volume croissant d’informations à traiter, à des contraintes énergétiques qui vont devenir plus fortes, ainsi qu’à un maillage de terminaux et objets connectés qui va se densifier.

Une autre tendance devrait émerger en parallèle : le développement de data center de moins de 500 m2, dans des villes de taille moyenne. Ce maillage plus dense répond à la nécessité de réduire l’attente en se rapprochant des utilisateurs du Cloud. Il permettra aussi de faire face à l’explosion des objets connectés dont on estime le nombre à 30 milliards d’ici 2020.

La création de nouveaux outils de mesure de l’efficacité énergétique

Jusqu’à maintenant, le Power Usage Effectiveness (PUE) consistait à évaluer sur un an la quantité d’énergie totale consommée par le site, par rapport à la quantité d’énergie nécessaire au fonctionnement des équipements informatiques. Ainsi, le PUE est souvent utilisé pour comparer les performances énergétiques des data center entre eux. Plus le résultat est proche du chiffre 1, moins le data center consomme d’énergie, et plus il est considéré comme « éco-responsable » : un passage qui devient obligé dans de nombreux appels d’offres.

Cependant, pris indépendamment, il n’est pas un indicateur fiable pour comparer les data center car l’ensemble des paramètres clés comme la localisation géographique du site, le taux de disponibilité choisi ou encore le taux de charge, ne sont pas pris en compte pour juger de leur performance énergétique.

A cet égard, le Green Grid, consortium qui a normé le PUE, a créé trois autres indicateurs, dont l’objectif est de rendre plus lisible l’efficacité énergétique des data center :

  • L’ERE (Energy Reuse Effectiveness) qui prend en compte la réutilisation d’une partie de l’énergie produite par le data center (comme la chaleur) ;
  • Le CUE (Carbon Usage Effectiveness) qui mesure la quantité de gaz à effet de serre produite par le bâtiment ;
  • Le GEC (Green Energy Coefficient) qui prend en compte la part des énergies renouvelables dans la consommation globale du Datacenter.

Tous ces indicateurs témoignent d’un véritable besoin de mesurer, justifier et prouver son positionnement en matière d’efficience énergétique.

Par ailleurs, au niveau européen, les opérateurs de data center qui signent le « Code de Conduite » sur l’efficacité énergétique s’engagent à appliquer certaines des recommandations édictées par la Commission européenne ; ces dernières portent notamment sur le choix des équipements, la climatisation ou la gestion de données.

Vers une efficacité énergétique plus accrue

Des alimentations électriques alternatives peuvent permettre d’atteindre une efficacité énergétique quasi parfaite. A titre d’exemple, la géothermie consiste à puiser la réfrigération dans la nappe phréatique. D’un autre côté, la tri-génération consiste en une turbine, au gaz, qui produira trois énergies : l’électricité pour les serveurs, une chaleur d’échappement, qui pourra être en partie redistribuée localement, et une réfrigération pour maintenir la température.

Des serveurs qui pourront tolérer plus de 30°

Le free cooling, ou le refroidissement par eau de rivière, aide déjà à améliorer l’efficacité des data center. Mais une innovation permettra plus que toute autre de réduire leur consommation : la tolérance des serveurs à des chaleurs toujours plus grandes. De 18° il y a 10 ans, ils tolèrent désormais 25°, et des températures de plus de 30° sont envisageables à court terme. Cette optimisation sera cependant freinée par la course à la performance des serveurs.

Le 100% énergie renouvelable possible mais limité

Les énergies renouvelables sont déjà utilisées pour alimenter certains data center. C’est le cas chez OVH qui a établi son data center canadien (près de Montréal) du fait de la proximité d’un barrage. Apple a, de son côté, acquis une usine hydraulique pour ses data center de l’Oregon. Toutefois avec l’éolien ou le solaire se pose la question du stockage de l’énergie. Il faudra la régler pour pouvoir généraliser ces dispositifs.

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