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Digital, ingénierie et BTP : Enjeu numérique et enjeux métiers, une interconnexion très forte

Le secteur du BTP et de l’ingénierie a toutes les chances de confirmer sa reprise en 2017. Après une hausse de 1,9% de volume en 2016, les prévisions sur 2017 s’élèvent à +3,4 % de croissance de l’activité bâtiment avec, en particulier, une hausse des permis de 2,8 % pour l’ingénierie Industrielle (segment des bâtiments industriels et assimilés).

Damien ANDRIEU, Responsable Marketing Lascom AEC

Damien ANDRIEU, Responsable Marketing Lascom AEC

Une reprise qui ne doit pas masquer la transformation du secteur

Ce ne sera pas une année de progression calme sans transformation : le secteur du BTP subit généralement en décalé les grands changements technologiques et sociétaux. Ainsi le tournant digital du BTP est de plus en plus marqué. On peut citer en exemple l’étude de CB Insight qui indiquait que les investissements dans les startups du domaine de la construction avaient été multipliés par 5 entre 2010 et 2015.

Si cette évolution du secteur n’est pas une spécificité 2016, ce qui est notable, c’est que cette digitalisation touche maintenant toutes les étapes du cycle de vie des infrastructures et qu’elle impacte tous les acteurs : MOA, MOE, entreprises de BTP, sous-traitants, industriels et fournisseurs de produits… Ce n’est donc plus un impact isolé sur certaines problématiques.

Interconnexion entre enjeux métiers et digitalisation

Cette mutation ne peut pas être perçue comme indépendante, il y a une interconnexion très forte entre les nouveaux enjeux métier de l’ingénierie et du BTP avec la digitalisation. En voici quelques exemples :

Côté métier, avec les Partenariats Public Privé par exemple, les projets doivent de plus en plus être pensés par les constructeurs pour l’exploitation. Cela renforce directement l’importance de la continuité numérique et la mise à disposition d’un double digital de l’infrastructure qui intègre toutes les facettes nécessaires à son exploitation.

Les majors français visent de plus en plus l’international, avec un chiffre d’affaire du BTP de la France en croissance de 6,3 % en un an à l’international pour 2015. Cette internationalisation est soutenue par la digitalisation des informations projets qui facilitent le suivi des chantiers dans des pays émergents, le partage des méthodes et le pilotage multi-sites, multi-projets et multiculturel.

L’arrivée des IoT, la prise en compte de l’impact écologique ou la digitalisation créent de nouveaux métiers spécialisés (BIM Manager, métiers de la data, expert de la sécurité des données, technicien conseil en énergies renouvelables …) et de nouvelles méthodes (drones pour suivre les chantiers, impression 3D…). Cela engendre de nouvelles informations à exploiter, et augmente le nombre d’acteurs qui doivent collaborer sur les projets, chacun au travers d’une fenêtre d’accès adaptée. Ingérable sans numérique !

Si on rentre plus précisément dans l’enjeu environnemental, essentiel pour le bâtiment avec l’objectif « zéro carbone » d’ici à la fin du siècle, il se manifeste à plein de niveaux différents dans les logiciels utilisés dans les projets :

  • La prise en compte des exigences, contraintes, impacts et solutions liés à l’environnement dans les logiciels de gestion de cycle projet, comme par exemple le sauvetage d’une nichée de Rougequeue noire, de pélodytes ponctués, de vespertilion de Natterer ou de pipistrelle commune !
  • Le BIM qui contribue à réduire les pertes d’énergies directes et grises en simulant les différentes performances énergétiques.
  • Les nouveaux projets liés à l’énergie durable (plus de 1 500 mégawatts de nouvelles capacités du parc éolien français en 2016) qui ont de plus en plus besoin de logiciels de PLM de par leur complexité et leur maintien en condition opérationnelle

Et à propos de complexité, les bâtiments industriels et publics évoluent de plus en plus vers des systèmes interconnectés où de nombreuses fonctions électroniques, logiciels, mécaniques interagissent. Entre 2012 et 2020 il est prévu une augmentation supérieure à 2000% de l’investissement dans l’Internet des objets industriels dans le monde. Cela implique des méthodes de gestion nouvelles provenant de l’ingénierie système, et donc des logiciels adaptés.

Un besoin encore plus renforcé par la transformation de la chaîne de sous-traitance avec la progression des approches « modulaires », l’émergence de systémiers comme dans l’aérospatial, ou la création de nouveaux intermédiaires dans la chaine de valeur qui renforcent l’importance de la continuité de l’information.

Il est clair que les enjeux métiers impactent l’évolution du digital, et que le digital créé des nouveaux enjeux métiers. L’imbrication est donc très forte, contrairement à d’autres secteurs où le digital a été le centre unique de la transformation. Il est pour le BTP un moyen de répondre aux défis métiers et est pris en main par les acteurs du secteur. Ce n’est pas une transformation subie ! Les acteurs IT et en particulier les éditeurs de logiciels doivent aussi se transformer. C’est à dire monter en expertise sur le secteur de l’ingénierie et du BTP, et se spécialiser. Les réponses génériques et purement technologiques sont de moins en moins pertinentes !

Sources :

 


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