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L’IOT n’est pas une question d’internet et d’objets

[EXCLUSIF] L’Internet des Objets, ce n’est pas une question d’Objets reliés entre eux par de l’Internet. Si ce n’était que cela ce ne serait pas très intéressant pour les utilisateurs – ce qui explique l’échec des premiers objets connectés, de l’iWatch d’Apple au Mother Sense.

Jean-Paul-Crenn INTERNET DES OBJETS

Jean-Paul Crenn, fondateur de Webcolibri, cabinet conseil en e-commerce et transformation digitale VUCA Strategy

Des « objets » à ne pas sous-estimer

Si l’Internet des Objets est la traduction directe de l’«Internet of Things », les Français parlent d’« objets connectés », ce qui, comme le souligne fort à-propos François LAURENT, gomme un peu l’ampleur du phénomène : les objets connectés, on a encore l’impression de les dominer alors que des choses qui discutent entre elles sans que les malheureux humains en soient informés, ça, c’est plus inquiétant.

Car la réelle promesse de l’Internet des Objets réside dans le fait que l’ajout de l’Internet aux Objets leur apporte… l’Intelligence ! Et cela, c’est la promesse d’adorables D2R2 mais aussi de sombres intelligences artificielles (IA) comme celles à l’œuvre dans Minority Report.

C’est pourquoi ces nouveaux types d’Objets devraient être dénommés « Objets Intelligents Connectés » (OIC), avant que leur banalisation ne les fasse revenir dans la normalité et ne nous amène à les désigner de nouveau comme de simples « Objets », ou même à ne plus avoir conscience de leur existence, tant ils seront intégrés dans nos corps.

L’analyse prescriptive des données : une démarche nécessaire mais risquée ?

Les OIC vont générer des bases de données gigantesques, que les industriels ont et auront encore plus de mal à traiter, quoi qu’en disent les spécialistes du big data. Pour que les Objets deviennent intelligents, il leur faut traiter les données collectées. Pour générer des actions cognitives, qui induisent des actions, que ce soit de la part d’humains ou d’objets, il est alors nécessaire d’aller au-delà des analyses statistiques classiques.

En effet, face à cette avalanche continue de zetaoctects de données générées par des milliards d’OIC, il faudra utiliser des algorithmes prédictifs, pour permettre d’anticiper une situation future. Mais il sera nécessaire de passer la plupart du temps, toujours pour faire face à ce déluge d’informations, à une analyse prescriptive, qui donne la marche à suivre. L’action à mener sera prescrite en fonction de l’analyse effectuée, des objectifs fixés et des degrés d’incertitude acceptés. Ces prises de décision seront alors automatisées et alimenteront des Intelligences Artificielles dont le WATSON d’IBM ou ALPHAGO de Google sont des précurseurs.

Face à ce futur qui se dessine déjà, le respect de la vie privée devient un enjeu bien plus prégnant qu’aujourd’hui. C’est pourquoi l’Union Européenne multiplie les réglementations en ce sens, avec notamment le Règlement Général sur la Protection des Données (RGPD), appliquable en mai 2018. Les enjeux des OIC sont alors non seulement technologiques et marketing, ils sont également juridiques. L’enjeu du marketing de demain deviendra ainsi le respect du consommateur.

Nous pouvons même aller plus loin sans prendre grand risque de nous tromper.

L’enjeu des OIC sera non seulement celui de la vie privée des citoyens mais également celui de leur sécurité et de leur intégrité, tant physique, financière que morale. Car les OIC ne se limiteront pas à notre externalité, ils seront – ils sont déjà, voyez certaines pompes à insuline – en nous.

 


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