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Région – La transition énergétique en marche

« La troisième révolution industrielle » que projette Jeremy Rifkin pour le Nord-Pas-de-Calais requiert une communication en réseaux dématérialisés. Plan d’actions de l’économiste américain sur ce territoire jusqu’en 2050.« La troisième révolution industrielle » que projette Jeremy Rifkin pour le Nord-Pas-de-Calais requiert une communication en réseaux dématérialisés. Plan d’actions de l’économiste américain sur ce territoire jusqu’en 2050.

« La révolution du numérique est en train de fusionner avec celle de l’énergie distribuée. Cette fusion crée les conditions d’une troisième révolution industrielle, dont le Nord-Pas-de-Calais sera le précurseur dans le monde. » L’affirmation vient de Jeremy Rifkin, l’apôtre de la troisième révolution industrielle, alors qu’il présentait à Lille (Nord) son plan d’actions pour la région à l’occasion de la clôture du World Forum.

Élaboré pour 350 000 euros, à la demande du conseil régional et de la chambre de commerce et d’industrie (CCI) Nord de France, le programme de l’économiste américain repose sur cinq piliers : le recours aux énergies renouvelables, la transformation du parc immobilier, l’installation de solutions de stockage de l’énergie, le déploiement de l’Internet de l’énergie et de nouvelles solutions de transport. « Pris individuellement, ces piliers ne valent rien. Il faut les relier pour que la transition énergétique d’un territoire ait bien lieu. C’est possible grâce aux avancées du numérique et des réseaux intelligents », explique-t-il.

Habitat connecté et bâtiment intelligent
Le plan Rifkin détaille comment l’Internet des Objets, associé à de nouvelles applications logicielles dédiées à une gestion répartie de l’énergie et de la logistique, améliorera l’efficacité de toute la chaîne de valeur. Chaque consommateur pourra contrôler ses usages énergétiques directement sur son smartphone, autant sa consommation que la revente de son surplus. Il aura fallu dix mois de travail au conseiller américain et à son équipe, en collaboration avec de nombreux acteurs économiques du territoire nordiste, pour élaborer cette feuille de route prospective. Il faut maintenant passer au concret.

Mais la région ne part pas de rien. Comme l’a souligné Philippe Vasseur, président de la CCI Nord de France, « il existe déjà de nombreuses opérations qui vont dans le sens des préconisations de Jeremy Rifkin ». Il y en a même dans les réseaux intelligents. C’est le cas de la solution d’Intent Technologies expérimentée par le bailleur social Pas-de-Calais Habitat. Installés sur les compteurs des logements, des capteurs enregistrent l’évolution de la consommation de chaque foyer en électricité, gaz et eau. Les informations sont transmises à une plate-forme de services qui les analyse. En cas de dérives, les habitants reçoivent des alertes sur leur smartphone, leur ordinateur ou leur tablette. Déployé dans 400 logements, ce service en est au stade de l’évaluation. « Notre plate-forme pourra proposer bien d’autres applications. Pourquoi pas l’analyse des performances thermiques de bâtiments, la mesure de leur humidité, la surveillance des ascenseurs ou la traçabilité des services apportés aux habitants… », indique Benjamin Ulrich, cofondateur de cette entreprise lilloise.

À Villeneuve-d’Ascq, sur le campus universitaire de Lille-I, se mène une autre expérimentation qui, elle aussi, présage de ce que seront demain les réseaux distribués nécessaires à la transition énergétique du Nord-Pas-de-Calais. Initié et porté par le professeur Isam Shahrour, directeur du Laboratoire génie civil et géo-environnement (LGCgE) de Lille-I et président du CITC-EuraRFID, ce projet – SunRise – vise la transformation d’un site de 110 hectares et de 23 000 usagers en « smart city » en rendant intelligent ses réseaux d’eau et d’énergie. Ceci grâce à des capteurs qui mesurent, analysent et communiquent des données en local, en vue de réduire les consommations, tout en étant interconnectés à une gestion centralisée. SunRise bénéficie du partenariat de plusieurs opérateurs dont Eau de Paris, les Eaux du Nord (groupe Lyonnaise des Eaux), Dalkia, ERDF et le bailleur Lille Métropole Habitat. Initié il y a deux ans, il mobilise déjà une dizaine de thésards et davantage de chercheurs post-doctorant.

Mais, sans connexion au très haut débit, difficile d’envisager une extension de ce modèle. Surtout dans les communes les moins peuplées condamnées au bas débit. Ce ne sera bientôt plus le cas au moins sur la métropole lilloise, composée de plus de 50 % de communes rurales. Lille Métropolea signé le 28 octobre, avec l’État et les opérateurs Orange et SFR, la première convention du plan France Très Haut Débit lancé par le Gouvernement. Objectif : déployer la fibre sur toute la métropole urbaine d’ici à 2020. Reste à œuvrer désormais de concert sur l’ensemble du territoire.

 

La vision de Jeremy Rifkin
D’après l’économiste américain, si la région nordiste suit ses recommandations, elle produira 100 % de ses besoins énergétiques d’ici à 2050. Elle aura alors réduit de 60 % sa consommation, divisé par quatre ses émissions de gaz à effet de serre et créé 165 000 emplois nets. Elle deviendra l’une des régions les plus efficaces au monde… si elle investit au moins 30 milliards d’euros durant cette période.

 

Cet article est extrait du n°6 d’Alliancy, le mag – Découvrir l’intégralité du magazine


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