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Livre – Un monopole sinon rien

Franck Barnu, journaliste

Franck Barnu © Olivier Roux

Si vous voulez mesurer à quel point la Silicon Valley est éloignée de la France, de sa morosité, de sa méfiance envers le progrès et la technologie, lisez Zero to One de Peter Thiel. Vous n’en reviendrez pas. L’auteur est le richissime fondateur de Paypal, investisseur précoce dans Facebook et LinkedIn, et aujourd’hui, partner d’un fonds de capitalrisque, Founders Fund. Dans ce livre, sous-titré « Notes on start-up or How to build the future », il nous donne son point de vue, issu de son expérience, sur la façon de créer de nouvelles entreprises florissantes et, comme on dit, ça décoiffe ! D’abord, il croit dur comme fer au progrès. « Notre défi est d’imaginer et de créer les nouvelles technologies qui feront le XXIe siècle plus prospère et plus pacifique que le XXe. » A ce propos, il remarque, avec raison et un brin de nostalgie pour les glorieuses années 1960, que ces dernières décennies, contrairement aux idées reçues, le fameux progrès s’est plutôt enrayé : « Entre la Première Guerre mondiale et 1971, il y a eu beaucoup de développements technologiques, mais peu de globalisation ; de 1971 à nos jours, beaucoup de mondialisation et peu de développements, excepté dans les technologies de l’information. » 

Il y a une autre idée reçue qu’il se plaît à déboulonner. Il déteste la concurrence ! Il la juge contre-productive et ne jure que par la création de… monopoles : « Un monopole créatif crée des nouveaux produits qui bénéficient à tous et génèrent des profits durables pour son créateur. La concurrence signifie pas de profits pour quiconque, pas de différenciation significative et une lutte permanente pour survivre. La concurrence est une idéologie qui déforme notre pensée. » Il est vrai que le succès des Microsoft, Google et autres Facebook lui donnent raison…

Entreprise gagnante 

C’est ainsi que dans ces « notes », appellation qui convient bien, car si les idées abondent dans l’ouvrage, elles se présentent de façon un peu désordonnée, il donne les sept points indispensables à l’entrepreneur ambitieux qui souhaite bâtir l’entreprise gagnante – le monopole – du futur. J’en citerai deux : « disposer d’une technologie au moins dix fois meilleure que l’existant ». Et « Commencer en prenant une grande part d’un… petit marché. »

On n’est pas obligé de prendre pour argent comptant toutes ces idées, même si ce sont quand même celles sur lequel il a bâti ses formidables réussites. Tout le monde n’est pas Peter Thiel, toute entreprise ne peut devenir monopolistique. Il y a toutefois dans ce livre beaucoup d’idées originales et provocatrices, au bon sens du terme. Elles amènent, en matière de start-up, de création d’entreprise, de capital-risque… à s’interroger sur la validité de points de vue considérés comme acquis. Surtout, elles jettent une intense lumière sur l’idéologie de la Silicon Valley. Car, mêmes choquantes aux yeux de ses concitoyens, ses réflexions sont dans la droite ligne de la pensée techno optimiste californienne. Le livre est tiré d’ailleurs, d’un enseignement que Peter Thiel a délivré à Stanford en 2012. Oui, cela ne fait pas de doute, la Silicon Valley est bien loin de la France, très loin…

 

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Zero To One : Notes on startups, or How to build the future, par Peter Thiel, avec Blake Masters, 2014, 224 pages, 10 e.

Cet article est extrait du n°12 d’Alliancy, le mag – Découvrir l’intégralité du magazine


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