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Start-up – La France puise dans le vivier israélien

Les entreprises françaises puisent dans le vivier de start-up israélienPetit par la taille, mais grand par sa capacité d’innovation, Israël est considéré comme le deuxième pôle technologique mondial, après la Silicon Valley californienne. Dans le sillage des Américains, les Français multiplient les partenariats locaux pour bénéficier de technologies inédites, souvent issues de la recherche militaire.

L‘Etat hébreu, nation en conflit avec ses voisins, est connu pour être l’un des leaders mondiaux dans les systèmes de sécurité du territoire. Plus largement, dans la Start-up Nation se joue aussi en partie l’avenir de l’économie numérique et de l’innovation. Le pays regorge de start-up dans tous les domaines en pointe, grâce aux nombreux transferts de technologies souvent issues de la recherche militaire. Or, l’isolement du pays au Proche-Orient et la petite taille de son marché poussent ses entreprises à nouer des partenariats bien au-delà de ses frontières. Une aubaine pour les grands groupes occidentaux – américains en tête, mais aussi français –, qui multiplient les alliances depuis plusieurs années.

 

Des technologies inédites

C’est le cas, par exemple, de Bouygues Telecom. L’opérateur s’est appuyé sur deux PME israéliennes pour développer sa nouvelle Bbox Sensation. Commercialisée depuis juin, cette box triple play permet aux foyers d’accéder à de nombreux contenus et services vidéos sur ordinateur, tablette tactile et TV… « Notre offre intègre la nouvelle technologie Wifi, conçue par Celeno Communications, l’une des meilleures au monde disponible à ce jour pour sa qualité de transmission en haute définition », indique Franck Abihssira, directeur des activités fixes, des contenus et des services de Bouygues Telecom.

L’opérateur s’est également associé à la société Playcast, ce qui lui permet d’offrir à ses abonnés, par l’intermédiaire du portail Bbox games, un service de jeux en streaming grâce à leur solution de cloud gaming. Cette technologie s’apparente à la vidéo à la demande, et fonctionne sur le même principe. « Playcast utilise une technologie exclusive de compression qui nous permet de proposer une qualité de jeu optimale, en mode solo ou multijoueur », souligne Franck Abihssira.

Pour dénicher ces deux perles, Bouygues Telecom a, dès 2010, entamé une veille technologique mondiale. Mais, c’est finalement lors d’un voyage d’études organisé par la chambre de commerce France-Israël, relayée sur place par l’équipe d’Ubifrance de l’ambassade de France à Tel-Aviv, que l’opérateur de téléphonie les a détectées. Du coup, le groupe a conclu avec les deux entreprises, au premier semestre 2011, un contrat respectif de services technologiques. « Les deux dirigeants israéliens se sont très impliqués dans le projet. Celeno est même un partenaire stratégique à travers Bouygues Telecom Initiatives, notre incubateur de startup », expose Franck Abihssira. A tel point que Bouygues Telecom s’envole désormais tous les six mois vers Israël… « pour trouver d’autres bijoux de la sorte ».

Israël se situe au 2e rang, juste derrière les Etats-Unis, en nombre de sociétés cotées au Nasdaq.
Selon l’Israël Venture Capital, le pays compterait 3 850 start-up, soit une pour 1844 habitants, un record mondial

En 2008, son concurrent Orange a eu une démarche similaire. Mais l’opérateur a choisi, avec l’appui de sociétés locales de conseils juridique et fiscal, de racheter la start-up israélienne Orca Interactive, via sa filiale Viaccess, spécialisée dans les systèmes de sécurité et de protection des contenus de chaînes de télévision payantes. « Dans notre stratégie d’étendre notre portefeuille de produits afin de permettre à nos clients Eutelsat, Orange, Canal +… de lancer de nouveaux services, Orca nous apporte ses compétences de plate-forme technologique pour diffuser les chaînes de télévision et des vidéos sur tous les supports : ordinateurs PC, téléphones mobiles… C’était la meilleure dans son domaine », explique François Moreau de Saint-Martin, directeur général de Viaccess-Orca.

 

Des prises de décision rapides

Les deux entreprises ont finalement fusionné en mars 2012 pour apporter des solutions de bout en bout sur un marché qui a évolué. « Ce rapprochement a été un succès grâce à la bonne entente des deux équipes de direction et à des tailles d’entreprises similaires », se réjouit le dirigeant. Même si les deux partenaires n’avaient pas au départ la même approche d’un projet commun. « Les Israéliens sont très directs. La rapidité de leurs décisions leur permet de se lancer très vite dans un projet, alors que les Français ont tendance à en analyser auparavant tous les aspects », relève Nathalie Boulanger, directrice des fonctions transverses à la direction du marketing et de l’innovation d’Orange. Mais, au final, le courant est passé. Et ce n’est pas par hasard si OP Ventures, le fonds commun d’investissement créé récemment par Orange et Publicis, a trouvé sa première cible… israélienne. Il vient de miser 11,4 millions d’euros dans MyThings. Cette société fournit des solutions de « publicité contextuelle » en proposant de la pub selon le profil de l’internaute (retargeting), de même que son concurrent français Criteo. « Il s’agit de développer cette entreprise prometteuse dans la diffusion de publicités sur les téléphones mobiles », précise Nathalie Boulanger.

 

Des alliances dans les deux sens

Pour Keyrus, acteur français de la Business Intelligence (BI), l’acquisition en octobre 2011 de 51 % de la start-up israélienne Vision.bi constitue aussi une opération stratégique cruciale. « On va capitaliser sur les compétences de ce leader sur le nouveau marché du big data, technologie qui n’existe pas encore en Europe, dans l’objectif de devenir leader mondial dans le domaine », explique Eric Cohen, PDG de Keyrus. Le groupe a pu identifier cette pépite israélienne grâce à l’ouverture sur place, en 2009, d’un bureau de veille technologique. Depuis, ce rachat lui a permis de développer ses activités très rapidement sur le marché américain, « grâce aux connexions technologiques des entreprises et financières des fonds d’investissement entre Israël et les Etats-Unis » (lire encadré ci-contre).

Dans les coopérations franco-israéliennes, tous les cas de figure sont néanmoins possibles. Ainsi, Danem, PME française qui fournit des solutions logicielles de mobilité pour les professionnels (commerciaux…), s’est alliée au mastodonte du pays NGSoft (450 ingénieurs), mondialement reconnu pour ses hautes compétences en sécurité et ergonomie informatique. « Nous avons scellé un partenariat, il y a un an et demi, pour développer un back office de CRM, l’entité mobile d’un CRM. NGSoft était la seule société qui pouvait nous apporter ce complément de logiciel mobile exigé par nos clients », expose Michel Sasportas, fondateur et PDG de Danem. Depuis les deux entreprises travaillent de concert pour faire aboutir le projet au printemps 2013. « NGSoft nous rassure par son savoir-faire et sa rapidité d’exécution », note le dirigeant.

Enfin, une start-up française peut aussi intéresser Israël. Le système de géolocalisation de stationnement sans satellite, mis au point par la PME toulousaine Lyberta, attise les convoitises de la Communauté urbaine de Tel-Aviv et du groupe On Track Innovations (OTI), l’un des leaders mondiaux en solutions à base de cartes à puce sans contact. « Ils sont très intéressés par notre dispositif de gestion dynamique du stationnement de véhicules qui consiste à détecter les places libres, les véhicules stationnés et même de discriminer l’usager dans sa voiture lors d’un stationnement », indique Jean-Louis Lopez, PDG de Lyberta. C’est surtout la résonance médiatique du système de Lyberta, testé à maintes reprises en France, qui a attiré l’attention des autorités israéliennes. Mais la mise en contact de la start-up avec OTI, qui expérimente déjà le système français couplé au sien dans un parking en Israël, a été provoquée par Smart e-Moon, le représentant local de Lyberta.

 

Siège d'IBM à Matam

Siège d’IBM à Matam

Une seconde “Silicon Valley”

 

• La haute technologie représente 50 % des exportations du pays.

• Le pays compte 140 ingénieurs pour 10 000 habitants et le nombre de brevets déposés figure parmi le plus élevé au monde.

• C’est à Haïfa, sur le parc technologique de Matam, que s’étend Technion, l’université de recherche publique la plus ancienne et la plus prestigieuse (70 % des ingénieurs du pays y sont formés).
C’est aussi dans ce parc que se trouvent Microsoft, Intel, Google, Yahoo ou IBM…

 

 

 

 


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