Roumanie – Pôle de services IT

Nombre d’entreprises étrangères s’installent dans le pays pour bénéficier d’une main-d’oeuvre très qualifiée et à bas salaires dans les services informatiques et le développement de logiciels. Elles y implantent des bases de prestations externalisées pour servir leurs grands clients à l’international.

Cette année, ça va vite et même très vite dans le secteur roumain des télécommunications.

Palais du Parlement à Bucarest

Cette année, ça va vite et même très vite dans le secteur roumain des télécommunications.
En plein déploiement de son réseau 4G mobile dans le pays, Orange Roumanie a récemment signé un accord de partenariat avec Vodafone, l’autre grand opérateur du pays, portant sur la mutualisation de leurs réseaux mobiles respectifs.
L’objectif : accélérer leurs investissements sur de nouvelles technologies comme la 4G. Cet accord devrait leur permettre d’améliorer la couverture nationale, notamment dans les zones blanches. Les deux opérateurs continueront cependant d’opérer chacun leur réseau indépendamment.

Lancée début 2013 par Orange, la technologie 4G offre, par son réseau à très haut débit, une qualité supérieure aux services multimédias sur mobiles, tablettes et PC. Ainsi, la stratégie d’Orange Roumanie est d’offrir à ses clients la meilleure expérience utilisateur. Déjà, ceux établis à Bucarest et dans les alentours, région couverte par le réseau 4G, peuvent surfer sur Internet dix fois plus vite qu’en 3G, sur leur tablette. Et, à partir d’avril 2014, lorsque le spectre de fréquences 4G dédié sera disponible et la couverture du territoire national achevé, tous les clients d’Orange pourront faire de même sur leurs téléphones mobiles ! « Le pays vit un véritable saut technologique. Il est devenu le cinquième pays au monde pour la rapidité des trafics Internet. Alors qu’il n’y a encore pas si longtemps, peu de Roumains étaient connectés au Net », révèle  Marc Pascal Huot, gérant d’Eastrategies, société de conseil et d’accompagnement des entreprises en Roumanie.
Aujourd’hui, le pays compte plus de 9 millions d’internautes (13 millions estimés en 2015), représentant un taux de pénétration dans les foyers de 43 %, et 23,5 millions environ de cartes SIM sur une population de près de… 20 millions d’habitants. 

Trois pôles technologiques d’envergure 9.4-millions-d'euros
Les télécommunications et, plus largement, les TIC font partie des secteurs économiques les plus dynamiques et les plus profitables du pays. Selon la chambre de commerce et d’industrie française en Roumanie (Ccifer), les télécommunications pèsent quelques 3,4 milliards d’euros, quand le marché IT atteint 9,4 milliards d’euros, soit 2,5 % du PIB du pays ! Un secteur qui continue à progresser, ayant enregistré une croissance de 2,7 % au premier semestre 2013. « Avec une progression de 40 % en quelques années, les secteurs du développement de logiciels, et des services IT notamment, sont particulièrement dynamiques. La Roumanie constitue ainsi un pôle régional d’excellence en Europe pour l’informatique et pour les télécommunications », affirme Adriana Record, directrice de la Ccifer. Certes, le pays compte trois pôles technologiques d’envergure : à Bucarest, où sont installés les sièges des géants de la IT comme Oracle, SAP, Microsoft, Alcatel-Lucent… ; à Timisoara, « où Alcatel a créé son deuxième pôle mondial de R&D sur la 4G, constitué de 1 200 ingénieurs », précise Adriana Record ; et à Cluj-Napoca, ville universitaire qui possède un cluster d’innovation IT.

Chaque année, environ 15 000 jeunes diplômés dans le domaine IT sortent des quatre principales universités technologiques roumaines, dont 7 000 en développement de logiciels.
« Près de 25 % des ressources humaines actives  du pays travaillent dans l’informatique et les logiciels »,
résume Marc Pascal Huot. L’attractivité de la Roumanie dans les NTIC ne se dément pas.
« Les entreprises étrangères y trouvent une main-d’oeuvre hautement qualifiée, avec des salaires deux fois moins élevés en moyenne qu’en France, une infrastructure nationale suffisamment développée pour permettre une forte croissance de l’industrie IT et un soutien de l’Etat pour la création d’incubateurs et pour l’activité de développement de logiciels, par une exonération fiscale », précise Adriana Record.
Du coup, nombre d’entreprises étrangères, notamment françaises, viennent y développer leurs activités ou installer leurs bases d’externalisation informatique (ou délocalisations near shore) pour servir les marchés européens et internationaux. C’est le cas de l’ESN (entreprise de services du numérique) orléanaise Pentalog, spécialisée dans les services informatiques near shore et off shore à destination de clients français et internationaux. « Nous nous sommes implantés au départ à Brasov, en 1999, en tant qu’éditeur de logiciels, pour développer à moindre coût un progiciel de création de portails intranet et extranet d’entreprises. Puis, en 2003, nous avons reconverti notre activité et notre personnel local, de quinze personnes à l’époque, dans les services informatiques qui ont constitué ensuite notre principal axe stratégique de développement », indique Monica Jiman, sa directrice générale déléguée.

Depuis, l’entreprise a ouvert plusieurs centres de services informatiques dans le pays, successivement à Bucarest, Iasi, Sibiu et Cluj-Napoca, villes universitaires. « Nous travaillons pour de grands comptes français et quelques locaux, principalement dans les secteurs bancaires et de télécommunication comme la Société générale, la Banque commerciale roumaine (BCR) ou Orange », explique Monica Jiman.
Ces centres de services informatiques, qui emploient aujourd’hui près de 600 salariés, chefs de projet, ingénieurs, architectes informatiques…, travaillent à 90 % sur l’externalisation des services informatiques des clients internationaux et à 10 % pour des entreprises locales.

Cette année, ça va vite et même très vite dans le secteur roumain des télécommunications.

Partenariat avec les universités
Pentalog s’est développé dans le pays en créant notamment, en 2010, un incubateur de start-up Penta Labbs et une structure de consulting et d’expertise de haut niveau, Penta Institut. L’entreprise a également mis en place Pentalog Evolution Program, un département de formation continue de ses collaborateurs.
Ce département a scellé des partenariats avec les universités, notamment de Cluj-Napoca et de Sibiu, pour collaborer à la formation d’étudiants en services informatiques par le biais de la création de cursus optionnels enseignés par des experts de Pentalog.
Aujourd’hui, forte de plus de 60 clients grands groupes et PME, français et internationaux, avec une offre complète de services informatiques near shore (systèmes d’information, ingénierie logicielle, applications mobiles et plate-forme cloud), Pentalog enregistre une forte croissance. Avec un chiffre d’affaires de 24 millions d’euros pour un effectif de 800 personnes, elle est la deuxième société de services informatiques en Roumanie, derrière le russe Luxoft. « Et nous avons un plan de croissance de 15 % par an d’ici à trois ans », précise la dirigeante.

Les affaires se développent bien aussi pour Vauban, autre ESN qui a connu une hausse de 25 % de son chiffre d’affaires en 2013. « J’ai créé Vauban sur place en 2007, société roumaine qui vend de la technologie française autour de quatre activités, le consulting, les services informatiques, le support des solutions et les applications de solutions logicielles », expose son fondateur David Coyne. Dans les applications logicielles, Vauban a notamment noué deux partenariats, avec l’éditeur lyonnais Cegid dans la mise en place d’ERP, et avec Axway dans les EDI. « Avec Cegid, on apporte des solutions standards occidentales d’optimisation des process de supply chain pour l’industrie automobile notamment, et avec Axway des logiciels de flux financiers pour les grandes banques roumaines », précise David Coyne.
Vauban compte tripler son chiffre d’affaires d’ici à trois ans pour le porter à 10 millions d’euros. De son côté, le français Groupe HN, installé dans le pays depuis 2006 et spécialisé dans le développement de logiciels spécifiques sur des technologies de type Java ou Mainframe pour les grands comptes français (banques, assurances, industrie), prévoit aussi de développer les activités de son centre near shore en Roumanie.

Quant à l’éditeur de logiciels Solstys, qui a saisi l’opportunité de créer à Brasov, en 2007, sa filiale locale SSL Software, il a enregistré 10 % de croissance en 2013 sur son activité sur place de développement de logiciels d’applications métiers pour les sites Web à destination de grands clients en France, tels que BNP Paribas, le constructeur de maisons individuelles Trécobat ou la Communauté d’agglomération Lannion-Trégor. 

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Photos : Stefano Amantini / Corbis / Bitdefender

Cet article est extrait du n°6 d’Alliancy, le mag – Découvrez l’intégralité du magazine


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