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Chine – L’eldorado du numérique

Chine l’eldorado du numérique

Le quartier des affaires de Pudong à Shangai, Chine.
Photo : P. Frilet/Hemis/Corbis

BONUS DE L’ÉTÉ :

La meilleure façon de pénétrer le secteur du numérique dans un pays, qui a bâti son propre écosystème, est de se forger une identité « chinoise » par l’acquisition d’une entreprise ou un enracinement local. S’ouvrent alors des opportunités considérables de partenariats et de croissance.

 

Le secteur du Web, et du numérique en général, n’échappe pas à la démesure de la Chine. Connexions Internet, usages mobiles, e-commerce ou réseaux sociaux… le pays compte, en mars 2013, quelque 570 millions d’internautes (sur 1,3 milliard d’habitants). Chiffre qui pourrait atteindre les 800 millions d’ici à deux ans, selon certaines estimations.

L’émergence d’une classe moyenne et l’immensité du pays amène la population à acheter de plus en plus « en ligne ». Sachant qu’un nouvel internaute sur deux habite la campagne, ces derniers doivent beaucoup aux opérateurs téléphoniques d’État. En quelques années, les géants China Telecom, China Mobile et China Unicom ont investi massivement pour couvrir l’ensemble du territoire national.

Du coup, on estime à 242 millions le nombre d’e-acheteurs, dont 28,5 % achèteraient régulièrement via les réseaux sociaux (309 millions d’utilisateurs des Weibo, plates-formes de microblogging comme Sina Weibo et Tencent Weibo, deux équivalents chinois de Twitter), selon une récente étude du cabinet d’audit PricewaterhouseCoopers (PwC).

Chine l’eldorado du numérique

Parmi les principaux sites marchands chinois, Taobao, appartenant au groupe Alibaba, est le plus populaire. Et parce qu’ils ont assez d’argent pour s’offrir un smartphone low-cost, les trois quarts des utilisateurs d’Internet (soit 420 millions de personnes) se connectent et achètent de plus en plus via leur téléphone. Porté ainsi par le boom des usages mobiles, le chiffre d’affaires du m-commerce dans le pays a d’ailleurs enregistré une croissance de… 500 %, entre 2011 et 2012.
On l’aura compris, la Chine s’est créé son propre « écosystème ». Le gouvernement a mis les bouchées doubles pour soutenir l’industrie des TIC. D’abord, en favorisant la généralisation du réseau 3G, la porte d’entrée vers la société de consommation et de divertissement numériques. Ensuite, en appuyant l’émergence de grandes entreprises comme Youku (le YouTube local), l’e-commerçant Dangdang ou le moteur de recherche Baidu (l’équivalent de Google).

Alors, comment y entrer ? Dans ce contexte de marché national plutôt fermé et caractérisé par un niveau technologique en rattrapage, la principale et meilleure solution est de s’enraciner dans le pays pour se forger une véritable identité d’« entreprise chinoise ». C’est le cas de l’opérateur Orange.

 

Etablir de vraies coopérations
« Grâce aux implantations de longue date de nos bureaux de veille et de nos laboratoires de R&D Orange Labs, notamment à Shanghai et Shenzhen, nous avons noué de fortes relations avec les grands opérateurs nationaux de télécommunication », indique Xavier Perret, directeur des partenariats stratégiques chez Orange. L’opérateur français et China Mobile, qui ont signé un protocole d’accord en décembre dernier, vont ainsi coopérer sur l’adoption de standards NFC (Near Field Communication) interopérables basés sur la carte SIM.

Chine l’eldorado du numérique

L’adoption de standards internationalement reconnus, permettant d’intégrer des protocoles techniques sécurisés directement dans la carte SIM, amènera les deux opérateurs à participer au développement d’un marché dans lequel les utilisateurs pourront accéder à des services sans contact (validation des tickets de transport, paiement électronique…) quels que soient leur appareil ou leur opérateur. « A travers cette technologie, nous pouvons déjà toucher 300 millions de clients de China Mobile », estime Xavier Perret.

Le groupe européen Gemalto, l’un des leaders mondiaux de la sécurité numérique, profite également de son image d’entreprise locale pour se positionner sur la technologie sans contact. « Par notre implantation ancienne dans le pays, notre stratégie est d’être une entreprise chinoise. L’entité du groupe présente à Pékin est fortement reconnue avec un bureau commercial, un centre de R&D… et un logo spécifique », expose un porte-parole du groupe. Gemalto vient ainsi d’être retenu par l’opérateur China Unicom (220 millions de clients) pour sécuriser son porte-monnaie électronique sans contact. « Le porte-monnaie électronique d’Unicom Merchants’ Bank sera le premier service de paiement sans contact à être lancé en Chine », annonce l’industriel. Le système de paiement lié à la carte à puce du téléphone est développé conjointement par China Unicom et China Merchants Bank (CMB). Il est réservé aux clients de l’opérateur qui disposent d’une carte de paiement de cette banque.

De son côté, Viadeo, le réseau social professionnel français, a poursuivi en Chine sa stratégie d’expansion internationale en se positionnant comme un réseau multilocal. « Nous avons toujours pensé local dans les divers pays où nous nous sommes implantés. Car la proximité est l’élément clé pour un réseau social professionnel. C’est d’autant plus vrai en Chine », explique Olivier Fécherolle, directeur général stratégie & développement de Viadeo. Pour acquérir, fin 2007, Tianji, son homologue chinois, Viadeo avait dû activer son propre réseau d’investisseurs et s’appuyer sur quelques contacts et conseils donnés par Ubifrance sur place. « Il nous a surtout fallu passer par une phase de partenariat avant le rachat de Tianji, qui compte aujourd’hui 14 millions de membres », souligne Olivier Fécherolle.

 

Entre rachats et partenariats
Et c’est logiquement par le biais de Tianji que Viadeo vient de s’offrir la start-up chinoise Zaizher, spécialisée dans les applications mobiles pour les réseaux sociaux professionnels. « Nous avons racheté la compétence technologique d’une équipe d’une dizaine de personnes, qui connaît les spécificités des applications mobiles dans le pays », ajoute le dirigeant. L’objectif de Viadeo est désormais de consolider sa présence en Chine, face à une concurrence sérieuse. « Sur ce marché difficile, aux spécificités administratives, juridiques et culturelles déroutantes, réussir passe par l’achat d’une société chinoise avec un savoir-faire local », insiste Olivier Fécherolle.

Chine, l’eldorado du numériquePrésent en Chine depuis une vingtaine d’années, avec 2 000 salariés environ, un siège à Pékin et deux agences à Shanghai et Guangzhou, Atos capitalise sur ses activités de conseil, d’intégration de systèmes et d’infogérance, pour une clientèle bancaire et industrielle, afin de se développer sur place. C’est aussi son identité chinoise qui lui a permis de créer, en mars 2012, une société commune, Yunano, avec le « SAP » local Yonyou, leader national des progiciels de gestion, afin de déployer son offre d’ERP en mode SaaS (Software as a Service). « Yunano, dont nous détenons 70 % du capital, a pour objet de proposer des ERP dans le cloud, autrement dit en mode SaaS, autant pour le marché chinois que pour la zone Europe, Moyen-Orient et Afrique [EMEA]. Nous ciblons les PME et les entreprises moyennes pouvant appartenir à des grands groupes avec trois offres principales : l’ERP et le CRM dans le cloud, et le Zen CRM, un outil qui enrichit les informations sur les prospects », indique Marc Alinat, président de Yunano.

Comme Atos, on peut aussi coopérer avec des entreprises chinoises pour se développer en dehors des frontières du pays. Orange a signé, à cet égard, un partenariat stratégique exclusif avec le moteur de recherche chinois Baidu, afin de rendre l’Internet mobile accessible dans tous les marchés émergents. Le navigateur El Browzer d’Orange et de Baidu, développé en arabe et en anglais, a été lancé, début 2013, en Egypte pour les utilisateurs de l’opérateur national Mobinil, appartenant à Orange. Les deux partenaires travaillent désormais au lancement de la version française, destinée aux pays francophones d’Afrique et du Moyen-Orient. L’usage de l’Internet mobile en Afrique croît rapidement, accompagné par le déploiement des réseaux 3G par Orange et la commercialisation de smartphones à des prix de plus en plus abordables.

 

* Rapport China Cloud, Challenges and Opportunities in China’s Cloud Datacenter Deployment (BroadGroup – février 2013).

 

Cet article est extrait du n°3 d’Alliancy le mag – Découvrir l’intégralité du magazine

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