Sylvie Bretones (Vinci) « Le big data est un sujet difficile, même dans les grands groupes »

Depuis janvier 2016, la directrice financière maîtrise d’ouvrage chez Vinci Concessions, anime également les projets « big data » de Vinci. Dans ce groupe très décentralisé, à elle d’identifier les lanceurs d’idées et de donner l’impulsion pour mieux faire comprendre les enjeux.

BRETONES Sylvie - big data

Sylvie Bretones, directrice financière maîtrise d’ouvrage chez Vinci Concessions. © Vinci

Alliancy, le mag – Directrice financière chez Vinci Concessions, vous avez récemment été nommée « coordinatrice des projets big data » chez Vinci. Comment est-ce possible ?

Sylvie Bretones. L’an dernier, le séminaire des dirigeants de Vinci était consacré au numérique et à son impact dans nos métiers, autour de la maquette numérique, les exosquelettes pour les chantiers, l’impression 3D, la data… J’ai présenté des propositions sur cette dernière thématique et, par la suite, j’ai été nommée en charge du projet au sein du groupe. Le big data est un sujet difficile à appréhender, même dans les grands groupes. Il est donc naturel de le confier à la personne qui a des idées sur la question.

Quel mode opératoire avez-vous adopté ?

Sylvie Bretones. J’ai proposé de travailler en mode transversal sur l’ensemble des métiers de Vinci Concessions [autoroutes en France et à l’international, aéroports, ferroviaire et stades, Ndlr], à l’aide d’un canal interne existant appelé « Cooperate », afin de pouvoir bénéficier de sa logistique et de sa dynamique. Ce réseau, qui fonctionne par métiers, a été initié par mon patron afin que concessionnaires et constructeurs se comprennent mieux. Chaque « club » définit lui-même les sujets sur lesquels il souhaite travailler.

Et le vôtre ?

Sylvie Bretones. Dans le cadre du club nouvellement créé « Cooperate big data », j’ai sollicité deux à trois opérationnels et des informaticiens de chacun des métiers que je réunis tous les deux mois. Vinci étant un groupe très décentralisé, cela permet de réfléchir ensemble à ce sujet, suivant deux axes. Le premier concerne l’expérience client, en proposant de nouveaux services afin de développer la relation avec le client final ; le second, la maintenance, notamment prédictive. Par exemple, comment mieux utiliser les capteurs présents sur nos infrastructures pour anticiper les problèmes…

« Nous visons la mise en place de preuves
de concept par activité. » 

Quel est votre objectif global à ce poste ?

Sylvie Bretones. Mon rôle est de coordonner et de provoquer des fertilisations croisées. Je ne me substitue pas à la stratégie numérique existante dans chacun des métiers, plus ou moins avancée dans chaque domaine. Nous visons la mise en place de « preuves de concept » par activité, pour ensuite déployer ces cas d’usages dans nos différentes structures. Il faut comprendre que, mis à part les autoroutes en France, nous sommes, en général, coactionnaires des sociétés dans lesquelles nous investissons. La décentralisation est un terreau assez fertile, mais nécessite une coordination pour porter ses fruits.

Concrètement, comment cela se passe-t-il ?

Sylvie Bretones. Des séances de créativité sont organisées pour évaluer des idées et des porteurs de projet. Afin de capitaliser sur toutes les initiatives ayant déjà vu le jour et d’interagir, je fais intervenir des personnes en interne ou en externe pour faire part de leurs réalisations… Nous sollicitons aussi des start-up spécialisées dans le big data et la ville intelligente, la mobilité et les territoires, qui peuvent avoir identifié des cas d’utilisation dans nos métiers. Nous nous sommes rapprochés également d’incubateurs spécialisés et de pôles de compétitivité. Concrètement, nos réflexions portent sur le partage des données. Lesquelles partager ? Comment les partager ? Sachant que, dans certains cas, nous sommes dans le cadre de nos missions de service public… Afin de ne pas se mettre de freins complémentaires, les problématiques Cnil et sécurité informatique, auxquelles nous veillons scrupuleusement, ne sont volontairement pas abordées au début de nos réflexions. L’objectif est de faire tomber les barrières et non d’ajouter des obstacles.

Cet article est extrait du magazine Alliancy n°16 à commander sur le site.


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