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Hervé Mouren (Teratec) : « Il est stratégique pour les industriels de maîtriser ces technologies numériques»

La 12ème édition du Forum Teratec se déroulera les 27 et 28 juin 2017 sur le campus de l’Ecole Polytechnique. L’occasion de rencontrer des experts mondiaux et des industriels utilisateurs du HPC, de la simulation et du big data. Entretien avec Hervé Mouren, directeur de Teratec, à l’initiative de ce Forum.

forum-terateAlliancy. Le Forum Teratec se tient la semaine prochaine à l’Ecole Polytechnique. S’annonce-t-il bien ?

Hervé Mouren. Très bien, avec même une progression des inscrits. L’an dernier, nous avions eu 1 300 visiteurs. Nous devrions dépasser ce chiffre cette année.

Au-delà de cette grande manifestation annuelle, pourriez-vous expliquer ce qu’est plus largement Teratec ?

Hervé Mouren. Teratec est une initiative prise par de grands industriels utilisateurs de ces technologies numériques il y a douze ans. Par exemple, dans l’aéronautique, il s’agit de Dassault Aviation, EADS et Safran… Dans l’énergie, on peut citer le CEA, EDF, Total… Ils se sont associés à tous les fournisseurs technologiques de l’ensemble du domaine, aussi bien les composants, les systèmes, les supercalculateurs, les logiciels, les services… mais aussi aux établissements d’enseignement supérieur intéressés, universitaires ou grandes écoles.

Quels étaient leurs objectifs au départ ?

Hervé Mouren. Il y en avait deux. Ces industriels considéraient que c’était stratégique pour eux de maîtriser ces technologies numériques et de les diffuser chez eux et auprès de leurs fournisseurs. A l’époque, la grande technologie dominante, c’était le calcul intensif et les supercalculateurs. Depuis, le champ technique s’est élargi à la modélisation-simulation et au monde de la donnée et de son analyse, soit l’intelligence artificielle, le deep learning, le machine learning…

Vous parlez du champ technique élargi, mais le nombre d’industriels adhérents a-t-il évolué également ?

Hervé Mouren. Tout à fait. Aujourd’hui, Michelin, L’Oréal, CGG… nous ont rejoints. C’est-à-dire des groupes pour lesquels de telles technologies sont très importantes. Teratec, c’est donc le lieu où toute l’année, les industriels les plus avancés, font du collaboratif avec les fournisseurs de technologies les plus avancés également. Une fois par an, on fait un point sur tous ces sujets, et c’est cela le Forum Teratec… La première journée est consacrée aux conférences plénières où l’on fait parler ces utilisateurs et fournisseurs. Cette année, par exemple, s’exprimeront une dizaine de hauts dirigeants de Philips, Siemens, Fujitsu ou encore ESI-Group, Bayer ou un représentant de la Commission Européenne… La stratégie européenne sera détaillée par Khalil Rouhana, directeur général adjoint de DG Connect. Le deuxième jour est consacré aux ateliers techniques, par domaines comme la santé, les matériaux, l’agriculture, la blockchain, l’intelligence artificielle…

C’est un équilibre permanent entre utilisateurs et fournisseurs de nouvelles technologies ?

Hervé Mouren. C’est l’état de l’art en quelque sorte sur tous ces sujets. Pour nous, un bon forum permet à nos visiteurs de repartir avec une bonne vision de ce qui se passe et va se passer dans l’ensemble de ces technologies.

Teratec n’est pas seulement un « forum », mais également un « campus ». Pouvez-vous en expliquer la genèse ?

Hervé Mouren. Il y a quatre ou cinq ans, avec les adhérents industriels utilisateurs et fournisseurs, on a ressenti le besoin d’avoir des « labs », qui regroupent à la fois tous ces différents acteurs. Il fallait donner à cet écosystème une composante physique, d’où cette technopole, notre campus, qui abrite aujourd’hui 10 000 mètres carrés de bureaux et de laboratoires. 250 personnes y travaillent, elles seront au nombre de 500 à terme.

Comment est organisé ce Campus ?

Hervé Mouren. Outre un hôtel et une pépinière d’entreprises animés par la CCI de l’Essonne, on y trouve des Labs de fournisseurs* qui développent leurs produits dans le domaine des systèmes, des architectures, du stockage… ou des Labs de recherche industrielle qui sont orientés vers certains usages. Par exemple, on dispose avec le CesiMat d’un des plus beaux laboratoires en France dans le domaine de la simulation des matériaux, qui est dirigé par Michelin, Safran, L’Oréal, le CEA et Faurecia. On est là au meilleur niveau mondial avec 17 chercheurs post-docs du secteur privé qui travaillent ensemble.

Comment les PME ou ETI sont-elles intégrées au sein de Teratec ?

Hervé Mouren. Au départ, il est clair que les technologies numériques se sont développées chez les grands industriels et dans le monde académique. Il y a dix ans, c’était cela. Ce que nous avons constaté par la suite, c’est que toute une série de développements réalisés pouvaient maintenant s’appliquer au monde des ETI et PME. Notamment car certaines barrières à l’entrée ont sauté, on peut disposer de puissance dans le cloud, de logiciels en mode SaaS ou en Open Source…

Il se trouve que Teratec il y a quatre ans avait la responsabilité pour le ministère de l’Economie de proposer le Plan Supercalculateur et que l’on a indiqué dans ce plan que le moment était venu de monter des actions en faveur de la diffusion de l’usage de la simulation au sein des TPE, PME et ETI au niveau national… L’Etat a lancé une consultation que nous avons animée. Et Simseo est désormais l’un des programmes que nous avons lancé il y a moins d’un an. C’est ainsi que nous avons fait des actions fortes de sensibilisation auprès de ce public dans une vingtaine de villes en France ces derniers mois.

Travaillez-vous sur des secteurs d’activité particuliers ?

Hervé Mouren. J’allais y venir. Dans les mois à venir, nous avons décidé d’axer cette action sur les secteurs du BTP (acoustique, électricité…) et de la mécanique (répandue dans toutes les industries). Actuellement, on publie des catalogues d’offres de produits de simulation que nous recommandons. Quand les PME s’en emparent sous certaines conditions, il y a un financement de l’Etat qui peut aller jusqu’à 50 % de l’investissement du coût de l’opération [plafonné à 10 000 euros par entreprise, NDLR]. Et c’est un financement de l’Etat qui passe aussi par Teratec. C’est un des sujets qui sera évoqué évidemment au Forum car nous visons là les entreprises qui ne font pas encore de simulation.

Sur le plan financier, comment fonctionne Teratec ?

Hervé Mouren. Teratec vit d’argent privé uniquement, de nos cotisations [80 adhérents] et des revenus du Forum. Nous n’avons aucun financement public.

(*) Atos dispose d’un lab, où il fait de co-conception avec le CEA ; Intel a deux labs, dont un sur le Big Data ; Seagate a un lab…

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