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Olivier Vallet (Docapost) : « On sent vraiment une accélération sur les RH »

Positionnée sur le créneau de la transformation numérique des entreprises et, plus particulièrement, de la dématérialisation de leurs documents, la filiale de La Poste a lancé récemment une plateforme collaborative en mode SaaS dédiée à la digitalisation de la stratégie RH des organisations et vient d’annoncer le rachat de l’agence digitale Ametix. Entretien avec Olivier Vallet, PDG de Docapost, en poste depuis janvier.

Olivier Vallet, PDG de Docapost

Olivier Vallet, PDG de Docapost

Alliancy. Vous venez d’organiser l’événement #STARTINRH, une première sur la nécessité d’adopter une politique RH innovante à l’heure du digital. Comment les entreprises vivent-elles ces évolutions ?

Olivier Vallet. Cet événement correspondait à la fois à notre stratégie, mais aussi à l’attente de nos clients. On sent vraiment une accélération sur les ressources humaines. Plus largement, autour de la question de la transformation numérique dont tout le monde parle, la question aujourd’hui est de savoir quand et comment les entreprises y vont. Enfin, on bénéficie d’un cadre réglementaire très favorable, avec les lois El Khomri et Macron, qui facilitent le recours à la dématérialisation notamment des bulletins de salaire ; et de toutes les nouvelles normes sur la sécurité de type Eidas

 Qu’est-ce qui différencie particulièrement votre offre ?

Olivier Vallet. Parmi les critères différenciants, Docapost héberge, stocke et gère toutes les données de ses clients en France dans ses propres datacenters. Par ailleurs, en tant que filiale de La Poste, nos clients nous font aussi confiance sur la sécurité et la pérennité de notre offre. Et, pour revenir plus particulièrement aux RH, nous proposons un bouquet de services, principalement autour de la relation collaborateurs et de la relation sociale. Comme, par exemple, la dématérialisation des bulletins de salaires, couplée à notre offre Digiposte +, qui est le coffre-fort numérique que vous pouvez utiliser à la fois dans votre vie professionnelle et personnelle pour tous vos documents administratifs.

Alliancy. Dans le domaine de la transformation numérique, vous venez de racheter à 70 % l’agence digitale Ametix. Quelle est votre stratégie derrière cette opération ?

Olivier Vallet. Nous avons repris Ametix avec la possibilité de monter à 100 % du capital d’ici deux à trois ans. Cette acquisition nous apporte l’activité amont de conseil dont nous avions besoin et par ailleurs, nous permet d’acquérir les ressources indispensables à la mise en œuvre d’une stratégie digitale, notamment sur tout ce qui concerne la mobilité, le web design… On peut ainsi accompagner nos clients du conseil à l’exécution, en passant par le recrutement de compétences spécifiques si besoin.

Sous quelle forme la société intègre-t-elle Docapost ?

Olivier Vallet. Ils sont rattachés à Docapost, mais ils gardent leur marque et continuent leur propre développement. Pour rappel, Ametix double quasiment son chiffre d’affaires tous les ans [14 millions d’euros en 2016 ; 26 millions prévus cette année, NDLR].

Comment intervenez-vous dans la transformation numérique des métiers du groupe?

Olivier Vallet. Docapost a comme mission de continuer à avoir une croissance forte si possible à deux chiffres, et par ailleurs d’apporter ses savoir-faire aux différentes branches du groupe La Poste. Pour l’illustrer, je peux citer le dispositif qu’a récemment lancé la branche Services-Courrier-Colis, « Veiller sur mes parents ». Il permet, si vous le souhaitez, qu’un facteur visite régulièrement vos parents à leur domicile… La fréquence et les jours de visite sont décidés par les bénéficiaires et les proches, qui sont ensuite directement informés du déroulement de la rencontre grâce à l’application. La solution est orchestrée grâce au Hub numérique de La Poste, opéré par Docapost.

 Vous venez d’évoquer le Hub Numérique de La Poste, où en est-il ?

Olivier Vallet. C’est une plateforme qui permet à nos clients de lancer de nouveaux services de façon très simple et rapide, puisque le Hub sert d’interface entre les nouvelles offres et le système d’information propriétaire des clients notamment pour créer de nouveaux services s’appuyant sur l’internet des objets… D’une part, il est utilisé par les différentes branches du groupe La Poste et, par ailleurs, il est destiné à adresser le marché externe, notamment différents partenaires que nous avons pu identifier dans le domaine des objets connectés.

 Comment percevez-vous le marché de l’IoT aujourd’hui en France ?

Olivier Vallet. Il y a une vraie demande et l’on voit de plus en plus d’objets connectés apparaître en domotique, dans la santé, pour le maintien à domicile des personnes âgées… Beaucoup de start-up, avec qui nous sommes en contact, se lancent sur ces sujets. Mais il reste cependant encore beaucoup à faire sur le business model et sur cette capacité à passer d’une bonne idée à une démarche industrielle de telles solutions. Nous pensions que cela décollerait plus rapidement, mais les besoins sont là et il faut y travailler.

Concernant l’offre Côté Pro de La Poste que vous opérez également, votre partenariat avec Microsoft, qui visait à intégrer Office 365 au sein de cette plateforme, perdure-t-il ?

Olivier Vallet. Il perdure et démarre très bien. Mais, surtout, au-delà de ce partenariat, nous sommes en cours de développement de toute une offre enrichie de services à destination des « professionnels » et des TPE/PME, qui souhaitent également accélérer dans la dématérialisation, la gestion de l’activité de leur entreprise en ligne…

Si on fait le parallèle avec le secteur public avec lequel vous travaillez beaucoup, sentez-vous le même engouement sur tous ces sujets ?

Olivier Vallet. Là encore, il y a une vraie accélération. Surtout, beaucoup de collectivités locales cherchent à développer les relations avec leurs concitoyens et ont des besoins importants de transversalité entre leurs différents services et avec leurs partenaires pour mieux répondre aux nouvelles attentes des administrés. On travaille par exemple sur l’association entre services numériques et services physiques pour plus de fluidité… ou encore sur un portail citoyen, pour éviter les demandes administratives répétées d’un même document…

Comment avancez-vous sur de tels projets ?

Olivier Vallet. Nous faisons des POC [proof of concept, NDLR], comme c’est le cas par exemple avec l’Agglomération de Pau. Avec elle, nous élaborons tout un « parcours sans couture » avec le citoyen, autour de trois politiques publiques que sont l’enfance-famille ; la lecture publique et l’action sociale. Nous en sommes actuellement au démonstrateur du portail. Autre exemple avec le Pays de Marmande et les 120 communes qui le composent, l’idée est là de créer un « compte citoyen unique » pour toutes les démarches administratives sur ce territoire. Dans les trois à six mois qui viennent environ, ces initiatives seront opérationnelles. Ensuite, nous serons capables de standardiser une offre.

Et, sur leur propre politique RH, les collectivités avancent-elles comme vous le souhaitez ?

Olivier Vallet. Nous avons quelques dossiers en cours sur ce sujet. Et même s’il y a un léger décalage avec le monde de l’entreprise, on sent aussi que c’est une problématique qui monte dans ce secteur, notamment dans les grandes villes.

Pour conclure autour d’Ametix, Docapost reste-t-il ouvert à d’autres acquisitions ?

Olivier Vallet. Ametix est notre cinquième acquisition en dix-huit mois ? [Applicam, CDC Fast, Localéo…, NDLR], dont trois sont vraiment orientées « collectivités locales ». Cette dynamique va probablement continuer en restant cohérente d’abord avec nos offres de services dans la banque, l’assurance, la santé et les collectivités locales.

 

Docapost, le spécialiste de la transformation numérique et mobile des organisations

  • Filiale BtoB du Groupe La Poste
  • Architecte et opérateur autour de la gestion des flux d’informations (physiques et numériques)
  • 4 500 collaborateurs
  • 460 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2016 (dont 30 % dans le secteur public et 10 % avec La Poste)
  • Travaille pour 80 % des entreprises du CAC 40
  • Très présent dans la bancassurance, la santé et tout ce qui concerne la modernisation de l’action publique.

 

L’agence Ametix, reprise à 70 %

  • Création en 2011 par Stéphane Boukris, Patrick Bunan et Vincent Klingbeil.
  • Activités Conseil: trouve, sélectionne et envoie chez ses clients les personnes pour y opérer la transformation digitale ; et Evénements, tel le concours du meilleur développeur de France (10 000 participants en 2016), qui aura lieu le 19 septembre prochain cette année. 
  • 14 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2016 (26 millions prévus en 2017) avec un Ebitda de 2 millions.
  • Clients : plus de 200 entreprises dont Carrefour, AXA, Société Générale, France Télévisions, Molotov, Dalenys…

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