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Gestion des données : conséquences de la politique fédérale des Etats-Unis relative aux véhicules automatisés

Aux Etats-Unis, la politique fédérale relative aux véhicules automatisés récemment publiée par le département des transports (DOT) fournit des directives réglementaires applicables au développement de véhicules autonomes (à délégation de conduite). Les technologies autonomes ont rapidement progressé ces dernières années mais les lois n’ont pas évolué au même rythme.

Gabriel Chaher, Vice-Président Global Market Development- Quantum

Gabriel Chaher, Vice-Président Global Market Development- Quantum

La politique fédérale lève les incertitudes réglementaires et fournit une feuille de route précise pour le déploiement de véhicules autonomes sur la voie publique. Les développeurs de véhicules autonomes auront besoin d’un plan de gestion des données complet pour se conformer aux directives du DOT, ouvrir la voie à des améliorations et des mises à jour rapides des fonctions et assurer une protection juridique.

Génération de données

Le fonctionnement d’un véhicule entièrement autonome entraîne la création et le traitement d’un volume de données considérable. De multiples caméras et capteurs (RADAR, LiDAR, SONAR et GPS) sont déployés sur chaque voiture pour exécuter diverses sous-tâches à l’appui de la tâche de conduite. Si les humains n’ont pas d’yeux derrière la tête, les véhicules autonomes sont dotés d’une vision à 360 degrés. Les différents types de capteurs sont conçus pour des tâches et des conditions spécifiques comme la distance, l’éclairage, les conditions météorologiques, etc., et fournissent des données traitées par des algorithmes pour déterminer la réponse appropriée du véhicule : accélération, freinage, braquage. En règle générale, les voitures expérimentales peuvent générer 4 à 6 To de données par jour, et parfois le double suivant le nombre de dispositifs embarqués et leur résolution.

Évaluation des véhicules

La politique du DOT fournit des directives dans 15 domaines essentiels relatifs à la sûreté des véhicules et impose aux constructeurs de soumettre un dossier d’évaluation de la sûreté décrivant comment ils se conforment aux exigences propres à chaque domaine. Ces constructeurs doivent présenter de nouveaux dossiers d’évaluation de la sûreté à l’occasion de toute mise à jour majeure, notamment des mises à jour logicielles et matérielles. Il leur incombe de conserver les données et les documents à l’appui de chacun de ces dossiers.

Fonctions d’automatisation

Trois des domaines essentiels concernent la définition des fonctions d’automatisation des véhicules. Le premier, le domaine opérationnel de conception (Operational Design Domain, ODD) du véhicule, spécifie les conditions dans lesquelles le système automatisé est censé fonctionner : types de routes, vitesse, éclairage, conditions météorologiques et autres contraintes. Le deuxième correspond aux fonctions de détection d’objet/d’événement et réaction (OEDR) nécessaires à un fonctionnement sûr dans le cadre de l’ODD du véhicule, dans des conditions de conduite normales mais aussi en cas de danger ou d’événement inattendu. Enfin, la marche dégradée (risque minimal) définit le fonctionnement d’un véhicule confronté à une défaillance système ou à des situations externes à son ODD, notamment une notification humaine du besoin de prise de contrôle et la réaction du véhicule si le contrôle manuel n’intervient pas dans le délai imparti.

Test et validation

Le test et la validation des performances sont nécessaires pour vérifier que le véhicule peut fonctionner de manière sûre dans le cadre de ses paramètres de conception et rétablir les conditions de risque minimal, le cas échéant. Les tests combineront vraisemblablement simulations, essais sur circuit et essais sur route ouverte. N’importe quel conducteur comprendra que le nombre de variables nécessaires pour valider les trois fonctions d’automatisation listées ci-dessus n’est pas négligeable. Pour que le processus de validation soit efficient et efficace, il est primordial de disposer d’un bon plan de gestion des données. Comme cela a déjà été dit, les ensembles de données générés lors des tests d’un véhicule peuvent être très volumineux. Le véhicule doit stocker les données relatives à des cycles de test permanents et aux conditions environnementales du véhicule, qui excèdent celles d’un datacenter type. S’assurer que l’équipe d’ingénierie a facilement accès aux données est vital au processus de développement. Un accès rapide aux nouvelles données de test et à des données plus anciennes en vue de vérifications a posteriori est tout aussi important. Les constructeurs auront besoin d’un plan pour satisfaire aux exigences de capacité et de performances des processus de test actif et de développement, tout en donnant accès à un dépôt de données de grande capacité pour le plus long terme.

Enregistrement et partage des données

Conformément à la politique, les constructeurs devraient conserver les données des tests et des événements opérationnels et pouvoir les récupérer aisément, de même que le DOT, en vue d’une reconstitution d’accident. Le DOT préconise de collecter des données dans l’éventualité d’un accident entraînant des dommages corporels ou des décès, de dommages matériels nécessitant un remorquage et de quasi-collisions auxquelles le véhicule a répondu favorablement. Dans de telles situations, les véhicules devraient conserver suffisamment de données pour permettre la reconstitution de l’événement et des performances du système, et préciser notamment si le système ou un humain contrôlait la voiture. La politique précise que les constructeurs devraient être dotés de la capacité technique et juridique de partager les données pertinentes. Elle encourage également le secteur à collaborer avec des organismes de normalisation pour définir une approche uniforme de l’enregistrement et du partage des données.

Synthèse

La mise au point et l’exploitation de véhicules autonomes sont des processus gourmands en données nécessitant un plan de gestion des données complet. Il est impératif que les constructeurs suivent des processus bien définis et puissent accéder aux données permettant d’améliorer les systèmes à mesure que le nombre de véhicules déployés augmente et que la survenue d’événements inévitables met en cause les performances des systèmes automatisés. Les problèmes juridiques susceptibles de se poser font porter une responsabilité accrue aux constructeurs, puisque c’est aux systèmes automatisés qu’il incombe de piloter les véhicules, pas aux humains. Un plan de gestion des données bien conçu permettra aux constructeurs d’améliorer la technologie et de réagir promptement, notamment à de nouveaux événements, ce qui à terme améliorera les performances et la sûreté des véhicules.


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