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Le plan gouvernemental Cloud : des mesures consensuelles et encore peu concrètes

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Franck Lenormand, manager chez Solucom, practice Architecture du système d’information

Lancé en septembre 2013 sous la direction d’Octave Klaba, directeur d’OVH et de Thierry Breton, PDG d’Atos, le plan gouvernemental consacré au Cloud a livré sa feuille de route en juin 2014. Celle-ci liste les actions à lancer en faveur de l’offre et de la demande Cloud, principalement à destination des PME, administrations et éditeurs.

Le Plan Cloud dévoilé

Côté demande, le plan Cloud propose:

  • la création d’un label « Secure Cloud » pour les acteurs hébergeant leurs données sur le sol européen. La labellisation par l’ANSSI pourrait rassurer, la sécurité des données étant l’un des principaux freins à l’adoption du Cloud public par les entreprises.
  • la mise en place de procédures de marché public assurant une neutralité vis-à-vis des offres Cloud par rapport aux solutions internalisées.
  • la création de « places de marchés numériques » proposant applications et services à destination des organismes publics et des collectivités locales.

Côté offre, le plan Cloud propose :

  • d’augmenter l’attractivité de la France pour l’installation de Datacenters en simplifiant les démarches de leurs créations sur le territoire français.
  • de renforcer les formations aux métiers du Cloud.
  • de mettre en place une régulation européenne encadrant le traitement et la protection des données. Cette régulation est prévue pour 2015 et risque de se heurter à la disparité de vue de nos partenaires européens sur cette question.

Au-delà de l’annonce de ces orientations, peu de détails ont jusqu’ici été apportés sur des mesures qui peuvent apparaitre comme peu concrètes.

De bonnes intentions mais peu de mesures concrètes

Ce ne sont donc pas moins de neuf mesures qui sont prévues pour 2014. Les échéances de mise en œuvre sont donc très ambitieuses… et peu réalistes. Une priorisation de ces mesures donnerait une vision plus réaliste du planning de mise en œuvre.

L’initiative est positive mais tardive, à l’heure où la plupart des entreprises et administrations sont déjà engagées dans le Cloud. La volonté du gouvernement de s’engager sur le terrain du Cloud est de nature à rassurer aussi bien les offreurs que les clients du Cloud mais le manque de concret risque de ne pas changer la donne à court terme.

Pour l’instant, le plan Cloud apparaît surtout comme très consensuel en voulant n’oublier personne (administrations, PME, éditeurs…), alors que la capacité d’investissement pourra difficilement suivre. Cet aspect est d’ailleurs absent de la feuille de route dévoilée. Il serait bon de clarifier les moyens financiers et humains qui vont être consacrés à la mise en œuvre et la gestion de chacune des mesures.

Quelles mesures pour les entreprises ?

Le cloud est un secteur porteur mais nous sommes en retard sur l’innovation. Les mesures annoncées dans le plan Cloud ne sont pas de nature à favoriser l’émergence de nouveaux acteurs français du Cloud. Les initiatives en matière d’accompagnement aux startups innovantes doivent être amplifiées. Ce sont les sources d’emploi de demain pour les informaticiens qui créaient et opéraient les services chez les entreprises clientes.

Les grandes entreprises et les acteurs du Cloud souverain semblent les grands oubliés du plan Cloud. Il est étonnant qu’aucune mesure n’entre en synergie avec les investissements consentis par l’état dans le cadre du projet Andromède pour la création de Cloudwatt et Numergy. Encore jeunes, les offres proposées par les acteurs du Cloud souverain auraient bien besoin d’un soutien important de la part de l’Etat afin de leur permettre de s’installer durablement dans un paysage Cloud de plus en plus concurrentiel et trusté par les américains.

Le gouvernement pourrait également aller plus loin pour aider les entreprises en clarifiant les contraintes légales sur la gestion des données par secteur d’activité. Les besoins de ces dernières en termes de compétences évoluent en effet très rapidement. Et il serait regrettable de ne pas les intégrer directement dans les réflexions sur les cursus de formation…

La feuille de route porte donc les germes de mesures prometteuses que l’on espère voir se concrétiser et s’enrichir dans les prochains mois.


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