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Ethique & Numérique : des entreprises plus responsables ?
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Plaidoyer pour un numérique au service de l’environnement !

La révolution numérique bouleverse nos entreprises et transforme radicalement nos modèles. Cette évidence, inconcevable il y a 20 ans, est irréversible : sans numérique, le monde ne fonctionne plus. Pour ceux qui, comme moi, ont fait de cette transformation leur combat, c’est une victoire.

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Véronique Torner, co-fondatrice et co-présidente d’Alter Way et administratrice du Syntec Numérique.

Véronique Torner, Administratrice de Syntec Numérique
Pilote du programme « Numérique Responsable »

Ces transformations à grande vitesse alimentent pourtant les fantasmes d’une alinéation de l’Homme par les nouvelles technologies. Cette défiance, bien que stérile et menaçant même les nouveaux horizons offerts par la technologie, doit nous alerter. Car pèsent aujourd’hui sur les acteurs de la transition numérique des responsabilités qui vont de pair avec le rôle qu’ils jouent désormais, notamment sur l’environnement. Alors que la COP25 s’est achevée sans avancée majeure, il est indispensable de quitter la sempiternelle case diagnostic pour passer à l’action, et vite.

Le numérique est tout d’abord un formidable outil au service de la transition écologique. Il est le levier indispensable d’une économie décarbonée. Les acteurs du numérique proposent chaque jour des solutions innovantes pour aider les industries et les territoires dans leur trajectoire-environnement. Les résultats sont là. Syntec Numérique a conduit une étude avec le groupe Caisse des Dépôts et les pôles de compétitivité Advancity et Systematic Paris-Région qui mesure concrètement les retombées socio-environnementales du numérique dans 5 projets de « ville intelligente ».

Au-delà de la technologie, le numérique a permis de faire émerger de nouveaux modèles économiques, davantage fondés sur l’usage que sur la possession, sur le service que le produit. Ces fondements sont ceux d’une économie circulaire au service de l’environnement et d’une croissance plus durable.

Mais le numérique doit aussi balayer devant sa porte en réduisant son empreinte environnementale. S’il est difficile de mesurer cet impact sur l’environnement, celui-ci est incontestable.

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The Shift Project chiffre à 4% sa part dans les émissions de gaz à effet de serre et anticipe un potentiel doublement de cette part d’ici 2025. Le numérique joue aussi un rôle dans l’épuisement des ressources naturelles et la pollution de l’air et du sol du fait de l’extraction des matières premières et de leur transformation en composants électroniques.

La multiplication des objets numériques, leur cycle de vie et l’usage que nous en faisons génèrent donc un impact négatif croissant sur l’environnement. Pour contrer cette tendance, nous en appelons autant à la responsabilité des utilisateurs qu’à celle des industriels du hardware et du software. Il faudra donc jouer sur ces deux leviers.

Accompagner les utilisateurs signifiera sensibiliser et « acculturer » les citoyens quant aux conséquences sur l’environnement de leurs comportements numériques. La tâche ne sera pas aisée. Selon un sondage de l’Observatoire du Numérique BVA/Digital Society Forum en 2019, seuls 27 % des Français se considèrent bien informés concernant l’impact du secteur sur l’environnement. Cet effort d’information et de pédagogie est indispensable pour que les utilisateurs du numérique puissent faire évoluer correctement leurs usages.

Accompagner les industriels impliquera de les fédérer. Dès la COP21, les industriels du numérique se sont mis en marche pour mesurer et réduire leur impact. Néanmoins, ces initiatives, bien que nombreuses, demeurent encore trop individuelles et n’embarquent pas toutes les entreprises, notamment le tissu des PME et TPE.

C’est pourquoi, nous avons décidé de mobiliser nos 2000 entreprises adhérentes pour partager leurs bonnes pratiques, réduire leur empreinte environnementale et travailler à la construction d’un indicateur référent pour le secteur.

Cette démarche traduit un engagement politique fort du secteur pour un numérique plus inclusif, plus éthique et plus éco-responsable.

Comme nous le rappelle le célèbre essayiste environnementaliste Pierre Rabhi, « nous devons ensemble faire notre part » pour faire converger les transitions numérique, sociétale et environnementale.

Nous nous devons d’être les premiers concernés. C’est cette exemplarité qui nous permettra d’accompagner de manière crédible les autres secteurs de l’économie vers un modèle plus durable.


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Commentaire

  1. Merci pour cette tribune intéressante et de rappeler la face cachée du numérique et ses impacts environnementaux. Travailler dans la conception responsable tout au long de la chaîne de fabrication est clé pour mettre sous contrôle la consommation énergie ressources d’un service numérique et sa performance/scalabilité. Il doit être piloté par le donneur d’ordre mais il doit être mesuré par le faiseur qui prend ainsi entièrement son devoir de conseil et alerter sur toute déviation. On construit alors un travail de médiation sur les actions à mener basées sur des mesures plutôt qu’un travail d’accusation réciproque sur des moyens d’architectures techniques ou de codage (indicateurs de moyens). Merci Alliancy Mag de mettre cette thématique en avant et bravo au Syntec de positionner cette thématique auprès de ses membres. Changeons le monde du numérique !