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[50 ans Inria] 7 – Golaem simule les foules

série INRIA Du chercheur à l’entrepreneur

Passer de la recherche à un projet de création d’entreprise n’est pas le parcours habituel du chercheur français. Pourtant, ceux qui se sont lancés dans l’aventure, ont souvent réussi au-delà de leurs espérances. Retour avec Inria sur des réussites et profils atypiques, choisies parmi leurs spin-off, qui font rayonner l’excellence scientifique à la française dans le monde entier.

 « Inria a pour mission d’avoir un impact économique et sociétal s’appuyant sur ses succès scientifiques. C’est une de nos missions centrales, qui se décline à l’échelle de l’institut, de ses centres et de chaque équipe-projet », rappelle Antoine Petit, PDG d’Inria, d’où sortent environ une dizaine de start-up chaque année. En un peu plus de trente ans, l’institut compte environ 150 start-up essaimées, sachant que le souhait de la direction est d’arriver à moyen terme à la création annuelle d’environ une vingtaine de spin-off.

Sur ce panel, plus de 70 % des entreprises sont toujours en activité ou ont été rachetées, une majorité ayant réussi à évoluer vers un marché mondial. Cette série que nous publions en partenariat avec Inria, retracera les aventures remarquables de plusieurs chercheurs devenus entrepreneurs, tous au cœur de l’actualité de leur secteur.

Chaque semaine, d’ici au grand événement prévu cet automne qu’organisera l’Institut pour fêter ses 50 ans, nous vous invitons à découvrir une start-up, l’équipe à l’origine et le service ou produit innovant qu’elle développe. 

Golaem simule les foules

Que ce soit dans la série télévisée Game of Thrones, la pub Orangina ou le dernier dessin animé Guitar Hero Live, la foule en mouvement, c’est elle : Golaem. Cette société rennaise, spin-off d’Inria, est devenue leader sur le marché de l’animation de foules grâce à un logiciel à la fois simple d’utilisation et évolutif.

Goalem simule les foules, Game Of Thrones,

La spécialité de Golaem : les scènes de bataille ou de foule en mouvement (ici Game of Thrones). © DR

Depuis plusieurs années, la série Game Of Thrones, diffusée par la chaîne américaine HBO, est un succès qui ne se dément pas. Le premier épisode (Dragonstone) de la saison 7, sorti à la mi-juillet, a encore pulvérisé son record d'audience avec plus de 16 millions de téléspectateurs aux Etats-Unis, toutes plateformes confondues. Soit près de 5 millions de passionnés de plus que pour le 1er épisode de la saison précédente !

Le plus surprenant dans cette histoire, c’est qu’au milieu des dragons et Marcheurs Blancs, il y a un Breton ! Ou plutôt une société bretonne, Golaem, éditrice d'un logiciel de simulation de foule en 3D.

 Cofondée à Rennes en 2009 par Stéphane Donikian (chercheur en informatique et PDG) et Alexandre Pillon, tous deux issus des laboratoires d’Inria et d’Irisa, la société fournit sa solution aux experts en effets spéciaux du monde entier dans le cinéma et le cinéma d’animation, la TV, la publicité et le jeu vidéo, et notamment à différents studios qui ont travaillé sur la série Game of Thrones. Leurs outils sont par exemple capables de reproduire des mouvements réalistes de foule à l’échelle des individus, en interaction avec leur environnement, s’adaptant et anticipant leurs déplacements selon la densité de la foule, la signalétique, les obstacles, les événements...

« Nous avons sorti des laboratoires quatre technologies, nées d’une quinzaine d'années de recherche autour de l’humain virtuel, explique Alexandre Pillon, responsable marketing de la société. Au départ, nous avons même travaillé pour des groupes industriels comme la SNCF… pour qui on optimisait la fréquence de circulation des trains en fluidifiant la descente des passagers via un simulateur de foule… Quand, lors d’un salon Siggraph, le studio parisien Mikros Image nous a montré que notre outil pouvait aussi intéresser le cinéma ! ». Leur premier cas grandeur nature concernera la réalisation d'un documentaire sur Alesia, et une première version du logiciel, signé Golaem, sortira en mai 2011.

Le plus de leur solution : des interfaces simples tournées vers les besoins des utilisateurs. « Ils peuvent modifier les résultats de la simulation en sélectionnant facilement les personnages et en les déplaçant, un simple copier-coller en quelque sorte, explique Alexandre Pillon. Aucune programmation n’est nécessaire pour y parvenir ! »

Au-delà de fournir des outils, Golaem assure également un service à la demande, allant jusqu’à envoyer dans les studios du monde entier ses ingénieurs si besoin pour former à leur logiciel ou mettre tout le monde à niveau. « Début 2017, nous sommes partis au Canada pour former les collaborateurs d’un des studios qui travaillait sur Game of Thrones par exemple. »

Les images peu à peu produites servent évidemment à leur promotion. Ainsi, la start-up a déjà travaillé avec plusieurs studios pour des séries comme Versailles 2, The Walking Dead, Falling Skies… ; des films comme Independence Day Resurgence, Pirate des caraïbes 4, Hacksaw Ridge ou Chocolat… ; mais aussi pour des publicités (Canal Plus Kitchen, Orangina…) ; des animations (One Piece Gold, La Chouette, Grizzy & Lemmings…) et des jeux vidéos (Guitar Hero Live, Halo Wars 2…).

Plus récemment, Golaem a sorti la version 6 de son logiciel, à la fois plus adapté à des réalisations basiques pour les petits studios, mais aussi à des images plus avancées destinées à des utilisateurs expérimentés grâce à un kit d’intelligence artificielle (algorithmes programmables), dans de gros studios. Une nouveauté que Golaem présente cette semaine au Siggraph de Los Angeles, le rendez-vous incontournable dans son domaine !

 

Fiche Golaem

Stéphane Donikian, PDG de Golaem © Golaem

Stéphane Donikian, PDG de Golaem © Rennes Atalante

  • Editeur d’un logiciel de création de foules virtuelles (effets spéciaux) pour le cinéma, la publicité et le jeu vidéo
  • Créée en janvier 2009, Golaem est le fruit de plusieurs années de recherches de Stéphane Donikian à l’Inria et de plusieurs ingénieurs de l’Irisa, sur la modélisation du comportement humain. 
  • Effectif : ­6 personnes
  • Fonds levés depuis sa création : 1,6 million d’euros en 2009, 2012 et 2014 (notamment auprès d’IT-Translation)
  • Chiffre d'affaires prévisionnel 2017 : 400 000 euros (80 % hors de France)

Consultez le dossier dédié : "Inria : du chercheur à l'entrepreneur"

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