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[50 ans Inria] 9 – Anatoscope aide à la conception de prothèses 3D

série INRIA Du chercheur à l’entrepreneur

Passer de la recherche à un projet de création d’entreprise n’est pas le parcours habituel du chercheur français. Pourtant, ceux qui se sont lancés dans l’aventure, ont souvent réussi au-delà de leurs espérances. Retour avec Inria sur des réussites et profils atypiques, choisies parmi leurs spin-off, qui font rayonner l’excellence scientifique à la française dans le monde entier.

 « Inria a pour mission d’avoir un impact économique et sociétal s’appuyant sur ses succès scientifiques. C’est une de nos missions centrales, qui se décline à l’échelle de l’institut, de ses centres et de chaque équipe-projet », rappelle Antoine Petit, PDG d’Inria, d’où sortent environ une dizaine de start-up chaque année. En un peu plus de trente ans, l’institut compte environ 150 start-up essaimées, sachant que le souhait de la direction est d’arriver à moyen terme à la création annuelle d’environ une vingtaine de spin-off.

Sur ce panel, plus de 70 % des entreprises sont toujours en activité ou ont été rachetées, une majorité ayant réussi à évoluer vers un marché mondial. Cette série que nous publions en partenariat avec Inria, retracera les aventures remarquables de plusieurs chercheurs devenus entrepreneurs, tous au cœur de l’actualité de leur secteur.

Chaque semaine, d’ici au grand événement prévu cet automne qu’organisera l’Institut pour fêter ses 50 ans, nous vous invitons à découvrir une start-up, l’équipe à l’origine et le service ou produit innovant qu’elle développe. 

Anatoscope aide à la conception de prothèses 3D

La start-up spécialisée dans la conception d’appareillages orthopédiques et dentaires en 3D va lancer un service web pour les prothésistes dentaires.   

Visuel : Anatoscope

C’est grâce aux données de l’imagerie médicale du patient que François Faure élabore des prothèses 3D personnalisées. Au sein de sa start-up Anatoscope, créée en 2015, cet ancien professeur en informatique met au point un logiciel visant à aider le corps médical à concevoir des prothèses sur-mesure. « Cela passe par l’élaboration de maquette 3D du patient grâce à de l’imagerie médicale ou par de la simulation de traitements », explique François Faure.

L’imagerie a toujours été un domaine sur lequel le chercheur a travaillé, lors ses études en informatique ou de son post-doctorat en réalité virtuelle. D’abord pour les jeux vidéo avec la création d’effets spéciaux, puis pour le monde médical. « C’est en faisant un logiciel de simulation avec l’Inria que je me suis rapproché de la santé », se souvient-il. L’enseignant-chercheur s’est lancé en 2007 avec le soutien de l’Institut dans la création de la librairie Sofa, une plateforme open-source de simulation médicale.

Transformer l’idée en produit

C’est à ce moment que François Faure rencontre trois autres chercheurs, Frederick Vanmeer, docteur en robotique, Olivier Palombi, neurochirurgien et professeur d'anatomie et Benjamin Gilles, chercheur au CNRS. Ensemble, ils fondent Anatoscope. « J’ai toujours été attiré par la recherche appliquée et je tenais à résoudre des problèmes concrets. La meilleure manière de le faire était de passer de chercheur à entrepreneur. » Les quatre associés établissent leur société à Grenoble et à Montpellier, « deux villes à la pointe en informatique et en santé, en effervescence dans le domaine des MedTech ».

La difficulté pour l’équipe a été de transformer l’idée en produit commercial. « Ce n’est pas facile de passer de la recherche à l’entrepreneuriat, ce n’est pas les mêmes priorités, le même cœur de métier. On voyait l’utilité de nos travaux mais pas comment aboutir à un service. » Anatoscope s’est alors spécialisée dans les prothèses orthopédiques et dentaires, un domaine propice pour la médecine personnalisée. « Ceux qui font de l’impression 3D dans le secteur médical se concentrent sur la reproduction du patient. Nous, nous nous sommes axés sur l’appareillage médical. La modélisation permet de tester des traitements avant de les appliquer sur le patient, ce qui n’est pas effectué aujourd’hui en médecine. »

La médecine par CAO

La start-up a été sélectionnée en 2016 par le NETVA pour se rendre à Boston et Washington et se familiariser avec le marché nord-américain. Elle a également été lauréate des concours ILAB 2015 (Émergence) et 2016 (Création-Développement), du prix de l’innovation 2016 de la Société Française de Radiologie et du prix Futurapolis-Le Point 2016.

Anatoscope travaille désormais à la mise au point d’un service web proposant la création d’appareillages dentaires personnalisés grâce à de la conception assistée par ordinateur (CAO). Ce site, développé en partenariat avec la société Biotech Dental, permettra aux prothésistes de régler les paramètres liés à leurs patients avant de recevoir directement les prothèses imprimées. Des projets orthopédiques sont également en cours, la start-up recrute des développeurs pour les mener à bien.

Fiche Anatoscope

françois faure

François Faure, CEO, Anatoscope

  • Anatoscope développe un logiciel de conception 3D de prothèses orthopédiques et dentaires.
  • Création le 30 août 2015 par François Faure, professeur en informatique, Frederick Vanmeer, docteur en robotique, Olivier Palombi, neurochirurgien et professeur d'anatomie et Benjamin Gilles, chercheur au CNRS.
  • 13 salariés
  • CA : 230 k€ en 2016, prévisions 2017: 750 k€
  • Pas de levée de fonds effectuée ni prévue à court terme
  • Anatoscope recrute six personnes pour la rentrée 2017-2018 à Montpellier ou Grenoble.
  • En 2016, Anatoscope a été lauréate des concours ILAB 2015 (Émergence) et 2016 (Création-Développement), du prix de l’innovation 2016 de la Société Française de Radiologie et du prix Futurapolis-Le Point 2016.

Consultez le dossier dédié : "Inria : du chercheur à l'entrepreneur"

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