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[50 ans Inria] 10 – Lixoft veut optimiser les taux de réussite des essais cliniques

série INRIA Du chercheur à l’entrepreneur

Passer de la recherche à un projet de création d’entreprise n’est pas le parcours habituel du chercheur français. Pourtant, ceux qui se sont lancés dans l’aventure, ont souvent réussi au-delà de leurs espérances. Retour avec Inria sur des réussites et profils atypiques, choisies parmi leurs spin-off, qui font rayonner l’excellence scientifique à la française dans le monde entier.

 « Inria a pour mission d’avoir un impact économique et sociétal s’appuyant sur ses succès scientifiques. C’est une de nos missions centrales, qui se décline à l’échelle de l’institut, de ses centres et de chaque équipe-projet », rappelle Antoine Petit, PDG d’Inria, d’où sortent environ une dizaine de start-up chaque année. En un peu plus de trente ans, l’institut compte environ 150 start-up essaimées, sachant que le souhait de la direction est d’arriver à moyen terme à la création annuelle d’environ une vingtaine de spin-off.

Sur ce panel, plus de 70 % des entreprises sont toujours en activité ou ont été rachetées, une majorité ayant réussi à évoluer vers un marché mondial. Cette série que nous publions en partenariat avec Inria, retracera les aventures remarquables de plusieurs chercheurs devenus entrepreneurs, tous au cœur de l’actualité de leur secteur.

Chaque semaine, d’ici au grand événement prévu cet automne qu’organisera l’Institut pour fêter ses 50 ans, nous vous invitons à découvrir une start-up, l’équipe à l’origine et le service ou produit innovant qu’elle développe. 

Lixoft veut optimiser les taux de réussite des essais cliniques

Lixoft, la start-up spécialisée dans la simulation médicale travaille en collaboration avec l’Inria pour développer une médecine personnalisée en milieu hospitalier.

Lixoft modélise les effets des mollécules qui serviront aux médicaments.

Lixoft modélise les effets des molécules qui serviront aux médicaments. 

En simulant l’action des médicaments en test pour déterminer leurs effets sur des sous-populations de patients, la start-up Lixoft entend optimiser le taux de succès des essais cliniques. « Beaucoup de tests échouent en phase finale. Il faudrait à ce stade que les taux de succès soient de 80 ou 90% ; or actuellement, on n’en est qu’à la moitié », explique Jérôme Kalifa, le fondateur de la société de produits logiciels s’adressant aux industries pharmaceutiques et bioéthiques.

Pour comprendre les variations entre des patients, Lixoft travaille sur les statistiques. « La statistique est le seul moyen de comprendre un phénomène incertain, assure Jérôme Kalifa. Or, la santé est le domaine où les incertitudes et la variabilité sont les plus grandes. N’importe qui peut faire une observation, il faut ensuite l’affirmer par la puissance des mathématiques. Sans elles, cela ne reste que des échanges de slogans. C’est la raison pour laquelle, par exemple, le débat sur les OGM suscite des réactions passionnées. »

Des soins personnalisés en cancérologie

Les travaux de Lixoft encouragent par ailleurs le développement de la médecine personnalisée. « Elle est encore limitée, en dehors de la cancérologie, avoue Jérôme Kalifa. Pour s’en rapprocher, les traitements doivent d’abord s’adapter à une sous-population en particulier. Le prochain chantier sera le diabète. » Pour le mathématicien, un suivi médical individualisé passe par les outils numériques. « Il faut une meilleure cohésion entre les informaticiens et médecins, qui n’adhèrent pas encore assez aux approches numériques. Pour l’instant, il y a une barrière culturelle entre eux. »

Si les recherches thérapeutiques occupent l’ensemble des activités de Lixoft, Jérôme Kalifa ne se destinait pourtant pas au domaine de la santé à ses débuts : « Pendant mes études, je voulais travailler sur des sujets de mathématiques appliquées, quelle qu’en soit l’application. J’ai ainsi commencé des travaux en imagerie satellite. C’est quand j’ai quitté le monde académique – en 1999 après un post-doctorat à l’Université Columbia – que je me suis dirigé vers la médecine. »

Un laboratoire commun avec l’Inria

C’est en effet en cherchant à créer sa start-up, après une première expérience dans le domaine avec Let it Wave, (fournisseur de technologies de compression numérique, ndlr) que Jérôme Kalifa rencontre le chercheur Marc Lavielle, qui développait à l’Inria Monolix, une technologie de modélisation et de simulation de phénomènes biologiques pour l’industrie pharmaceutique. J’ai eu l’impression que le développement de Monolix en entreprise lui permettrait de réaliser tout son potentiel. »

Depuis la création de Lixoft, en 2011, les deux équipes travaillent en partenariat au sein d’un laboratoire commun. A présent, Lixoft projette de déployer sa solution dans le milieu hospitalier pour améliorer les thérapies.

Fiche Lixoft

Jérôme Kalifa - Lixoft (

Jérôme Kalifa, fondateur de Lixoft

  • Lixoft développe un logiciel de modélisation et de simulation des effets des médicaments en phase d’essais cliniques, vendu sous la forme de licence annuelle.
  • Création par Jérôme Kalifa en 2011.
  • 12 salariés.
  • CA prévisionnel 2017: 1,2 millions d’euros.
  • Pas de levée de fonds effectuée ni prévue à court terme.
  • En 2011, dès sa création, Lixoft a remporté le prix Oséo pour la création d’entreprise de technologies innovantes, dans la catégorie « création / développement ».

 

Consultez le dossier dédié : "Inria : du chercheur à l'entrepreneur"

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