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[50 ans Inria] 12 – Open Agora favorise l’intelligence collective

série INRIA Du chercheur à l’entrepreneur

Passer de la recherche à un projet de création d’entreprise n’est pas le parcours habituel du chercheur français. Pourtant, ceux qui se sont lancés dans l’aventure, ont souvent réussi au-delà de leurs espérances. Retour avec Inria sur des réussites et profils atypiques, choisies parmi leurs spin-off, qui font rayonner l’excellence scientifique à la française dans le monde entier.

 « Inria a pour mission d’avoir un impact économique et sociétal s’appuyant sur ses succès scientifiques. C’est une de nos missions centrales, qui se décline à l’échelle de l’institut, de ses centres et de chaque équipe-projet », rappelle Antoine Petit, PDG d’Inria, d’où sortent environ une dizaine de start-up chaque année. En un peu plus de trente ans, l’institut compte environ 150 start-up essaimées, sachant que le souhait de la direction est d’arriver à moyen terme à la création annuelle d’environ une vingtaine de spin-off.

Sur ce panel, plus de 70 % des entreprises sont toujours en activité ou ont été rachetées, une majorité ayant réussi à évoluer vers un marché mondial. Cette série que nous publions en partenariat avec Inria, retracera les aventures remarquables de plusieurs chercheurs devenus entrepreneurs, tous au cœur de l’actualité de leur secteur.

Chaque semaine, d’ici au grand événement prévu cet automne qu’organisera l’Institut pour fêter ses 50 ans, nous vous invitons à découvrir une start-up, l’équipe à l’origine et le service ou produit innovant qu’elle développe. 

Open Agora favorise l’intelligence collective

Open Agora favorise l’intelligence collective

Start-up lancée à Rennes dans le prolongement de recherches menées à Inria et à l'université Paris Est Marne-la-Vallée, Open Agora fournit des outils pour permettre aux entreprises et aux collectivités d'organiser des consultations arbitrées par des votes.

Les cofondateurs d’Open Agora, Olivier Bache, Christophe Morvan (au centre) et Benoit Masson. ©Open Agora

Les cofondateurs d’Open Agora, Olivier Bache, Christophe Morvan (au centre) et Benoit Masson. ©Open Agora

Difficile de conduire un projet collectif ! Pour Open Agora, il est nécessaire de coordonner de nombreux acteurs, de faire converger plusieurs points de vue, voire des objectifs contradictoires… Aujourd’hui, le consensus est obtenu au travers d’un ensemble de réunions physiques, de discussions par visioconférences, d’échanges de mails et de documents partagés. Open Agora se propose d’apporter aux groupes de toute taille un outil efficace de prise de décision, soit un système centré projet, qui permet la discussion asynchrone, un vote nuancé, et qui produit une synthèse pour éviter la remise en cause ultérieure des décisions prises.

La solution de consultation d’Open Agora a été développée en priorité pour l’application Slack, un outil de communication d’équipe utilisé par 5 millions d’utilisateurs actifs dans le monde chaque jour. Elle a déjà convaincu 60 000 utilisateurs, dont 40 % aux Etats-Unis (et seulement 6 % en France !). Ses clients ? Les grandes banques mutualistes comme le Crédit Agricole ou Arkéa Crédit Mutuel ; ou les petites structures telles des Scop.

La société vient également de lancer une API de vote (élaborée pour les sites web, les intranets ou les applications mobiles), qui permet de toucher d’autres marchés avant de proposer, à plus long terme, une solution complète pour la prise de décision collective.

Les collectivités locales intéressées

Ces logiciels pour organiser de vastes consultations intéressent également les collectivités locales qui souhaitent mettre de la démocratie dans leur fonctionnement. Un des exemples est celui de la Fabrique Citoyenne de Rennes. En 2016, plus de 11 000 Rennais ont voté un budget participatif, pour distribuer une enveloppe globale de 3,5 millions d'euros à une quarantaine de projets qu'ils ont choisis parmi plus de 200 propositions. Piste cyclable, arrêt-minute devant une station de métro, nichoir à hirondelles dans le jardin public...

Pour développer ces solutions, Open Agora s’appuie sur différentes technologies. En premier lieu, une solution de vote nuancé qui repose sur la méthode de Condorcet* et des méthodes plus récentes, comme la méthode de Schulze**. La seconde technologie développée à Inria Rennes, en collaboration avec l’équipe-projet Sumo, est un modèle pour décrire et analyser des « espaces de travail actifs » : les grammaires attribuées gardées. Ces grammaires, fruits de plusieurs années de recherche, ont également fait l’objet d’une implémentation. Elles servent de support pour structurer et organiser les échanges dans le cadre de la plateforme collaborative et permettent une distribution élégante des données entre les participants.

Au départ, si l’application dans Slack constituait un outil d'expérimentation, le but est aussi de valider l'intérêt pour un système Condorcet dans un contexte d'entreprise. Aujourd'hui, Open Agora vient d'être sollicitée par Microsoft pour rendre disponible son application sur la plateforme Teams. Ce qui lui offre des perspectives de développement intéressantes tout en conduisant la start-up à se centrer sur son activité de vote, de consultation et d'analyse (en laissant de côté l'argumentation ou la structuration des échanges).

«Le marché d’Open Agora est constitué des équipes qui réduisent les échanges de mails en interne et réduisent les réunions.»

Au-delà de Slack ou de Microsoft Teams, le développement des plateformes de discussions pour les entreprises est une formidable opportunité pour Open Agora. Google finalise Hangout Chat, la solution de communication d'équipe pour les clients de Gsuite. Cisco Spark ou encore HipChat occupent une place croissante en entreprise. « En s’appuyant sur notre API publique, nous avons la possibilité de proposer notre solution pour ces plateformes, tout en offrant à nos clients une porte vers l'extérieur, conclut Christophe Morvan, son président. Aussi, pour accélérer notre développement, nous recherchons à présent des investisseurs, l'objectif étant d'augmenter la taille de l'équipe d'ici début 2018. »

* La méthode Condorcet (aussi appelée scrutin de Condorcet ou vote Condorcet) est un système de vote dans lequel l’unique vainqueur, s’il existe, est le candidat qui, comparé tour à tour à tous les autres candidats, s’avérerait à chaque fois être le candidat préféré.

** La méthode de Schulze est un système de vote développé en 1997 par Markus Schulze, qui choisit un gagnant simple dans un vote avec classement des candidats. La méthode peut également être employée pour créer une liste ordonnée de gagnants.

Fiche Open Agora

  • Propose des outils autour des systèmes de votes pour favoriser la transformation de la discussion en action, à destination des entreprises, collectivités locales…
  • La start-up a été cofondée à Rennes (Ille-et-Vilaine), en janvier 2017, par Christophe Morvan (président), enseignant-chercheur en informatique ; Benoît Masson (directeur technique), précédemment post-doc Inria et Olivier Bache (directeur produit), qui a travaillé plus de 15 ans en SSII.
  • Effectif: 4 salariés (septembre 2017). La société compte également 3 jeunes étudiants de Masters rennais. En termes de recrutement, Open Agora se renforcera d’un profil marketing/commerce cet automne. Par la suite, elle sera amenée à recruter d’autres talents en marketing, informatique et technologies web.
  • Chiffre d’affaires 2017 (prévisionnel) : 21 000 euros
  • Capital: 45 000 euros

Consultez le dossier dédié : "Inria : du chercheur à l'entrepreneur"

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