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[50 ans Inria] 16 – Les robots de Pollen Robotics dans les mains de tous

série INRIA Du chercheur à l’entrepreneur

Passer de la recherche à un projet de création d’entreprise n’est pas le parcours habituel du chercheur français. Pourtant, ceux qui se sont lancés dans l’aventure, ont souvent réussi au-delà de leurs espérances. Retour avec Inria sur des réussites et profils atypiques, choisies parmi leurs spin-off, qui font rayonner l’excellence scientifique à la française dans le monde entier.

 « Inria a pour mission d’avoir un impact économique et sociétal s’appuyant sur ses succès scientifiques. C’est une de nos missions centrales, qui se décline à l’échelle de l’institut, de ses centres et de chaque équipe-projet », rappelle Antoine Petit, PDG d’Inria, d’où sortent environ une dizaine de start-up chaque année. En un peu plus de trente ans, l’institut compte environ 150 start-up essaimées, sachant que le souhait de la direction est d’arriver à moyen terme à la création annuelle d’environ une vingtaine de spin-off.

Sur ce panel, plus de 70 % des entreprises sont toujours en activité ou ont été rachetées, une majorité ayant réussi à évoluer vers un marché mondial. Cette série que nous publions en partenariat avec Inria, retracera les aventures remarquables de plusieurs chercheurs devenus entrepreneurs, tous au cœur de l’actualité de leur secteur.

Chaque semaine, d’ici au grand événement prévu cet automne qu’organisera l’Institut pour fêter ses 50 ans, nous vous invitons à découvrir une start-up, l’équipe à l’origine et le service ou produit innovant qu’elle développe. 

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Les robots de Pollen Robotics dans les mains de tous

La start-up Pollen Robotics fait le pari de démocratiser l’usage des robots en développant des outils accessibles pour la réalisation de tâches simples.

Pollen Robotics met les robots dans les mains du grand public

L'équipe de Pollen Robotics

Le Palais de la Découverte se dote d’un « Electric dog » pour ses expositions et animations. L’une des toute premières constructions robotiques prend un coup de jeune grâce à Pollen Robotics, la start-up cofondée par Matthieu Lapeyre. Le roboticien travaille sur le sujet depuis ses études à l’Ecole Normale Supérieure de Cachan. « J’ai suivi une formation en mécanique de structure. J’étais aussi intéressé par la robotique alors j’ai pris des cours en parallèle », raconte-t-il. C’est à cette occasion que Matthieu Lapeyre rencontre Pierre Yves Oudeyer, chercheur à l’institut Inria de Bordeaux.

L’étudiant intègre alors en 2010 l’équipe Inria Flowers, spécialisée sur la robotique cognitive et le rapport entre l’homme et la machine. Il s’oriente vers la robotique personnelle et sociale avec l’intention de démocratiser l’usage de robots assistants auprès du  grand public. Matthieu Lapeyre crée Poppy, une plateforme robotique open source avec trois autres chercheurs. « Ce n’était pas prévu, mais il manquait une plateforme de partage entre les différents laboratoires », explique-t-il.

Maîtriser le robot comme un ordinateur

La création de la start-up Pollen Robotics a été la suite logique pour les jeunes chercheurs. « Nous voulions mettre nos projets sur le marché et avoir un impact sur la société », confie Matthieu Lapeyre. Leur objectif est également de sensibiliser les utilisateurs à la programmation : « Savoir coder est aussi important que savoir écrire dans le monde moderne, il est nécessaire d’apprendre à décrypter ce à quoi nous sommes confrontés. Par exemple, l’intelligence artificielle fait peur mais il ne s’agit que de l’exécution d’un enchaînement d’instructions. » La collaboration avec Inria ne s’est pas arrêtée là : deux ingénieurs Inria travaillent avec Pollen Robotics ; et le transfert de propriété intellectuelle est en cours.

La start-up vise ainsi à transformer la robotique – une technologie complexe qui mêle de l’électronique, de la mécanique et de l’informatique – en un outil simple que le grand public pourrait maîtriser, au même titre que l’ordinateur. « Le problème actuel est celui de l’usage, il y a un désalignement entre l’espérance qu’on en attend et la capacité scientifique  », souligne Matthieu Lapeyre. La start-up, en proposant un outil accessible financièrement par ses travaux sur l’architecture du système, entend créer une utilisation adaptée aux capacités techniques.

La robotique pour des tâches simples

La jeune pousse prévoit des collaborations sur des projets éducatifs et médicaux, dans l’assistance aux personnes âgées par exemple, notamment en apportant sa technologie de réseau, Robus, destinée à faire communiquer différents composants. « L’industrie porte actuellement le développement de la robotique, mais d’ici peu, ce sont les robots de services qui vont croître, estime le cofondateur de Pollen Robotics, positionné sur ce marché. Ce qui m’intéresse dans la robotique, c’est que tout est à faire, il s’agit d’un immense terrain d’exploration. »

Pour l’entrepreneur, le développement de la robotique tient à la création d’outils facilitateurs pour le quotidien. « Le marché des robots ne va pas s’accroître avec des humanoïdes mais avec un ensemble de robots qui pourront effectuer des tâches simples et collaborer entre eux. Nous ne sommes par ailleurs pas capable de créer un humanoïde avec des capacités identiques aux nôtres. Le muscle humain est extrêmement puissant par rapport à sa taille, nous ne pouvons pas reproduire un moteur identique et la locomotion reste une problématique majeure. » La prochaine étape pour la start-up est le financement de son robot éducatif et la mise sur le marché de son premier système d’exploitation.

Fiche Pollen Robotics

  • Création : 2016
  • La start-up fait le pari de démocratiser l’usage des robots en développant des outils accessibles pour la réalisation de tâches simples.
  • Fondateurs : Matthieu Lapeyre, Nicolas Rabault, Jonathan Grizou et Pierre Rouanet. Les quatre cofondateurs travaillent avec Simon Baudry et Cyril Sagonéro, membres de l’Inria.
  • Pollen Robotics prévoit de lever entre 300 000 et 600 000 euros courant du premier semestre 2018.

Consultez le dossier dédié : "Inria : du chercheur à l'entrepreneur"

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