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[50 ans Inria] 18 – Les drones, un secteur en devenir pour Alérion

série INRIA Du chercheur à l’entrepreneur

Passer de la recherche à un projet de création d’entreprise n’est pas le parcours habituel du chercheur français. Pourtant, ceux qui se sont lancés dans l’aventure, ont souvent réussi au-delà de leurs espérances. Retour avec Inria sur des réussites et profils atypiques, choisies parmi leurs spin-off, qui font rayonner l’excellence scientifique à la française dans le monde entier.

 « Inria a pour mission d’avoir un impact économique et sociétal s’appuyant sur ses succès scientifiques. C’est une de nos missions centrales, qui se décline à l’échelle de l’institut, de ses centres et de chaque équipe-projet », rappelle Antoine Petit, PDG d’Inria, d’où sortent environ une dizaine de start-up chaque année. En un peu plus de trente ans, l’institut compte environ 150 start-up essaimées, sachant que le souhait de la direction est d’arriver à moyen terme à la création annuelle d’environ une vingtaine de spin-off.

Sur ce panel, plus de 70 % des entreprises sont toujours en activité ou ont été rachetées, une majorité ayant réussi à évoluer vers un marché mondial. Cette série que nous publions en partenariat avec Inria, retracera les aventures remarquables de plusieurs chercheurs devenus entrepreneurs, tous au cœur de l’actualité de leur secteur.

Chaque semaine, d’ici au grand événement prévu cet automne qu’organisera l’Institut pour fêter ses 50 ans, nous vous invitons à découvrir une start-up, l’équipe à l’origine et le service ou produit innovant qu’elle développe. 

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Les drones, un secteur en devenir pour Alérion

Rendre les drones intelligents pour qu’ils s’adaptent aux besoins des industriels et se déploient de manière plus sécurisées, c’est ce que s’attache à faire depuis deux ans la start-up Alérion.

L’hydradrone est le premier produit élaboré par Anne-Sophie Didelot et son équipe.

L’hydradrone est le premier produit élaboré par Anne-Sophie Didelot et son équipe.

Jusqu’à présent, Enedis surveillait ses lignes à haute tension par hélicoptère. Ce sont désormais des drones qui effectueront les rondes pour détecter les défauts ou les arbres à élaguer, une solution moins coûteuse. Cette évolution résulte du travail d’Alérion. La start-up créée en juin 2015 conçoit des briques technologiques pour rendre les drones plus performants.

Alérion, du nom de l’aigle sans bec ni griffe du blason lorrain, se développe dans tous les secteurs : de la surveillance, où ses drones vérifient les clôtures de l’aéroport de Lyon, à la sécurité, à travers l’élaboration d’un système d’arrêt d’urgence pour l’appareil avec parachute et alerte sonore.

La présidente de la start-up, Anne-Sophie Didelot, est également attachée aux projets collaboratifs. « Je travaille notamment sur le projet Multidrone, consacré à la création d’une plateforme au niveau européen pour la couverture médiatique d’événements sportifs, décrit-elle. La RAI est intéressée par le projet pour suivre le Giro d’Italie. » L’enjeu est de faire collaborer plusieurs drones pour qu’ils ne se télescopent pas et puissent se détacher de l’essaim pour multiplier les points de vue. Alérion s’oriente aussi vers le marché de l’environnement : « J’ouvre mon capital aux investisseurs dans l’objectif de développer un produit innovant dans ce domaine début 2018. »

Experte en la matière, Anne-Sophie Didelot ne se destinait pourtant pas à cette voie. « J’ai effectué une thèse en physique chimie des matériaux et j’ai créé une première star-up, ProViSys Engineering, sur les caractéristiques des matériaux. » Alors qu’elle gérait un laboratoire d’essai mécanique, elle rencontre Laurent Ciarletta, enseignant à l’Inria de Nancy en quête d’une personne capable de commercialiser le fruit de ses recherches.

L’essor du drone freiné par la réglementation

Anne-Sophie Didelot relève le pari. « Le défi entrepreneurial m’intéressait et j’ai été attirée par ce secteur qui en est à ses débuts et où tout est à construire », se réjouit-elle. Fin 2014, les deux scientifiques fondent ce qui six mois plus tard deviendra Alérion. Le premier produit conçu est l’hydradrone, utilisable sur terre, dans l’eau et dans les airs. La start-up continue de travailler étroitement avec l’Inria de Nancy : « Nous sommes hébergés dans leur espace de transfert de technologies et nous bénéficions de l’émulation des étudiants, c’est un réel avantage à mes yeux. »

Alérion suscite un vif intérêt des entreprises, requérant souvent une solution complète. « Elles perçoivent les avantages des drones mais elles nous demandent un accompagnement car elles ne savent pas ce qu’il leur est possible de faire. La ornementation est en effet un frein au développement du drone », confie Anne-Sophie Didelot. La France a été l’un des premiers pays à légiférer son utilisation.

Le second enjeu pour le secteur concerne les questions de sûreté. « Il faut encore améliorer la sécurité des logiciels pour éviter les bugs, on s’oriente vers une qualité aéronautique », assure la présidente d’Alérion, soutenant que le drone n’est pas encore utilisé au maximum de son potentiel.

Fiche Alérion

  • Création : en juin 2015 dans l’Espace Transfert de l’Inria à Villers-Les-Nancy
  • Activité : Alérion développe des briques technologiques pour rendre les drones intelligents et adaptés aux besoins d’un industriel.
  • CA 2017 prévisionnel : 100 000 euros
  • Effectifs : 6 personnes (4 associés co-fondateurs : Anne-Sophie Didelot, Laurent Ciarletta, Pascal Vaxivière et Yannick Presse ; et 2 ingénieurs R&D : Grégoire Guerout et Loïc Wassermann)

Consultez le dossier dédié : "Inria : du chercheur à l'entrepreneur"

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