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Voyage guidé en Silicon Valley pour les jeunes pousses françaises

La société Silicon Valley.fr, lancée il y a près d’un an et demi, propose aux startups et PME françaises de partir à la découverte de la célèbre Silicon Valley (Californie ). Alliancy s’est entretenu avec son co-fondateur, Dominique Piotet, installé à San Francisco depuis 9 ans.

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L’équipe de Silicon Valley.fr ; de gauche à droite , Mickaël Esnault (co-fondateur), Charlotte Petit-Noble, (dirigeante), Dominique Piotet (co-fondateur)

Qu’est-ce qui vous a poussé à lancer Silicon Valley.fr ?

Dominique Piotet : La Silicon Valley est un formidable lieu d’innovation continue dont il est intéressant de s’imprégner lorsqu’on est entrepreneurs. Avec mon associé, Mickael Esnault, nous avons constaté que si  les grands groupes ont suffisamment de moyens pour y avoir accès, il n’en est pas de même pour les petites entreprises et start-up qui en ont pourtant tout autant besoin. Seules,elles se heurtent à des obstacles de tailles : le prix d’un tel voyage et surtout, sur place, à la difficulté d’accès aux divers réseaux et écosystèmes clés. Nous avons donc trouvé nécessaire de démocratiser les voyages d’études, déjà répandus au sein des grosses structures, en proposant une formule accessible, adaptable à chacun. Peut-être que nous sommes naïfs mais, avec cette initiative, nous voulons simplement changer la France des entrepreneurs,  leur redonner envie, courage, etc.

Justement, qu’attendent vos clients de cette expérience et comment le séjour se déroule-t-il ?

D.P : Nous avons organisé le premier voyage en juin et le second débute cette semaine ; même si notre entreprise est toute jeune et que nous n’avons pas encore communiqué, les places ont été très vite réservées parce qu’il y a une forte appétence pour ce genre de projets. Les entrepreneurs sont majoritairement issus du monde numérique et viennent là d’abord pour sentir l’air du temps, s’inspirer, apprendre ou parfois trouver des partenaires. Nous n’avons pas eu beaucoup de profils qui souhaitent s’installer, à, court terme, sur place.

Il est important de préciser que nous ne faisons pas de tourisme technologique, il n’est pas question d’être une agence de voyage.  Pour 4450 euros (hôtel, nourriture, transports sur place, activités), nous proposons à des groupes de 11 personnes maximum de découvrir, pendant une petite semaine, l’écosystème de la Silicon Valley. C’est-à-dire des start-ups, évidemment, mais aussi des universités comme Stanford ou Berkeley, des incubateurs, accélérateurs, avocats, investisseurs, etc. Comme je vis là-bas depuis 9 ans, j’ai un bon réseau de contacts qui me permet de concevoir des programmes adaptés aux besoins des participants. L’idée est d’essayer de nouer des relations avec des entreprises disruptives qui sont en train d’inventer l’avenir, dans le secteur qui les intéresse. C’est important de faire rêver les gens mais tout autant de faire tomber les illusions ; la réalité quotidienne de la Silicon Valley se suffit à elle-même.  

Au fond, qu’est-ce qui différencie vraiment les start-ups du numérique françaises de celles de la Silicon Valley ?

D.P : En termes de cycle d’innovation, la Silicon Valley est, dans le domaine du numérique, en avance sur le reste du monde d’à peu près 18 mois. Cette situation est en partie liée au fait que les financements sont présents ; c’est là-bas que 27% du capital risque mondial a été investi en 2012 ! Il y règne une énergie folle et tout va très vite. En face, le problème de la France n’est pas dû à un retard technologique, loin de là, mais plutôt à des barrières psychologiques qui sont liées à la peur de l’échec. S’il est vrai que les investisseurs sont bien moins présents en France, les jeunes entreprises bénéficient tout de même d’un certain nombre d’aides comme le Credit Impot Recherche.

On commence parfois notre voyage en expliquant aux participants qu’ils se plaignent souvent de la fiscalité en France alors que celle des entreprises américaines est la même ; il y a autant d’impôts si ce n’est plus…  Les start-ups de l’hexagone ont des atouts, comme leurs ingénieurs et développeurs, mais je pense qu’elles devraient s’inspirer de l’énergie, du positivisme, des start-ups de la Silicon Valley. Cela commence à être le cas avec de belles réussites comme BlablaCar, l’introduction en bourse de Criteo ou des lieux comme Numa qui fédèrent une énergie créatrice et positive 


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