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Biotech : Eligo Bioscience inaugure son laboratoire à l’Institut Pasteur

Après une levée de fonds de 2 millions d’euros en juillet, Eligo Bioscience a inauguré son laboratoire au sein de l’Institut Pasteur en présence de la ministre de la Santé, Marisol Touraine.

Xavier Duportet, cofondateur d'Eligo Bioscience, aux côtés de Marisol Touraine, ministre de la santé. © Charlie Perreau

Xavier Duportet, cofondateur d’Eligo Bioscience, aux côtés de Marisol Touraine, ministre de la Santé. © Charlie Perreau

Selon une étude de l’Institut de veille sanitaire, 13 000 personnes meurent suite à une infection due à des bactéries résistantes aux antibiotiques. Eligo Bioscience s’est donné pour mission d’endiguer ce phénomène. Pour ce faire, cette start-up de la biotechnologie vient d’inaugurer son laboratoire à l’Institut Pasteur en présence de Marisol Touraine, ministre de la Santé. Fondée en mai 2014 par quatre chercheurs de l’Institut Pasteur, du MIT, de l’Inria et le Rockefeller University, elle développe des antibiotiques intelligents qui permettent de manipuler et contrôler certaines bactéries. Grâce à des « nano-robots », plusieurs espèces de bactéries peuvent être éradiquées de façon sélective tout en laissant d’autres intactes. « Nous avons créé des « snipers de bactéries » contrairement aux antibiotiques traditionnels qui sont plutôt des « armes de destructions massive » », a résumé David Bikard, cofondateur de la jeune pousse. Ils seront six à travailler dans ce laboratoire qui a coûté 300 000 euros d’investissement.

Cette incubation n’est pas une première pour l’Institut Pasteur. Depuis 2000, 24 sociétés de Biotech y ont été créées. « Bien sûr, il y a des raisons financières à cela. Mais cet institut a conscience que les partenariats avec l’industrie et les start-up de biotechnologie permettent de réaliser des projets et de transférer la connaissance au patient d’une façon plus efficace. Ce sont des projets impossibles à réaliser en l’absence de ces partenariats », a précisé Christian Bréchot, directeur général de l’institut. La fondation privée veut accélérer ces partenariats avec des fonds comme Kurma Partners et est actuellement en négociation avec d’autres acteurs européens et américains pour développer des start-up.

« Vous êtes en quelque sorte les Marianne de l’anti-french bashing »

« C’est pour nous une chance inouïe de pouvoir évoluer au sein d’un environnement comme l’Institut Pasteur. C’est pour ça que nous avons décidé de revenir en France », a déclaré Xavier Duportet, CEO d’Eligo Bioscience. Avec ce nouveau laboratoire et une récente levée de fonds de 400 000 euros auprès de business angels, la jeune pousse va pouvoir se développer et étoffer son équipe. La jeune société de 6 salariés prévoit de recruter trois chercheurs et un CTO. L’appel à candidatures a connu un franc succès : une centaine de chercheurs du monde entier, d’Harvard à Stanford, ont postulé. Xavier Duportet a également profité de la présence de Marisol Touraine pour lancer un appel aux pouvoirs publics nationaux et européens. « Il faut faire évoluer les politiques publiques et la réglementation qui freine l’innovation dans les entreprises de biotechnologie », a soutenu le jeune homme élu en 2014 « Innovateur de l’année » par la MIT Technology Review.

De son côté, Marisol Touraine a félicité le choix d’Eligo de s’installer en France. « Vous êtes en quelque sorte les Marianne de l’anti-french bashing car il faut rappeler qu’on n’a pas besoin de partir à l’étranger pour réaliser des rêves d’innovation », a-t-elle déclaré avant de faire part de son enthousiasme face aux projets de la Biotech. La ministre a notamment rappelé que 30 000 personnes travaillent dans le secteur de la santé numérique en France et que l’hexagone est le premier producteur européen de biotechnologies. Pour répondre aux attentes de Xavier Duporter, Marisol Touraine a fait part des mesures – trop méconnues selon elle – mises en place depuis son arrivée au ministère en 2012. « J’ai fait évoluer la réglementation des démarches administratives. En 2012, il fallait 130 jours pour démarrer un essai clinique, aujourd’hui, le délai est de 45 jours », s’est-elle félicitée. Elle a aussi mis en place « le forfait innovation » qui permet de financer des actes médicaux innovants avant qu’ils n’aient reçu l’autorisation de mise sur le marché.

100 millions d’euros pour la Biotech

Les start-up de la Biotech seront au cœur des nouvelles initiatives impulsées par Marisol Touraine pour l’année 2016. La ministre a officiellement lancé son Tour de France de l’innovation en santé pour aller à la rencontre des start-up et des entreprises innovantes. Dans le projet de loi de l’innovation du système de santé en cours de discussion au Parlement, un volet permettra aux start-up d’utiliser les données de l’assurance maladie « évidemment dans des conditions de strict respect de l’anonymat des patients ». Le projet de loi de financement pour la sécurité sociale de 2016, présenté en conseil des ministres mercredi 7 octobre, consacrera près de 6 milliards d’euros au financement des différentes étapes de l’innovation. Une délégation à l’innovation sera également mise en place début 2016 au sein du ministère de la santé.

Enfin, Marisol Touraine souhaite aider les jeunes pousses de la Biotech à surmonter le fameux cap de « la vallée de la mort » – des tours de table compris entre 500 000 et 2 millions d’euros. Elle lancera prochainement un fonds d’investissement de 100 millions d’euros avec le commissaire général à l’investissement, Louis Schweitzer. Les détails de ce fonds seront dévoilés dans les semaines à venir.


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