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Comment passer de la start-up à la scale-up ?

Blablacar, Withings, Sigfox…Dans l’écosystème start-up, ces noms font figure d’exemples. Avec des levées de fonds astronomiques, des effectifs approchant les 200 salariés et des implantations partout dans le monde, peut-on toujours les considérer comme des start-up ? Seraient-elles devenues des « scale-up » ? Témoignages.

Plusieurs patrons de start-up ont débattu autour de la notion de "scale-up" dans les nouveaux locaux parisiens de La Fourchette. © La Fourchette

Plusieurs patrons de start-up ont débattu autour de la notion de « scale-up » dans les nouveaux locaux parisiens de La Fourchette. © La Fourchette

Le fondateur du n°1 du covoiturage en Europe, Frédéric Mazella, le dit lui-même : « Blablacar est une scale-up. » Ce nouveau terme, qui signifie « agrandir » en anglais, est considéré comme la prochaine étape d’une start-up. Pour y voir plus clair, la plateforme de réservation de restaurant La Fourchette a organisé un débat en présence des fondateurs de ces pépites françaises.

C’est quoi une scale-up ?

A quel moment start-up se transforme-t-elle en « scale-up » ? Difficile de trouver une réponse qui fasse l’unanimité mais certains indicateurs peuvent être pris en compte. Le fondateur d’iAdvize, Julien Hervouët, a choisi une image pour définir ce nouveau statut. « La start-up représente l’enfance, la liberté, la créativité et l’insouciance. La scale-up représente, quant à elle, la post-adolescence car on pense comme un enfant mais on agit comme un adulte », raconte le CEO de ce spécialiste de l’engagement client. « Quand on est une start-up, on crée les fondations et on a l’ambition de pouvoir déployer notre modèle. Quand on devient une scale-up on a les mêmes ambitions mais on structure le tout », estime Bertrand Jelensperger, dirigeant de La Fourchette. Pour le fondateur de Drivy, Paulin Dementhon, la création de fonctions support (RH, office management, communication interne) est un indicateur-clé du développement d’une jeune pousse. « Je ne sais pas si c’est ce qui caractérise le passage entre start-up et scale-up mais ça change complètement du début. Aujourd’hui, par exemple, nous avons vraiment besoin d’un DRH », illustre le patron du n°1 de la location entre particuliers.

Lever des fonds

La levée de fonds est un facteur d’accélération pour toute start-up et la voie à suivre pour devenir une « scale-up ». « Il faut lever des fonds pour se développer, gagner du temps et aller très vite. L’arrivée de fonds est un changement assez incroyable car tout d’un coup, il y a un tiers qui arrive, explique Renaud Guillerm, cofondateur de Videdressing, ça peut même être problématique quand c’est la première levée de fonds et qu’on lève beaucoup. On fait des erreurs qui coûtent beaucoup plus cher ». Pour tous ces jeunes entrepreneurs, il est impératif de se poser les bonnes questions : pourquoi lever des fonds ? Auprès de qui ? Combien ? « Pour être connu sur les marchés grand public, il faut forcément beaucoup de moyens, c’est-à-dire des dizaines de millions d’euros », assure Paulin Dementhon. Et il ne faut pas craindre de laisser une part de sa société à des investisseurs extérieurs. « Pour gagner, il ne faut pas avoir peur de perdre. La levée de fonds c’est avant tout un aspect psychologique. L’important c’est le rapport qu’on a au capital-risque et la capacité de se mettre en condition avec une telle opération », souligne Florian Douetteau, fondateur de Dataïku, éditeur d’une solution logicielle pour data scientists.

Recruter les meilleurs profils

Les start-up attirent de plus en plus les jeunes diplômés. Grâce à leur notoriété et leur solidité financière, les scale-up ont les moyens de dénicher les meilleurs talents. Mais la recherche n’est pas forcément facile. « Il faut trouver des talents qui n’ont pas envie de créer d’entreprise ou d’en créer plus tard. Il faut aussi trouver des moyens de se faire connaître et créer une ambiance », conseille le patron de l’opérateur dédié à l’Internet des Objets Sigfox, Ludovic Le Moan. Les rapports de force changent car les candidats, de plus en plus spécialisés, sont peu nombreux sur le marché. « On voit un niveau d’exigence qui augmente. On va chercher des gens de plus en plus expérimentés sur lesquels on va capitaliser très rapidement. Du coup, on ajoute de la complexité et de la qualité sur le profil qu’on cherche », explique Julien Hervouët. Ces recrutements ciblés ne doivent pas concerner qu’aux jeunes français. Certes, il est important d’avoir des bureaux à l’étranger avec des salariés nationaux, mais il est aussi important d’ouvrir ses horizons, comme le fait Drivy. « Le profil des start-up françaises est plus mono-national qu’à Londres ou Berlin. A Paris, notre challenge est d’avoir une équipe beaucoup plus multi-nationale », témoigne Paulin Dementhon.

Saisir de nouvelles opportunités

Une fois qu’une start-up détient un portefeuille de clients suffisant pour maintenir sa trésorerie et qu’elle est médiatisée, elle doit s’emparer des outils auxquels elle ne pense pas, comme le Crédit d’Impôt Recherche (CIR) ou d’autres dispositifs de financement. « La France, c’est le paradis fiscal de la recherche », affirme le fondateur de Videdressing. Malgré leur jeune âge, ces sociétés doivent continuer à se remettre en question. « Je suis fasciné par le manque d’ambition en France. Il faut saisir toutes les opportunités au lieu de chercher ce qui va mal. Il faut renverser la manière de penser et se dire c’est possible parce que c’est dur partout ! La fiscalité aux Etats-Unis est aussi lourde qu’ici », soutient Bertrand Jelensperger. « Il faut une dose d’inconscience. Si je repense à Sigfox, je ne le referai pas. La naïveté se perd avec l’âge et les opportunités avec », lance avec malice Ludovic Le Moan.


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