La Clinique Pasteur passe à la consultation médicale à distance

Les patients de la Clinique toulousaine Pasteur peuvent désormais consulter des professionnels de santé de l’établissement depuis leur domicile par différents canaux de communication. Un service intégré au portail patient et développé avec l’ESN SQLI*.

La DSI de la Clinique Pasteur à Toulouse compte 9 personnes, une équipe pilotée par M. Christel Calas.

La DSI de la Clinique Pasteur à Toulouse compte 9 personnes, une équipe pilotée par M. Christel Calas.

Dans le prolongement d’un séjour à la Clinique Pasteur à Toulouse (Haute-Garonne) ou dans le cas d’une maladie chronique (nécessitant un suivi sur la durée), les patients doivent consulter régulièrement leurs médecins ou autres professionnels de santé. Depuis septembre 2019, ils peuvent le faire depuis chez eux, en se connectant à leur compte personnel sur l’appareil (portable, tablette, ordinateur…) et le canal de communication de leur choix (Skype, FaceTime, WhatsApp, Duo, Messenger ou Hangouts).

« Au départ, l’application était peu utilisée, mais suite au confinement et à la crise sanitaire actuelle, son usage s’est développé et aujourd’hui installé dans les habitudes d’une

quarantaine de médecins et professionnels de la clinique, notamment les anesthésistes », explique Christel Calas, le responsable informatique de l’établissement. « Ils ont opté pour un mix entre le présentiel et le distanciel. Désormais, ce sont entre 10 et 15 consultations par jour qui passent par notre application. »

L’expérience mise en place par l’établissement de santé se veut la plus simple possible et la plus proche d’une consultation physique, avec une prise de rendez-vous, une salle d’attente virtuelle (où le patient signale au médecin sa présence) et une salle de consultation virtuelle (ouverte au patient par le médecin dès que ce dernier est disponible). La consultation terminée, le patient peut payer directement en ligne. Ce paiement, ainsi que l’accord final du médecin, débloquent l’ordonnance.

« Depuis 2002, nous avons lancé divers chantiers de digitalisation, à commencer à l’époque par le dossier patient, une stratégie qui s’est accélérée depuis quatre ans. Désormais, nous construisons brique par brique notre portail patient numérique, qui intègre des outils comme la prise de rendez-vous, puis la téléconsultation. C’est une étape importante pour le suivi de nos patients, notamment pour les prises en charge chroniques, car ces malades ont la nécessité d’échanger de façon régulière avec leur praticien », explique Christel Calas.

Intégré donc au « portail patient numérique » de la Clinique Pasteur (100 000 dossiers ouverts, moyenne d’âge 63 ans), le micro-service de téléconsultation a été conçu et développé par la société SQLI en partenariat avec l’équipe fonctionnelle de la clinique. L’accent a été mis sur la sécurité des données personnelles de santé conformément aux réglementations. L’outil en ligne est ainsi accessible depuis une URL protégée avec un contrôle par la clinique des accès accordés.

« Nous avons choisi de ne pas prendre d’outils standards du marché car ils ne correspondaient pas à nos besoins, poursuit le DSI. C’est un outil que l’on voulait gratuit pour nos médecins et le plus proche des besoins des patients avec qui nous voulons établir un lien sur le long terme. » La clinique dispose ainsi de son datacenter et gère toutes les connexions autant côté patients que médecins. « Les médecins peuvent avoir leurs propres outils informatiques, mais dans un domaine contraint. Ils utilisent nos serveurs et un antivirus centralisé », précise-t-il. Les déconvenues de Doctolib ne sont pas passées inaperçues… « Cette attaque informatique ne concerne pas les rendez-vous pris sur doctolib.fr ou sur le logiciel de gestion de cabinet de Doctolib, mais des rendez-vous pris sur certains logiciels tiers connectés à Doctolib », avait ainsi indiqué l’entreprise à ce sujet dans un communiqué.

Un projet mené en quatre mois par SQLI

Il y a un an, au démarrage du projet à la Clinique Pasteur, les consultants de SQLI ont d’abord interrogé un panel d’utilisateurs pour créer un outil adapté à tous les métiers. Parmi les retours, les médecins ont notamment préconisé la possibilité de permettre aux secrétaires médicales de prendre les rendez-vous à la place des patients. Cette fonctionnalité a nécessité l’interopérabilité entre l’outil de téléconsultation et le logiciel de la clinique utilisé pour la prise de rendez-vous physique (Gemini).

La Clinique Pasteur, totalement indépendante, compte 360 lits. 1 200 personnes y travaillent, dont 170 médecins. #Santé Cliquez pour tweeter

SQLI a ensuite réalisé un premier prototype qui a évolué avec les retours des équipes métiers jusqu’à aboutir à la solution finale actuelle. Il leur aura fallu moins de quatre mois pour proposer une première version opérationnelle du service. Au final, le projet est une « web app responsive », réalisée en développement moderne avec des appels d’API. A cela se rajoute le Web Socket, un tunnel de communication virtuel qui synchronise le navigateur du patient à celui du médecin durant la consultation, ainsi le médecin est informé en temps réel des actions du patient.

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En interne, une cellule de coordination a été mise en place pour accompagner les patients dans l’utilisation de cet outil, indispensable pour en faciliter l’adoption. « Nous regardons très précisément les retours qui nous sont faits de leur part », conclut Christel Calas.

* Pour le 1er semestre 2020, le chiffre d’affaires de SQLI (2 100 personnes) s’est établi à 110,3 millions d’euros, en retrait d’environ 10 % du fait de la crise sanitaire et de la contraction du marché (notamment dans l’aéronautique).

 


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