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Ressources humaines : une rentrée sous pression
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La guerre des talents tech, exacerbée par la crise

63% des entreprises françaises ne recruteront pas de talents tech à l’étranger cette année, alors même qu’elles peinent à les trouver en France. La faute au Covid-19 évidemment, mais également aux difficultés persistantes pour attirer en France, malgré les promesses de la French Tech.

Guerre des talents tech

Rentrée 2020 : des tensions sur le recrutement des talents tech internationaux.

Pour mener leurs transformations, les entreprises ont besoin de nouvelles compétences. La bataille pour attirer et surtout fidéliser des talents dans le monde numérique n’est pas nouvelle. La rareté de certains profils, par rapport à d’autres plus galvaudés, joue sur les niveaux de salaires bien entendu, mais laisse aussi de nombreuses organisations désemparées et privées d’acteurs clés de leur transformation. Côté RH, la rentrée 2020 ne fait pas exception mais pas forcément pour les raisons habituelles.

 

 

 

Le problème de la fermeture des frontières

En effet, la crise provoquée par le virus Sars-CoV-2, a eu un effet particulièrement visible : la fermeture de très nombreuses frontières entre les pays du monde entier. Si cela a pu causer de nombreux chocs et remises en question pour l’industrie du tourisme et pour les vacances des particuliers cet été, un deuxième effet de bord se voit maintenant clairement alors qu’approche l’automne, période faste de recrutements. D’après une étude menée auprès de plus de 2000 professionnels par la start-up française Settlesweet, spécialisée dans l’aide à la recherche de logement pour des salariés en mobilité géographique, 63% des entreprises n’embaucheront pas de talents tech venus de l’étranger pour cette rentrée 2020. Pour plus de deux tiers d’entre elles, cela est dû à la difficulté à les attirer en France, ainsi que dans une moindre mesure du fait d’un gel total des recrutement (61%) ou de difficultés administratives (57%).

Or, au départ, les entreprises se tournent vers ces talents internationaux parce qu’elles jugent qu’ils sont difficilement trouvables en France (67%) ou que cela a un impact important sur le coût du travail (55%). Le fait de ne pas recruter des acteurs venus de l’étranger ne sera donc clairement pas compensé facilement par les talents nationaux.

La France peut-elle capitaliser sur les tensions aux USA ?

La situation n’est pas l’apanage de la France. Aux Etats-Unis, la question de l’immigration des talents du numérique est au cœur d’enjeux politiques sans précédents, mêlés à des restrictions sanitaires chaotiques dues au Covid, alors que l’administration Trump a resserré drastiquement le vis sur l’arrivée de salariés même très qualifiés. Or, les leaders du marché comme Google et Facebook qui sont des champions de l’attractivité internationale, sont directement dépendants de ces ressources précieuses.

Ainsi d’après les chiffres du US Department of Labor, 190 000 demandes H-1B (du nom du visa de travail temporaire associé) ont été remplies par des « software engineers » depuis le début de l’année pour un salaire moyen s’élevant à 104 271 dollars (environ 90 000 euros) et plus de 122 000 par des « software developpers ». C’est sans compter les data scientists, senior software developpers et autres top managers de la tech. On estime par exemple à environ 15% des effectifs de Facebook le nombre de salariés H-1B. Malgré le fait qu’en 2020 encore, les géants de la tech ont annoncé avoir atteint 99% de leurs objectifs de recrutement en la matière, le serrage de vis souhaité par Donald Trump est jugé durement, notamment vu depuis l’Inde, qui fournit une majorité des H-1B.

En la matière, Guillaume Seiler, CEO et cofondateur de Settlesweet a bon espoir de voir la France sortir par le haut de la situation. « Lorsque Donald Trump a gelé les visas de travail aux US, nous nous sommes posé la question si le secteur tech français allait pouvoir en profiter pour embaucher des talents obligés de rester en France. Avec l’attractivité du secteur tech français et l’opportunité de séduire des talents tech incapables d’aller travailler aux US, la FrenchTech a un coup à jouer » estimait-il en commentaire de l’étude menée par son entreprise et en soulignant que ce type de recrutement avait triplé en trois ans.

A lire aussi : Emmanuel Macron compte plus que jamais sur la French Tech

Oui mais voilà, 48% des entreprises à s’être exprimée jugent que la French Tech ne possède pas encore tous les atouts nécessaires pour séduire les talents tech internationaux. L’écosystème français doit donc continuer à muscler son jeu, malgré les tensions aux frontières. Un point qu’Emmanuel Macron n’a pas manqué d’adresser lors de son récent discours aux acteurs de la tech française. « En quelques années s’est structurée une carte du Tendre de la mobilisation pour faire de la France une place qui crée, développe et qui est en train de changer le monde » a-t-il souligné pour encourager les entrepreneurs français et envoyer un nouveau message sur l’attractivité du pays. Reste donc à transformer l’allégorie en CV et recrutements.

 


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