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Bpifrance veut doper les PME françaises

Nicolas Dufourcq, directeur général de Bpifrance, présentait hier un bilan 2017 très satisfaisant de l’activité de la banque publique. Pour autant, il relevait quelques faiblesses de notre économie, tout en précisant mettre l’accent, cette année, sur le financement de l’innovation de rupture (deep tech), des PME industrielles et de l’intelligence artificielle.

Nicolas Dufourcq, directeur général de Bpifranc

Nicolas Dufourcq, directeur général de Bpifrance. © Fabien Breuil

Le ton était optimiste ! Nicolas Dufourcq, directeur général de bpifrance*, tout juste reconduit à son poste pour les cinq ans à venir, lançait d’entrée, lors de sa conférence annuelle : « L’économie va très bien. Notre gamme de produits est large et nos résultats sont de bonne qualité. Les comptes ne seront arrêtés que prochainement, mais nous savons déjà que le résultat net de bpifrance sera supérieur à 1 milliard d’euros. » (741 millions l’année précédente).

Parmi les actions qui ont porté leurs fruits, le dirigeant a relevé une nouvelle gamme de prêts pour TPE sans garantie « que l’on va déployer partout en France » (après l’avoir fait dans neuf régions) ; une gamme d’accélérateurs sectoriels (4000 sociétés doivent y passer à terme) « que l’on va élargir avec l’aide des régions » (aéronautique, biotech, medtech…) et une mise en action de la French Fab (« à l’image de ce qui a été fait pour la French Tech ») que l’on accompagne… D’où le soutien apporté sur l’innovation et l’export au sens large. « Nous sommes fondamental pour le tissu des TPE-PME françaises », a-t-il insisté.

« 7 500 entreprises ont été accompagnées par bpifrance en 2017. Ce chiffre va grossir en 2018. » Nicolas Dufourcq, directeur général de Bpifrance

Nicolas Dufourcq a reconnu que ces deux derniers sujets étaient majeurs pour l’institution publique. Avec 1,3 milliard d’euros d’aides et de financements octroyés en 2017 à 5 400 entreprises (dont 4 000 start-up), l’activité « Innovation » est restée stable à haut niveau après plusieurs années de croissance. Les Prêts sans garantie ont représenté 327 millions d’euros (dont 108 millions de Prêts amorçage et 219 millions de Prêts innovation). Les aides et programmes collaboratifs s’élèvent quant à eux à 931 millions, financés en partie par le Programme d’Investissements d’Avenir (PIA). L’activité de Bpifrance Le Hub a notamment permis la signature de plus de 50 partenariats entre grands groupes et start-up, allant de projets de co-développement à des partenariats stratégiques. Et, plus de 60 grands groupes et ETI ont travaillé avec les équipes de Bpifrance Le Hub pour identifier des partenaires parmi les start-up françaises. « On cherche à être plus sélectif et moins saupoudrer, a-t-il indiqué. Nous allons  favoriser la montée en puissance des levées supérieures à 20 millions d’euros et mettre l’accent sur la Deep Tech », ou innovation de rupture.

« Les aides à l’écosystème des start-up venues des 260 millions d’euros [soit le rendement du futur fonds pour l’innovation, NDLR] seront attribuées et gérées par Bpifrance, une fois les décisions du gouvernement prises après la remise du rapport sur le financement de l‘innovation », a déclaré Nicolas Dufourcq.

Grande année du crédit à l’export

Concernant la partie export récupérée suite à l’intégration récente de la Coface, Bpifrance devrait réaliser 400 millions d’euros de crédit à l’exportation cette année (contre 186 millions en 2017). « Nous sommes la banque pour l’export également, a-t-il lancé, ajoutant que des annonces seront faites par le gouvernement prochainement. Désormais, nous avons toute la boîte à outils qu’il faut. Nous sommes très puissants, reste à l’incarner ! ». Courant 2018, toutes les directions régionales de bpifrance compteront un délégué à l’international pour insuffler la dynamique. « Les clients ne viennent pas nous voir, c’est nous qui les incitons avec nos solutions. »

Et de lister les aides apportées aux entreprises pour leurs dépenses de prospection, sites internet, conseil… jusqu’à 30 000 euros de frais sont pris en charge pour une PME… « Elles peuvent déposer leur demande en ligne et obtenir sous 48 heures la réponse ». Des sociétés industrielles comme Navya, Coriolis Composites, Ermi77… en ont bénéficié l’an dernier pour se lancer à l’export.

L’accent sera mis en effet sur l’industrie au sens large. L’Etat réalisant l’importance d’un tissu industriel fort pour renforcer son économie. « Il faut de grosses usines en France, comme celles de STMicroelectroncis à Crolles ou de Sanofi… Il faut que les grandes cathédrales industrielles françaises exportent toute leur production. Dans ce domaine, ce qu’ont fait les Italiens est remarquable, sans parler de l’Allemagne. »

Ce mouvement pourrait atténuer notre déficit extérieur, mais pas de grand-chose, s’est-il désolé… « Ceci reste un sujet inquiétant. C’est un drame annuel qui ne fait que s’aggraver », selon Nicolas Dufourcq. « Le déficit est de 15 milliards avec l’Allemagne et de 20 milliards avec la Chine. »

A la question de ce que peut faire bpiFrance ? La réponse est tombée cash : « Il faut s’internationaliser et recruter des talents. Tout en sachant que les jeunes n’ont plus envie de travailler dans des boîtes qui ne sont pas internationales. Une PME sur deux n’est pas à l’international, idem pour les ETI. »

* filiale à 50 % de l’Etat et de la Caisse des dépôts, dont elle est la branche « entreprises » (1000 collaborateurs).

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