Les ETI se digitalisent dans l’urgence

Début décembre, EY, Apax Partners et le Meti ont dévoilé les résultats de la quatrième édition du « Baromètre de la transformation digitale des ETI ».Menée auprès de dirigeants d’Entreprises de Taille Intermédiaire en France, cette étude montre que les conséquences de la crise sanitaire leur imposent de s’adapter et le digital devient incontournable pour y parvenir.

Menée auprès de plus de 150 dirigeants d’« entreprises de taille intermédiaire » en France par l’institut CSA courant septembre, cette étude annuelle dresse un état des lieux de l’avancée des ETI françaises en matière de numérique. Avec un focus particulier cette année sur l’impact de la crise sur leur digitalisation…

Si la grande majorité d’entre elles a mis à profit la transformation digitale engagée pour s’adapter aux circonstances exceptionnelles imposées par la crise, celle-ci nécessite toutefois d’articuler deux dynamiques : « la digitalisation d’urgence pour faire front, et la digitalisation de relance pour gagner en compétitivité », a indiqué Alexandre Montay, délégué général du Meti, à la présentation des résultats.

Pour autant, même si la maturité digitale des ETI progresse, elle le fait « à marche forcée », rappelle Dominique Pageaud, associé EY. Résultat : les écarts se creusent entre celles qui y étaient déjà préparées, qui ont su innover et en tirer profit, et celles qui commencent à prendre conscience de la nécessité de faire évoluer leur modèle économique et leur mode de fonctionnement, a précisé Gregory Salinger, CDO chez Apax Partners.

 Parmi les grands enseignements de cette nouvelle édition, on constate toutefois que…

  • 70 % des entreprises interrogées déclarent avoir une stratégie digitale « en développement » ou « maîtrisée ». Pour le reste, le démarrage se veut surtout « embryonnaire », notamment en ce qui concerne le secteur BtoB et les ETI industrielles.
  • 69 % déclarent que la transformation digitale impacte leur modèle économique.
  • 72 % affirment que la transformation digitale implique des changements dans leur modèle opérationnel. Le digital a mis le client au cœur de la conception des offres et produits, mais des efforts restent à faire notamment face aux pure players.

…Ainsi, la crise sanitaire accélère la transformation…

  • 84 % des entreprises interrogées déclarent avoir été prêtes (infrastructures IT, collaboration à distance…) à affronter la crise sur le plan numérique. « Jusqu’à la mi-février, les signaux étaient au vert pour une année 2020 optimale, situation que le premier confinement n’a pas bousculée. Par contre, tous se montrent plus inquiets depuis septembre face à l’incertitude qui s’installe », commente Alain Conrard, CEO de Prodware et président de la commission digitale du Meti.

 

… et modifie l’organisation du travail (et cela va durer !)

  • 85 % déclarent avoir été en capacité de collaborer à distance.
  • 80 % des entreprises répondantes ont une meilleure perception du télétravail. 
  • 59 % vont renforcer l’e-commerce.
  • 79 % vont réduire les déplacements entre sites (gain de temps, moins fatigant, moins de carbone, travail facilité…).

Résultat : les investissements dans le digital s’accélèrent :

  • 71 % des répondants déclarent vouloir accélérer leurs investissements dans le digital. Dans quatre domaines principalement : l’amélioration de l’expérience client par le digital, le déploiement des outils collaboratifs digitaux, la modernisation des infrastructures IT (réseau VPN…) et la cyber-sécurité. « Des domaines dont le ROI est palpable et mesurable, et qui vont permettre à ces entreprises de passer au mieux la crise », poursuit l’expert.

Pour conclure sur les chiffres (télécharger l’étude complète ici), dans plus de 44 % des ETI, la direction générale est le sponsor principal de la transformation digitale, aidée de sa DSI. Mais, dans 46 % des cas, l’absence de vision partagée au sein de l’équipe de direction est la principale barrière à sa mise en œuvre… L’enquête montre clairement que le couple DG/DSI drive la transformation numérique. Car, si ce n’est pas le cas, les projets échouent ou vont beaucoup plus lentement… « Aujourd’hui, certaines ETI n’ont pas une transformation numérique à la hauteur de leur ambition car elles n’ont pas une implication suffisante de leur direction générale, ceci par manque de temps, de prise en compte de l’urgence ou d’accointance par rapport au sujet », constate Alain Conrard.

Certains sujets liés aux nouvelles technologies et à la transformation digitale, mais plus de fond (Big Data, Machine Learning, IA, Cloud..) ont été freinés, voire reportés ou annulés du fait de la crise. « Ces domaines d’investissements sont jugés moins prioritaires, plus complexes et de long terme… Ce qui n’est pas une bonne nouvelle, car cela ne les prépare pas à être dans une excellente position à l’heure de la reprises. Les chefs d’entreprises en sont conscients, mais face aux incertitudes, ils préfèrent jouer la prudence. On voit donc une capillarité de la transformation digitale qui est à relativiser par rapport à ces sujets de fond qui ne sont pas aboutis en dehors des pure players ».

Un rôle important d’accompagnement

D’où l’importance des actions que mènent le Meti et le Club Paris Ile-de-France… pour acculturer les membres sur l’ensemble de ces sujets et surtout de les guider. « Il faut qu’elles comprennent la transformation au-delà des technologies et savoir par quel bout la prendre. Il faut élaborer en co-construction le parcours de l’entreprise et du chef d’entreprise dans le cadre de sa transformation digitale », explique Alain Conrard. Les chefs d’entreprises ont vraiment compris qu’il faut se transformer, mais ne savent pas obligatoirement comment s’y prendre. Pour tous, la transformation digitale est un réel atout pour survivre, même si elle coûte cher. La transformation numérique, qui implique du changement, leur ouvre de nouveaux horizons (e-commerce) qu’ils ne veulent pas subir. Les enjeux RH ou financiers sont multiples… Mais reste que 7 % seulement des ETI interrogées considèrent la fonction RH comme porteuse de la transformation digitale dans leur organisation. « C’est là où nous devons les accompagner dans ce parcours qui peut encore paraître confus », conclut l’expert, qui rappelle l’importance du conseil pour y remédier.

De l’importance de devenir « Data Driven »

Les résultats d’une étude, menée en septembre 2020 par YouGov auprès de plus de 3 500 cadres supérieurs et décideurs informatiques de PME, ETI et grandes entreprises en France, au Royaume-Uni, en Allemagne et aux Pays-Bas, mettent en évidence une fracture entre les entreprises qui utilisent les données pour informer leurs décisions pendant la pandémie et celles qui ne le font pas. 80 % des entreprises « data driven » conviennent qu’elles en ont tiré un avantage critique durant la pandémie.


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