IA générative : quand les “bons conseils” coûtent cher aux entreprises
Selon une étude menée auprès de 500 experts-comptables, l’usage croissant d’IA comme ChatGPT pour des décisions financières expose les entreprises françaises à des erreurs coûteuses, voire à des risques de faillite dès 2026.
Publié le 26 janv. Lecture 2 min.
Ce sont les experts-comptables eux-mêmes qui tirent la sonnette d’alarme. D’après une étude commandée par Dext auprès de 500 professionnels du chiffre, 37 % d’entre eux ont signalé des pertes financières directement liées à des conseils erronés fournis par des IA génératives, tandis que 31 % ont identifié ce risque chez leurs clients. Trop-payés, pénalités, allocations manquées ou non-conformité réglementaire : les erreurs ne relèvent plus de l’exception. « Les conséquences sont désormais avérées », a constaté Geoffrey Nozerand, responsable Partenariat France chez Dext, en soulignant que ces outils généralistes « ignorent le contexte financier réel d’une entreprise » .
La confiance dans l’IA fragilise la relation comptable
Le phénomène s’inscrit dans une adoption accélérée des outils conversationnels. En 2025, 63 % des experts-comptables ont observé une hausse du nombre de clients utilisant des IA pour obtenir des conseils financiers, fiscaux ou comptables. Dans le même temps, 59 % ont vu ces mêmes clients remettre en cause les recommandations professionnelles, voire suggérer que l’IA pourrait remplacer leur cabinet. Une évolution qui se traduit par une surcharge opérationnelle : près d’un tiers des professionnels passent entre quatre et dix heures par semaine à corriger des erreurs issues de réponses automatisées. « Les comptables consacrent un temps précieux à corriger des erreurs évitables », a regretté Geoffrey Nozerand, pointant une confiance mal placée dans des outils non spécialisés.
Un risque financier qui change d’échelle
À plus long terme, la profession redoute un effet domino. Un cinquième des experts-comptables alertent sur un risque accru d’insolvabilité ou de faillite dès cette année, si les entreprises continuent de s’appuyer sur l’IA sans supervision. D’autres craignent une hausse des contrôles fiscaux, des amendes ou des usages frauduleux justifiés par des réponses d’IA. Face à ces dérives, 89 % des professionnels appellent à une réglementation ou à des restrictions immédiates. « La technologie n’a rien de magique », a rappelé Geoffrey Nozerand. En voulant économiser sur le conseil, certaines entreprises découvrent que l’IA peut transformer une promesse de gain de temps en facture salée.

