IA & finances

Le régulateur allemand BaFin alerte sur l’impact croissant de l’IA

Le superviseur financier allemand alerte sur une IA qui accélère l’exploitation des failles informatiques, au risque de fragiliser le système financier et les services bancaires.

Publié à 10h47

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AFP

Le superviseur financier allemand BaFin a mis en garde mardi contre la montée des cybermenaces, dopées par l'intelligence artificielle (IA), un danger pour la stabilité du système financier et l'accès des clients à leurs services bancaires. Les nouveaux systèmes d'IA "identifient de nombreuses vulnérabilités dans les systèmes informatiques, nouveaux comme existants. Et cela très rapidement", a alerté le président de la BaFin, Mark Branson, lors de la conférence de presse annuelle de l'autorité. Ils pourront donc "exploiter ces failles de plus en plus vite", a-t-il ajouté. Cet avertissement résonne en particulier avec l'introduction du nouveau modèle de la start-up Anthropic, Mythos, qui a repéré, durant des tests réalisés en interne "des milliers" de vulnérabilités dans des programmes accessibles en ligne. Le Fonds monétaire international (FMI) a également alerté jeudi dernier sur les risques que pourraient faire peser les cyberattaques utilisant les derniers outils d'IA. 

Des délais de réaction réduits à quelques heures 

Dans ce contexte, "les entreprises doivent combler ces failles beaucoup plus rapidement", non plus en mois comme autrefois mais "en jours, voire en heures", selon M. Branson. Pour le superviseur, ces dangers dans le cyberespace ne sont plus seulement techniques : ils " menacent la stabilité des entreprises et leur accessibilité pour les consommateurs". Et cela intervient dans un environnement déjà fragilisé par les tensions géopolitiques et la multiplication des attaques numériques visant les entreprises privées et institutions publiques allemandes. La BaFin a annoncé avoir renforcé ses moyens de contrôle dans ce domaine, avec davantage de ressources dédiées et des inspections ciblées dans le secteur financier. Son constat est que de nombreuses entreprises supervisées sont déjà très bien protégées, mais "ce qui est suffisant aujourd'hui ne le sera plus du tout demain", a prévenu M. Branson, dont l'autorité veille aussi à la protection des consommateurs, qui dépendent de plus en plus des services financiers numériques.