L’industrie européenne appelle Bruxelles à imposer un principe « Open Source First »
Plusieurs acteurs européens de l’open source demandent à Bruxelles d’imposer l’examen systématique d’alternatives ouvertes dans les achats publics de logiciels et de services numériques.
Publié à 4h02 Lecture 2 min.
Dans une lettre ouverte adressée à la Commission européenne, aux eurodéputés et aux gouvernements des États membres, des représentants de l’industrie européenne de l’open source appellent à instaurer un principe contraignant de « Open Source First » dans les marchés publics numériques. Leur demande intervient alors que l’Union européenne multiplie les initiatives autour de la souveraineté technologique, du cloud et de l’intelligence artificielle. Les signataires estiment que l’Europe dispose d’une occasion majeure pour reprendre le contrôle d’une partie de ses infrastructures numériques. Le principe défendu consiste à imposer aux administrations et organismes publics d’évaluer l’existence d’une solution open source qualifiée avant d’envisager une alternative propriétaire. Cette analyse devrait être documentée et pouvoir faire l’objet d’un audit.
Réduire le verrouillage propriétaire
Pour les auteurs du texte, le secteur public reste l’un des principaux moteurs de la dépendance européenne aux logiciels propriétaires. Cette situation serait moins liée à une absence d’alternatives qu’à des pratiques d’achat qui ne prévoient pas systématiquement l’étude de solutions ouvertes. Les signataires précisent toutefois que leur proposition ne vise pas à interdire les logiciels propriétaires ou non européens. L’objectif serait plutôt de garantir qu’une solution souveraine soit réellement examinée avant toute décision d’achat. Ils estiment également que la commande publique pourrait jouer un rôle décisif dans la structuration du marché européen de l’open source.
Un signal attendu pour l’écosystème européen
La lettre souligne que les bénéfices de l’open source pour la souveraineté numérique sont déjà largement identifiés : transparence du code, auditabilité, limitation du verrouillage fournisseur ou encore capacité d’adaptation des systèmes. Selon les signataires, ce qui manque désormais est un cadre réglementaire capable de favoriser leur adoption à grande échelle. Ils citent notamment le futur EU Cloud and AI Development Act comme potentiel levier de transformation. Cette prise de position intervient dans un contexte où les institutions européennes cherchent à réduire leur dépendance aux grands fournisseurs technologiques étrangers, notamment dans le cloud, les logiciels d’entreprise et l’intelligence artificielle.

