Le Medef préfère Olvid à WhatsApp

Donner l’exemple ! Le président du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux, entouré d’une délégation de professionnels, s’est rendu vendredi à l’incubateur parisien We Are Innovation (WAI) by BNP Paribas, pour rencontrer les fondateurs de la start-up Olvid, à l’origine d’une application de messagerie, lancée en 2020, « la plus sûre du monde ».

Le-Medef-préfère-Olvid-à-WhatsApp

Lors de la visite de Geoffroy Roux de Bézieux vendredi dernier chez Olvid. La start-up offre les mêmes services que l’application américaine WhatsApp (messageries personnelles ou à plusieurs, partage de fichiers, photos ou vidéos…) et propose des options supplémentaires payantes pour les professionnels (appels sécurisés, visioconférence, intégration annuaire d’entreprise, version ordinateur…).

Il ne suffit plus de le dire… Il faut agir ! C’est ce que font désormais le Medef et Sopra Steria en utilisant la messagerie Olvid pour échanger au plus haut niveau. Et donc d’oublier WhatsApp et ses 2,7 milliards d’utilisateurs… mais surtout ses failles de sécurité si souvent relevées.

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Une délégation du Medef, dont son président Geoffroy Roux de Bézieux, était donc reçue dans les locaux d’Olvid vendredi dernier pour montrer l’importance d’utiliser des outils numériques permettant de conserver la maîtrise de ses données… « Les entreprises doivent s’intéresser à la souveraineté numérique au sens large si on veut s’en sortir. Le libéralisme ne doit plus être naïf, explique Laurent Giovachini, président du comité souveraineté du Medef. Il faut donc porter plus haut nos champions face aux Gafam, c’est ce que nous faisons en venant ici. Il faut arriver, d’ici trois à cinq ans, à créer des leaders technologiques. »

Créée en 2019, la start-up Olvid et son service de messagerie veut en effet gagner sur ce créneau. Créée par deux cryptographes français, cette application (gratuite dans sa version « grand public » et payante pour les professionnels) propose un modèle inédit de sécurité face à ses concurrentes.

L’un des quatre cofondateurs, Thomas Baignères, explique d’ailleurs que l’annuaire centralisé des utilisateurs où sont stockées les données personnelles des utilisateurs et qu’utilise la filiale de Facebook est justement la « faille » dont il faut se prémunir. Olvid ne dispose pas d’annuaire central : elle ne demande donc pas de fournir de numéro de téléphone ou d’adresse de messagerie. A condition d’avoir été authentifié, via l’échange d’un code de quatre chiffres unique par téléphone, visioconférence ou de visu. Une innovation qui résulte de travaux réalisés par deux cryptographes, Serge Vaudenay et Sylvain Pasini, de l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne.

« Au Medef, nous avons une faculté d’adaptation différenciée à Olvid, explique pour sa part Geoffroy Roux de Bézieux. Mais nous cherchons à l’implanter pour remplacer WhatsApp, dont nous nous servions pour une quinzaine de groupes informels auxquels je participe. »

Reste que l’ergonomie serait encore à améliorer selon les propres dires du patron du Medef. On y travaille, répond Thomas Baignères, dont l’équipe réduite de 8 personnes, n’a pas encore eu le temps d’y travailler autant que souhaité. « Nous avons voulu surtout rendre l’application facile d’utilisation, même si l’ergonomie reste encore à améliorer ».

En 2020, Olvid a décroché le Prix Startup du FIC, le Prix de l’innovation et prix du public aux Assises de la Sécurité et la Certification CSPN par l’Anssi… Aujourd’hui, l’application revendique 100 000 utilisateurs et séduit de plus en plus de sociétés du CAC 40, de quoi lui donner des ailes et d’envisager cette année une première levée de fonds pour aller encore plus loin. « Nous défendons un modèle européen du traitement des données, explique Thomas Baignères. Surtout, nous vendons un service dont on connaît le prix ». L’entreprise avait bénéficié d’un montant de 350 000 euros de subventions de Bpifrance (bourse French Tech Emergence et concours d’innovation i-LAB).

La cybersécurité, un vrai sujet en France désormais

En parallèle, le gouvernement avance toujours sur le projet de campus français consacré à la cybersécurité… dans l’idée de progresser sur un sujet devenu un enjeu stratégique majeur pour les entreprises, de plus en plus attaquées de toutes parts. En 2020, selon le Cesin, 57 % des entreprises déclarent avoir connu au moins une cyberattaque… Et une sur cinq avoir été victime d’une attaque de type Ransomware. Une accélération due majoritairement au basculement de leurs systèmes d’information dans le Cloud.

📅 Rendez-vous Alliancy – Webinaire de l’observatoire du Fic en partenariat avec Alliancy – mercredi 3 mars – 8h30/10h : « Smart building, smart city… quand l’innovation en sécurité libère les nouveaux usages »

Le Campus Cyber, dont le capital est détenu à 49 % par l’Etat et à 51 % par une soixantaine d’entreprises (Enedis, Orange Cyberdéfense, Thales…), s’installera dans l’immeuble Eria à la Défense, situé dans le quartier Bellini, dans les Hauts-de-Seine. A terme, il devrait accueillir un millier de personnes. Une seconde implantation francilienne du côté de Satory (Yvelines) est prévue et des campus régionaux compléteront le dispositif. Objectifs : favoriser l’innovation entre les acteurs publics et privés de l’écosystème, développer la filière industrielle française et lutter contre le manque de compétences dans ce secteur


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