retour d'expérience

Schneider Electric conjugue réduction de la dette technique et décarbonation de l’IT 

Chez Schneider Electric, la réduction de la dette technique est devenue un pilier de la transformation du système d’information. Héritier d’un paysage applicatif fragmenté par les acquisitions, le groupe structure un programme mondial de simplification, désormais étendu au pilotage de l’empreinte environnementale de l’IT avec l’éditeur Aguaro.

Publié le 4 févr. | Mis à jour le 6 févr.

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Au sein du groupe Schneider Electric, la réduction de la dette technique s’inscrit dans une stratégie de transformation du SI engagée depuis cinq ans. En raison de nombreux rachats, le paysage applicatif du groupe s’est progressivement fragmenté, rendant le SI plus coûteux, plus complexe et plus risqué à piloter. Pour y répondre, Schneider Electric a structuré un programme mondial de simplification, qui englobe depuis deux ans la mesure et le pilotage de l’impact environnemental du système d’information. 

Ce chantier repose sur une approche méthodique, menée en trois phases. « La dette technique représente tout ce qui crée de la friction dans la capacité à délivrer de la valeur business », résume Hervé Guirado, Vice President Apps Simplification & Technical Debt de Schneider Electric. La première phase a consisté à éliminer les applications présentant des risques majeurs, notamment en matière de cybersécurité, de continuité et d’agilité. La deuxième a visé à réduire les recouvrements fonctionnels en convergeant vers un noyau d’applications cœur par entité métier. La troisième s’attaque à la standardisation des processus via des transformations digitales à l’échelle du groupe, afin d’accélérer durablement la simplification du SI. 

Cette trajectoire a déjà produit des résultats tangibles. Le nombre d’applications a été divisé par deux, passant de 6 000 à 3 000. Des benchmarks montrent toutefois qu’une cible d’environ 1 000 applications reste atteignable, sous réserve de la poursuite de la standardisation des processus et du déploiement des transformations dans les sites. 

Étendre la simplification du SI aux enjeux environnementaux 

Une fois la dynamique de simplification engagée, la question de son impact environnemental s’impose progressivement. À mesure que les méthodes Green IT gagnent en maturité et que les objectifs Net Zero du groupe se structurent, Schneider Electric intègre cette dimension à sa feuille de route IT. « La complexité se traduit mécaniquement par une dette environnementale, avec des consommations d’énergie et des impacts qui n’ont plus de justification opérationnelle », observe Hervé Guirado. 

Si l’empreinte environnementale de l’IT est déjà suivie à un niveau global, cette vision reste insuffisante pour agir. « Elle ne permet ni de comprendre les causes des variations, ni de prioriser des actions concrètes », souligne-t-il. Le groupe cherche donc à descendre à un niveau plus granulaire, par application et par infrastructure associée, en s’appuyant sur des données gouvernées et exploitables à l’échelle mondiale. L’enjeu est de relier, dans un même cadre de pilotage, dette technique, coûts, risques et impact environnemental, sans attendre un niveau de précision parfait dès le départ. 

Aguaro : une intégration native à ServiceNow 

Pour accompagner cette évolution, les équipes de Hervé Guirado recherchent une solution capable de s’inscrire dans l’architecture existante. Leur choix se porte sur Aguaro, éditeur d’une solution SaaS dédiée à la mesure et au pilotage de l’empreinte environnementale des systèmes d’information. Le critère déterminant réside dans son intégration native à ServiceNow, plateforme socle du pilotage IT chez Schneider Electric, couvrant le portefeuille applicatif, la CMDB et les services IT. 

Cette approche évite la création d’un référentiel parallèle et limite le risque de générer une nouvelle dette technique. « Aguaro apporte une couche d’intelligence et de calcul au-dessus des données existantes, sans imposer son propre modèle de données », précise Hervé Guirado. Le respect de standards reconnus pour la mesure de l’empreinte logicielle, les résultats obtenus lors de pilotes et le caractère évolutif de la solution ont également pesé dans la décision. 

Les indicateurs Green IT intégrés au pilotage opérationnel 

L’un des principaux bénéfices de cette intégration réside dans la capacité à établir une première baseline carbone exploitable par application, directement intégrée dans les tableaux de bord existants de pilotage de la dette technique. Cette visibilité rend les enjeux concrets pour les IT owners, les responsables de domaines et les équipes projets, en facilitant l’appropriation du sujet et la prise de décision. 

« Aguaro permet également de compléter les données manquantes par des estimations cohérentes, tout en assumant leurs limites, afin de ne pas laisser de zones non couvertes », souligne Hervé Guirado. En s’appuyant sur l’organisation déjà en place pour la simplification du SI, Schneider Electric accélère le passage d’une phase de mesure à une phase d’actions, via l’écoconception, le GreenOps et des arbitrages plus éclairés sur le cycle de vie des applications. 

Ce cas illustre une démarche pragmatique de convergence entre dette technique et décarbonation de l’IT. Plutôt que de traiter l’empreinte environnementale comme un chantier isolé, Schneider Electric l’inscrit dans une dynamique existante de simplification, de standardisation des processus et de pilotage économique du système d’information. « La dette technique et l’empreinte environnementale sont les deux faces d’une même pièce. Réduire la complexité du système d’information, c’est à la fois diminuer les risques, améliorer l’agilité du business et limiter des consommations inutiles. À partir du moment où l’impact devient visible et mesurable, il devient possible d’agir de manière structurée », conclut Hervé Guirado.