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IA et souveraineté numérique : l'Europe face à une pénurie critique de compétences 

77 % des entreprises européennes citent le manque de talents comme principal frein à leurs projets IA, selon le Baromètre européen de l'IA auquel Epitech a contribué. 

Publié le 7 avr.

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Le Baromètre européen de l'IA (JFD x EY Fabernovel) le confirme : 77 % des entreprises européennes identifient le manque de talents comme obstacle numéro un à leurs projets d'intelligence artificielle. Un chiffre qui résume à lui seul le défi auquel le continent est confronté, alors que les ambitions en matière de souveraineté numérique se heurtent à une réalité terrain difficile. Car au-delà de la question des compétences, les données structurelles sont tout aussi alarmantes. L'Europe ne représente que 5 % des performances mondiales en matière de clusters GPU, contre 75 % pour les États-Unis. 70 % du cloud européen est opéré par des acteurs non européens, et les investissements dans les start-ups IA restent sept fois inférieurs à ceux réalisés outre-Atlantique. À ces écarts capacitaires s'ajoute un retard significatif dans l'adoption : seules 18 % des entreprises françaises utilisent aujourd'hui l'IA dans leurs opérations, contre 42 % au Danemark. Un fossé qui illustre, au-delà des infrastructures, un déficit de culture technologique et de montée en compétences à l'échelle du tissu économique européen. 

Le facteur humain, véritable levier de la souveraineté numérique 

Face à ce constat, Epitech défend une lecture claire : la souveraineté numérique européenne ne se jouera pas uniquement sur le terrain des investissements ou des infrastructures, mais d'abord sur celui de la formation. C'est dans cette perspective que l'école a contribué au Baromètre européen de l'IA, et que sa directrice générale, Laura Hassan, a remis le document à la ministre déléguée chargée de l'IA et du Numérique. Le message porté est structurant : former des profils capables de comprendre, d'évaluer et de maîtriser les technologies doit être considéré comme un enjeu stratégique au même titre que le financement des infrastructures ou le soutien à l'innovation. Sans base humaine qualifiée, les efforts déployés sur les autres leviers resteront insuffisants. La compétence devient ainsi le maillon manquant d'une chaîne de souveraineté que l'Europe peine encore à consolider dans sa globalité. 

Former des ingénieurs capables de piloter des systèmes augmentés par l'IA 

Depuis sa création en 1999, Epitech a construit son modèle pédagogique autour de l'apprentissage par projets, avec pour objectif de développer l'autonomie, l'adaptabilité et la capacité à appréhender des systèmes technologiques complexes dans leur globalité. Une approche fondée sur le principe de l'« apprendre à apprendre », qui prend aujourd'hui une résonance particulière dans un environnement professionnel profondément reconfiguré par l'essor des IA génératives. Ces technologies transforment en profondeur les compétences attendues des ingénieurs : il ne s'agit plus seulement de maîtriser un langage ou un framework, mais de savoir concevoir, orchestrer et superviser des architectures dans lesquelles l'IA joue un rôle central. En exposant ses étudiants à ces environnements ouverts et évolutifs, Epitech entend former une génération de profils opérationnels capables de faire des choix technologiques éclairés, et non de les subir. Un positionnement que l'école présente comme une contribution directe à la construction d'un écosystème numérique européen plus autonome et plus résilient.