L’IA crée-t-elle vraiment plus d’emplois qu’elle n’en supprime ?  

Selon une étude publiée par Snowflake, 77 % des organisations interrogées déclarent avoir créé des postes liés à l’IA. 

Publié le 17 mars

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L’intelligence artificielle génèrerait davantage de créations de postes que de suppressions. Une information étonnante au vu des dernières actualités, mais c'est pourtant ce que remonte le rapport publié par l’éditeur américain Snowlake, spécialisé dans la gestion des données cloud. L'enquête, réalisée avec Omdia auprès de 2 050 décideurs IT et métiers dans dix pays, indique que 77 % des organisations interrogées déclarent des créations d’emplois liées à l’IA, contre 46 % qui signalent des suppressions. Parmi les entreprises ayant connu les deux phénomènes, 69 % estiment que le bilan net est positif. Ces résultats restent toutefois à lire avec prudence. L’étude repose sur des données déclaratives, issues d’entreprises déjà engagées dans des projets d’IA. Elle met surtout en lumière une recomposition des effectifs, davantage qu’une dynamique uniforme de création d’emplois. 

Des gains concentrés dans les fonctions techniques 

Les créations de postes citées par les répondants concenent d’abord les métiers techniques. Les opérations IT arrivent en tête (56 %), devant la cybersécurité (46 %) et le développement logiciel (38 %). Snowflake note aussi que les entreprises les plus avancées dans leurs déploiements d’IA sont celles qui déclarent le plus souvent un impact positif sur l’emploi. À l’inverse, des suppressions de postes sont également signalées dans plusieurs fonctions. Elles touchent principalement les opérations IT (40 %), mais aussi le service client et support (37 %) et l’analytique des données (37 %). Le constat suggère donc moins une création nette généralisée qu’un déplacement des besoins vers de nouvelles compétences. 

Un ROI revendiqué, malgré des freins persistants 

Au-delà de l’emploi, Snowflake met en avant un retour sur investissement moyen de 1,49 dollar pour chaque dollar investi dans l’IA. Parmi les premiers adoptants, 92 % déclarent un ROI positif, et les entreprises prévoient d’allouer 22 % de leur budget technologique à l’IA dans l’année à venir. Mais le passage à l’échelle reste freiné. 96 % des organisations interrogées disent encore rencontrer des difficultés, notamment autour des silos de données, de la qualité des données et de leur préparation pour les usages IA. Seules 7 % affirment que plus de la moitié de leurs données non structurées sont réellement prêtes pour l’IA. 

Une adoption déjà visible dans l’IT et le développement 

L’IA est aujourd’hui surtout déployée dans les fonctions techniques. 62 % des équipes IT déclarent un usage actif, devant l’analytique des données (59 %), la cybersécurité (53 %) et le développement logiciel (50 %). Snowflake affirme également que 48 % du code est désormais généré avec l’aide de l’IA, signe d’une intégration croissante de ces outils dans les workflows de développement. L’étude dessine ainsi un constat nuancé : l’IA semble soutenir certains recrutements, notamment techniques, tout en accélérant l’automatisation de fonctions plus exposées. Plus qu’une création massive d’emplois, elle semble surtout redéfinir les besoins en compétences dans l’entreprise.