TF1, Renault et Crédit Agricole confrontés à une défiance cyber devenue structurelle
Au Predictive Cyber Day 2026, TF1, Renault Group et Crédit Agricole alertent sur une menace cyber permanente touchant médias, industrie et finance.
Publié hier à 4h32 Lecture 3 min.
Lors d’une table ronde consacrée à la confiance numérique, Raphaëlle Deflesselle, directrice des technologies et des systèmes d’information du groupe TF1, a expliqué que la cybersécurité touche désormais directement le cœur de l’activité du groupe média : « la confiance dans nos contenus », « la résilience de nos infrastructures » et « la data ». La dirigeante a évoqué la multiplication des deepfakes, des usurpations d’identité de journalistes et des attaques contre la plateforme TF1+. Le groupe indique avoir identifié « 800 vidéos » frauduleuses liées à ses contenus en deux mois fin 2025, avec des délais de suppression pouvant atteindre « 12-13 jours ». « Une fausse information est beaucoup plus relayée sur les réseaux sociaux que les informations vérifiées », a-t-elle également rappelé, en citant une étude du MIT. TF1 dit renforcer ses outils de fact-checking basés sur l’IA, ses infrastructures anti-DDoS et ses dispositifs internes de sensibilisation. « La confiance dans les médias, ce n’est pas un enjeu secondaire. C’est vraiment le fondement de notre modèle économique et sociétal », a insisté Raphaëlle Deflesselle.
Renault alerte sur des cyberattaques capables d’arrêter des chaînes industrielles
Charles Bruneteau, expert leader cybersécurité chez Renault Group, a rappelé que la confiance ne concernait plus uniquement les véhicules connectés mais l’ensemble de la chaîne industrielle : usines, fournisseurs, systèmes IT et réseaux de concessionnaires. Le responsable a cité l’attaque subie par Jaguar Land Rover en 2025, qui a provoqué plusieurs semaines de perturbations industrielles au Royaume-Uni. « On est sur un cas d’école de paralysie industrielle liée à un événement cyber », a-t-il déclaré. Il a également évoqué l’attaque WannaCry ayant touché Renault en 2017 et entraîné l’arrêt temporaire des usines du groupe. Selon lui, ces crises imposent une approche beaucoup plus transverse de la cybersécurité. « Cette réglementation n’a pu se faire efficacement qu’en cassant les silos », a expliqué Charles Bruneteau à propos des dispositifs de certification cybersécurité déployés chez Renault.
Crédit Agricole insiste sur la confiance des clients
Franck Poli, CISO du groupe Crédit Agricole, estime de son côté que les attentes des clients en matière de cybersécurité évoluent fortement, notamment autour de l’authentification multifacteur et de la protection des données personnelles. « Les clients sont des révélateurs et des acteurs aussi de la cybersécurité », a-t-il déclaré, expliquant que les utilisateurs questionnent de plus en plus les mécanismes de sécurité mis en place par les banques. Le dirigeant a également évoqué les risques liés aux fournisseurs et aux infrastructures cloud, citant une attaque ayant affecté un prestataire du secteur financier en 2025. « On a tous un intérêt commun à redémarrer l’activité et les choses avec les clients, avec une confiance renouvelée », a-t-il affirmé. Pour le groupe bancaire, la cybersécurité repose désormais sur une logique de « défense multi-barrières », combinant résilience technique, coopération sectorielle et sécurisation des dépendances numériques.

