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#Vivatech2022 : le Medef présente ses pistes pour accélérer sur la transformation numérique

À l’occasion du salon #Vivatech2022 qui se tient cette semaine du 15 au 18 juin, le Medef (Mouvement des entreprises de France) présentera les principaux défis auxquels les entreprises vont devoir répondre si elles souhaitent s’inscrire pleinement dans les mutations technologiques et sociétales en cours. Au programme, des conférences sur le développement territorial, la pénurie de talents numériques, le Green IT ou encore la voie vers une meilleure fédération des écosystèmes d’innovation européens.

« Les entreprises en France sont globalement en retard sur la transformation numérique », explique d’emblée Christian Poyau, coprésident de la commission Mutations technologiques et impacts sociétaux du Medef, à une conférence de presse ce mardi matin. Pour le Président Directeur Général chez Micropole, cet écart vis-à-vis d’autres pays européens comme l’Allemagne se ressent directement sur le terrain de la compétition économique.

C’est cette quête d’une transformation à marche forcée des entreprises françaises qui sera mise en avant lors du salon Vivatech qui commence ce 15 juin et pour 4 jours d’affilée. Pour la première fois, le Medef aura l’occasion de faire valoir son réseau de plus de 190 000 entreprises françaises, ses pépites innovantes et, en particulier, celles qui aident directement les organisations à se réinventer.

Son événement phare La Rencontre des Entrepreneurs de France numérique (REFnum) aura cette année un stand dédié sur le salon pour animer tout un panel de conférences sur différents sujets visant à renforcer les écosystèmes numériques en France, mais aussi en Europe.

Pascale Dumas, coprésidente de la commission Mutations technologiques et impacts sociétaux du Medef, reprend la main et insiste sur l’enjeu crucial de résorber la pénurie de talents qui touche le secteur du numérique. « Il y a aujourd’hui 200 000 emplois à pourvoir et ce chiffre atteindra les 300 000 dans cinq ans, complète-t-elle. 

Pour la présidente et directrice générale de HP France, il apparaît donc nécessaire d’investir davantage dans la formation et la reconversion de talents vers ces métiers de demain – tout en rappelant que le besoin n’est pas seulement exprimé en matière de profils d’ingénieurs mais aussi simplement de techniciens et opérateurs.

Un baromètre sur l’état de maturité digitale de la France

Pour appuyer ces propos, le cabinet BCG a été pour la seconde fois missionné par le Medef pour mener une étude sur la maturité digitale de la France. Pour Alexandre Aractingi, directeur associé du BCG, il y a trois constats à tirer de ce baromètre concocté à partir du retour d’expérience de la part de 173 chefs d’entreprises.

Tout d’abord, la France peut se féliciter d’avoir franchi une étape dans son effort de compétitivité numérique notamment avec les récents succès de la FrenchTech. Alexandre Aractingi admet toutefois que la valorisation des licornes françaises n’est pas un indicateur qui se suffit en lui-même pour mesurer la maturité digitale de l’Hexagone. 

Le second constat est le fait de remarquer que la crise sanitaire a profondément accéléré la transformation numérique des organisations. « Les entreprises ont adopté un socle digital essentiel notamment en matière d’outils collaboratifs et de comportements cyber », ajoute-t-il. 

  • 73% des entreprises ont mis en place de nouveaux outils de communication et de travail collaboratif pendant la crise et vont les conserver
  • 79% ont pris des mesures pour renforcer leur cybersécurité pendant la crise
  • 76% voient la nécessité de réduire l’impact carbone de leurs activités numériques comme un sujet pour leur entreprise (et environ autant le traduisent déjà ou comptent le traduire en actes)

En revanche, le dernier constat vient noircir le tableau car près de la moitié des entreprises françaises ne se sentent pas concernées par ces enjeux, voire n’y pensent même pas. 

  • 26% des entreprises concernées ont mis en place un nouveau mode de commercialisation en ligne pendant la crise
  • 51% n’ont pas démarré et ne réfléchissent pas à la valorisation de leurs données
  • 61% n’ont pas recruté de talents digitaux récemment

À cela s’ajoute une méconnaissance générale des aides publiques en faveur de la transformation de l’industrie et des TPE/PME.

  • 56% des entreprises ne connaissent pas les aides du volet numérique du plan de relance
  • 10% ont bénéficié d’aides ou d’un accompagnement dans ce cadre (alors que 42% expriment un besoin de financement)

C’est donc face à ces fragilités que les auteurs de l’étude évoquent la nécessité d’une meilleure acculturation sur les aides au financement (type Prêt garanti par l’État) mais aussi sur la technologie en général. La France étant d’ailleurs parmi les pays les plus réticents à l’adoption de l’intelligence artificielle

Gommer les disparités territoriales

C’est ensuite au tour de Clémentine Désigaud, Senior Associate de BCG de prendre la parole. Cette dernière aborde l’urgence de « gommer les disparités territoriales » liées à la fracture numérique française ainsi que l’écart creusé entre secteur industriel et tertiaire d’une part, et entre grands groupes et ETI d’autre part.

Ce sujet implique donc d’accélérer le développement d’infrastructures numériques (que cela soit en termes de déploiement de la fibre optique ou bien de la 5G) et de cursus destinés à la formation en masse de travailleurs numériques. Dans le même temps, afin d’encourager la transformation des entreprises traditionnelles, une meilleure structuration des filières sectorielles est présentée comme une des solutions à creuser : autrement dit, favoriser leur collaboration avec les scale-up tricolores, notamment au sein de data hubs.

Pour clôre les échanges, Christian Poyau rappelle aussi l’objectif environnemental qui n’est selon lui pas incompatible avec le développement technologique. Ce dernier maintient que la technologie implique bien plus d’externalités positives que négatives et appelle à une planification numérique. Reste à voir si la planification écologique annoncée par Emmanuel Macron suivra cette même logique.

À lire également : Quelle place pour le numérique dans la planification écologique à venir ?


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