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Attractivité du secteur public : « Savoir qu’on ne va pas s’ennuyer au travail, c’est motivant ! »

Arrivé à l’Urssaf en 2019, Manuel Christophe a aujourd’hui plusieurs casquettes en tant que chef de projet. Ce fan de numérique de la première heure revient pour Alliancy sur son parcours aux expériences multiples, ses missions actuelles et l’attractivité du service public à ses yeux.  

Cet article est extrait de l’enquête spéciale « Comment l’Urssaf se donne les moyens pour séduire les talents ? »

Manuel Christophe – Urssaf

Alliancy. Quel a été votre parcours avant d’intégrer l’Urssaf ?  

Manuel Christophe. J’ai toujours été passionné d’informatique. J’ai commencé dans une filiale d’EADS qui construisait une solution de diffusion de vidéos sur internet. Puis, je suis devenu responsable de l’équipe de développement. J’ai ensuite travaillé sur les premières solutions liées à la vidéo sur téléphone portable.  

J’avais notamment en charge NTT, société de télécom japonaise. Par ailleurs, je constatais qu’il y avait beaucoup d’anomalies sur de nombreux sites internet. J’ai donc décidé de lancer mon entreprise en 2010. Je faisais des vérifications pour les entreprises qui le souhaitaient, en faisant remonter tous types d’anomalies. J’étais aussi prestataire pour l’Acoss (ndlr : ancien nom de l’Urssaf Caisse Nationale).  

Comment avez-vous ensuite intégré l’Urssaf ?  

Satisfait de mes services, l’Urssaf m’a inclus beaucoup plus en amont dans ses projets. J’ai notamment fait l’intégration graphique de la refonte du site Cesu et du site autoentrepreneur. Ayant pris conscience du besoin de spécialistes pour faire l’interface, notamment en termes d’accessibilité numérique (face à des situations de handicap, ndlr), l’Urssaf a proposé de m’embaucher. En effet, la plupart des développeurs ne sont pas spécialisés dans ce domaine et ils n’avaient pas forcément le temps de travailler dessus. J’ai donc arrêté ma société pour intégrer l’Urssaf en avril 2019.  

Quelles sont vos missions en tant que Chef de projet ?  

Je suis responsable de l’équipe intégration graphique mais aussi référent technique en accessibilité numérique. J’acculture mes collègues à l’accessibilité numérique et les conseille dans la mise en accessibilité de nos sites. Je travaille aussi sur les outils digitaux. Je participe à la mise en place des nouveaux canaux de communication sur nos différents sites. (Chatbot, Webchat…)  

Qu’est-ce qui vous fait vous épanouir dans votre travail au quotidien ?  

Ce qui me plait c’est qu’il y a énormément de choses différentes à faire et à améliorer. Savoir qu’il y a plein de projets à mener, de voir que l’on ne va pas s’ennuyer au travail, c’est motivant. Et puis, les évolutions régulières de la législation me laissent penser que ce n’est pas près de s’arrêter ! Par ailleurs, je sens que j’ai une vraie valeur ajoutée dans ce que je fais, car il y a un réel besoin et intérêt sur l’intégration graphique, l’accessibilité numérique et la qualité web au sens large. 

Quelles sont pour vous les qualités de l’Urssaf qu’il n’y aurait pas dans le secteur privé ?  

La plupart des entreprises en dehors des Gafam ne s’adressent pas à des millions de personnes, en tant qu’utilisatrices de leurs services. Or, ce que l’ont fait, nous, bénéficie à un très grand nombre de personnes. Pendant le premier confinement, nous avons mis en place en deux semaines le système d’indemnisation exceptionnelle pour les particuliers employeurs et leurs salariés. Ce sont des aspects très concrets qui donnent du sens à ce que l’on fait. 

Comment convaincre un jeune talent du numérique d’intégrer l’Urssaf plutôt qu’une entreprise de la tech ?  

Le cadre de travail est vraiment bien et le fait de rassembler dans un même lieu différentes expertises (studio UX, développeurs, architecte, coach agile, analyse digitale…) nous permet de gérer des projets de bout en bout. En termes de rémunération, je pense que l’on est peut-être un peu en dessous du marché, mais il y a d’autres avantages. Le CE très actif par exemple. On a une dizaine de semaines de repos (congés et RTT). De plus, certains agents badgent et ils peuvent convertir leur excédent d’heure en jours de récupération.  

Y a-t-il un cliché que vous aimeriez faire tomber sur l’Urssaf ou le travail dans l’administration ?  

Je vais le dire de façon un peu abrupte mais : on n’est pas des glandeurs. Il y a souvent une image que dans l’administration, qui veut que tout est lent et compliqué. C’est faux. Ce qu’on essaye de faire, c’est de tout mettre en œuvre pour que les utilisateurs aient le plus rapidement la réponse à leur question ainsi que de gérer tous les cas particuliers. On pourrait s’imaginer qu’il y a beaucoup de monde pour faire peu de choses mais au final, c’est plutôt l’inverse.  

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