Alliancy

Cap vers une entreprise Data Driven pour Société Générale

Comme ses principaux concurrents, la Société Générale tient à mettre en évidence l’importance de la Data et de l’Intelligence artificielle dans sa transformation. Son PDG monte au créneau sur ce front stratégique.

Pour une grande entreprise cotée en bourse, il est aussi important de conduire sa transformation digitale que de la faire connaître, en interne comme en externe. Début novembre, Carrefour présentait ainsi les grandes lignes de son plan stratégique à horizon 2026. En février, le groupe La Poste dévoilait lui aussi son plan 2030. Cette liste n’est pas exhaustive.

Si dans ces multinationales, le digital reste un axe stratégique, celui-ci se double d’une autre priorité : la valorisation des données et le déploiement de l’intelligence artificielle. La Société Générale est elle aussi de la bataille de l’IA, comme en témoignent les annonces de son PDG, Frédéric Oudéa.

330 cas d’usage Data/IA en production

Non, la Société Générale n’est pas en retard en termes de maturité. Le faire savoir est notamment un des objectifs de la banque française, peut-être moins prolixe en matière de communication que d’autres dans ce domaine. Pour le démontrer, la Société Générale peut citer des chiffres.

Elle revendique ainsi plus de 1000 experts de la donnée dans ses rangs, dont 65 CDO, des Chief Data Officers. Et ces fonctions ne sont pas cantonnées à la France puisqu’elles “travaillent sur tout le cycle de la donnée dans l’ensemble des métiers et des géographies.”  

Le groupe bancaire affiche par ailleurs plus de 330 cas d’usage de la data et de l’IA en production. Parmi ces réalisations, 170 exploitent de l’intelligence artificielle. Les usages ne sont pas une fin en soi cependant. Société Générale ajoute ainsi que la valeur générée grâce à ces produits Data/IA atteindra les 230 millions d’euros en fin d’année.

C’est un premier bilan d’étape. La banque compte accélérer, comme l’ensemble des grandes entreprises, tous secteurs confondus. La Société Générale annonce vouloir “continuer de généraliser et d’intensifier l’usage des données”. Une politique qui doit lui permettre de s’affirmer comme une “banque data driven”.

Pour l’entreprise, ce qualificatif passe par la constitution d’un “patrimoine unique de données”. Ce capital contribuera à l’amélioration de ses processus. Le temps réel est un autre axe prioritaire. La banque veut pouvoir piloter ses activités et ses décisions en utilisant “massivement” des indicateurs en temps réel.

Prédictif, personnalisation et pilotage temps réel

Enfin, et c’est le “graal” sur l’intelligence artificielle : atteindre le stade du prédictif. Le machine learning doit ainsi permettre à la banque de combiner automatisation et personnalisation des propositions aux clients et de leur expérience.   

Dans son discours, la Société Générale coche toutes les fondamentaux, dont le sponsorship au plus haut niveau. Frédéric Oudéa l’illustre. “Devenir une banque ‘data-driven’, avec une utilisation responsable des données, est au cœur de notre agenda stratégique”, déclare le directeur général.

Le dirigeant était déjà en première ligne sur la transformation digitale de l’entreprise. Il l’est également sur l’usage des données, présenté comme un “accélérateur de la stratégie digitale” de la Société Générale. En termes de cas d’usage, on retrouve les grandes familles avec 4 domaines principaux : personnalisation, réactivité/rapidité (via des bots par exemple), efficacité opérationnelle et prévention des risques (une spécificité bancaire).

Le recours à la Data et à l’IA doit permettre à la banque de générer de la valeur. Toutefois, pas à tout prix, insiste-t-elle. La confiance est en effet capitale dans l’acceptation et l’adoption de ces usages, par les clients et les collaborateurs. C’est pourquoi Société Générale affirme son attachement à une stratégie “responsable”. Cela prend notamment la forme d’une réflexion en cours sur l’éthique de l’IA.

Mais la responsabilité s’applique aussi à l’enjeu environnemental. “Le Groupe s’engage à réduire de 50 % l’empreinte carbone du numérique à horizon 2025 et à limiter l’impact environnemental des données à travers une meilleure gestion tout au long de leur cycle de vie, dès la collecte et l’achat des données, ainsi que la transformation de ses centres de données”, indique-t-il.

Une dominante cloud de 2e génération en 2025

Sur le plan technologique, et afin de disposer d’un SI data centric, la Société Générale ne part pas d’une feuille blanche. Elle met par exemple en avant son datalake hybride, combinant cloud public et privé, ainsi que des infrastructures data “solides”. La banque précise aussi disposer d’outils pour piloter la qualité des données, leur accessibilité et le partage, ainsi que pour permettre l’industrialisation et la démocratisation des usages. 

Le cloud joue un rôle croissant dans le développement de stratégies sur les données. Sur ce terrain, la Société Générale veut s’appuyer sur l’expérience acquise depuis 2017. D’ici 2025, elle prévoit un taux d’utilisation de 75% du cloud de “seconde génération”, dont 25% de cloud public. Cela passera notamment par la modernisation de ses applications avec 75% de logiciels nativement cloud.

Enfin, la transformation en entreprise data driven passera par la conduite du changement et “une révolution culturelle”. Dans ce cadre, un programme dédié à la compréhension de l’IA a été déployé.

Au niveau mondial, un autre programme de sensibilisation et de formation est en cours d’exécution. A la clé, en moins d’un an, 5000 collaborateurs de 25 pays formés, dont 2000 ont obtenu une “qualification” à l’issue des formations. Dernier dispositif, du reskilling visant à former les salariés à de nouveaux métiers. En 2022, 200 d’entre eux devraient en bénéficier – sur un total de plus de 130.000 collaborateurs.

Quitter la version mobile