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French Fab : Bpifrance veut marier start-up et industriels

La banque publique d’investissement lance la plateforme Welcome by Bpifrance Le Hub, qui met en relation start-up et industriels. L’objectif : faire bénéficier gratuitement aux jeunes pousses des locaux et machines des PME et ETI françaises.

La deuxième édition du BIG (Bpifrance Inno Génération) a eu lieu à l’AccorHotelsArena. © Charlie Perreau

La French Tech, c’est fini ? Après deux vagues de labélisation et une communication internationale, c’est maintenant au tour de la « French Fab » de faire parler d’elle. Nicolas Dufourcq, président de Bpifrance, appelle depuis quelques mois à la création d’un nouveau réseau rassemblant les acteurs innovants de l’industrie. Lors de la deuxième édition du BIG (voir encadré), qui s’est déroulé à l’AccorHotelsArena, la banque publique d’investissement a officiellement lancé Welcome, une plateforme de mise en relation entre start-up et industriels. Les jeunes pousses pourront déposer des annonces sur le site en renseignant quel type de local elles recherchent (le nombre de m², le type de machine…), l’entreprise d’accueil pourra valider cette demande, sachant qu’aucun critère de sélection n’entre en compte. Cette « incubation » pourra durer entre 6 mois et 3 ans et un contrat sera signé entre les deux parties notamment pour des questions d’assurance.

Ce concept ne sort pas du chapeau de Bpifrance mais de celui de Frédéric Lescure, directeur général de Socomore (200 salariés, 50 millions d’euros de chiffre d’affaires), une PME bretonne spécialisée dans les produits de traitements de surface pour l’aéronautique. Lancé en novembre 2014, le « Socolab » avait pour but d’accueillir gratuitement des chercheurs mais aussi des start-up au sein du laboratoire de l’industriel. « Avec la crise, beaucoup d’entreprises ont eu beaucoup de locaux disponibles, pas seulement des bureaux mais aussi des laboratoires et des ateliers. Ces mètres carrés sont inexploités ! Alors, pourquoi ne pas les offrir à des start-up qui ont des besoins propres et cherchent à s’intégrer dans un environnement industriel ? », raconte Frédéric Lescure. Au lieu d’exploiter cette idée uniquement dans son entreprise, le patron de la PME a décidé de l’étendre à sa région et a changé le nom pour « Breizh Lab ». Finalement, l’initiative a dépassé les frontières françaises puisque les entreprises bretonnes ont également mis à disposition leurs locaux à l’étranger : Shangaï, New York, Sao Paolo…des implantations qui peuvent prendre des années pour les start-up. « On s’est retrouvé avec plus de bureaux à l’étranger qu’en Bretagne. Ce n’était pas du tout prévu mais c’est génial car on devient un vecteur de l’internationalisation de l’offre des start-up », s’enthousiasme le directeur général.

Réveiller les entrepreneurs

Aujourd’hui une cinquantaine de start-up ont sollicité le Breizh lab, avec une majorité issue du numérique, des biotechnologies et de la chimie. Dix partenariats ont été réalisés dans la région Bretagne et Loire Atlantique. Les premiers bénéficiaires de la plateforme considèrent  que la gratuité de l’accueil est un atout mais pas seulement. « Beaucoup de start-up apprécient la possibilité de se trouver dans un environnement d’entreprise pour échanger avec les collaborateurs de l’industriel », souligne Marc Arles, animateur opérationnel du lab breton. Pour le moment, les partenariats restent la relation privilégiée entre les deux parties mais le Breizh Lab n’exclut pas d’autres types de coopération plus avancés voire des prises de participation. 

Le lancement de Welcome va étendre le concept dans toute la France. Bpifrance s’appuiera notamment sur son réseau en régions et des partenaires (CGPME, France Digitale, la French Tech…) pour marier les acteurs innovants de l’industrie. Seul bémol : la motivation des industriels. « Il manque une mobilisation des entrepreneurs. Ils doivent absolument s’emparer de ces problématiques. Le Breizh Lab est une bonne occasion de les réveiller », conclut Caroline Boullenger, manager au Hub.

BIG pour imaginer le monde économique de 2030 !

D’ici à 2030, les écosystèmes vont devenir très puissants. Ils seront même le socle d’une économie en devenir. Il faut donc renforcer les liens entre tous ceux qui font justement ce monde de demain avec, en première ligne, les entrepreneurs. Qu’ils fassent partie de la FrenchTech (les start-up), de la FrenchTouch (les entreprises créatives) ou de la FrenchFab (les sociétés industrielles).

C’est justement à ces dernières, issues de l’industrie traditionnelle mais toutes acteurs de l’industrie du futur (IOT, big data, design…), que s’adressait l’événement Bpifrance Inno Génération organisé les 25 et 26 mai à Paris par la banque publique d’investissement. L’idée ? Donner aux entrepreneurs des ouvertures en tous genres… pour les pousser à se bouger « collectivement » et réussir aussi à grandir.

Au vu de la foule qui se pressait à l’AccorHotels Arena près de Bercy, on peut dire que le déclic a bien eu lieu, porté par cet excellent marathon de grands patrons sur la « BIG » scène, dont un tiers du CAC 40 !. Bien sûr, il faudra encore poursuivre cette évangélisation du changement en cours, faire comprendre que ce sont des transformations profondes auxquelles il faut s’attendre, mais le dynamisme des entreprises et de leurs dirigeants qui ressortait sur l’ensemble des multiples rencontres, ateliers et mini-manifestations organisés au sein de BIG le prouvait. On ne peut que s’en réjouir.

Catherine Moal

Retrouvez les grands moments de Bpifrance Inno Génération (BIG) sur http://tv.bpifrance.fr/

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