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L’Aquitaine étoffe son offre de datacenters

L'Aquitaine étoffe son offre de datacenters

L'Aquitaine étoffe son offre de datacentersDans le département girondin, les projets de « mini »-datacenters se multiplient. Ils viennent renforcer une filière au fort potentiel de croissance.

En avril prochain, un datacenter ouvrira à Bouliac, en Gironde. En juin, ce sera à Blanquefort. Ces équipements viennent renforcer la filière numérique de l’Aquitaine, qui compte déjà un millier de chercheurs, 3 700 entreprises et 23 000 salariés (4e rang des régions françaises). « L’arrivée de telles infrastructures de proximité d’hébergement ne peut que renforcer l’attractivité de ce territoire, déjà bien positionné dans l’e-santé et la réalité virtuelle », se félicite Yann Pennec, chargé du numérique au conseil régional. « L’Aquitaine a des potentialités. Il faut pousser les chantiers », renchérit Vincent Ribes, directeur de l’Adeiso *.

 

Un datacenter mutualisé de 500 mètres carrés

Cette association, qui regroupe 170 membres du secteur des TIC, a mené une étude (budget de 100 000 euros, financé à 70% par la Région), sur l’opportunité de créer un datacenter en Gironde. « Nous sommes partis d’un constat de carence. Certains acteurs mettent à disposition leurs propres infrastructures au profit d’entreprises clientes externes. Mais ce n’est pas suffisant. Quant au seul et unique centre d’hébergement du département, propriété de SFR, il est saturé. Faute de place, les données ne peuvent être stockées localement. C’est un vrai problème ! L’étude démontre la nécessité d’un datacenter mutualisé de 500 mètres carrés utiles, soit 250 baies informatiques », indique Philippe Clémente, administrateur de l’Adeiso et rapporteur de l’étude.

Dans un premier temps, l’implantation de l’infrastructure a été envisagée sur la future Cité numérique, dont l’ouverture est prévue d’ici à 2016, sur l’ancien site d’une superficie 22 000 mètres carrés du tri postal à Bègles. Un dossier « culturel et économique » porté par l’Etablissement public d’aménagement (EPA) de Bordeaux-Euratlantique, en partenariat avec la Communauté urbaine de Bordeaux (CUB), la Région, la ville de Bègles et la Caisse des dépôts. Mais le délai est trop long pour les clients potentiels… Du coup, c’est le site de TDF, à Bouliac, qui a été choisi.

Le groupe, anciennement TéléDiffusion de France, dispose d’une emprise foncière de 60 000 mètres carrés : « Avec le passage à la TV numérique, nous disposons d’espaces que nous souhaitons rentabiliser », indique Eric Humblot, directeur commercial de TDF. Opérationnel en avril et raccordé au réseau Inolia, ce datacenter de 300 mètres carrés (80 baies) fournira 700 kilowatts de puissance utile. Quatre-vingts clients (éditeurs, hébergeurs…) vont l’utiliser. Une deuxième tranche devrait, à terme, être envisagée.

 

Une concurrence va s’établir

Ce n’est pas le seul projet en cours. L’hébergeur Etix s’installe sur l’agglomération bordelaise. « 90% des datacenters sont en région parisienne et dans le Nord. Ailleurs, c’est le néant. Or, nous avons pu mesurer en Gironde les besoins des SSII, fournisseurs d’infogérance et d’hébergement », indique Antoine Boniface, directeur général d’Etix Group. En juin, la première tranche d’un datacenter de 200 mètres carrés utiles sera livrée dans un bâtiment réaménagé à Blanquefort. Il accueillera les serveurs de six SSII locales. D’ici à la fin 2013, il doublera de taille. Etix fournira alors 540 kilowatts de puissance utile. Au total, l’entreprise aura injecté 5 millions d’euros dans cet équipement.

Chez AT Internet, leader européen des mesures d’audience sur les supports on line (13,5 millions d’euros de chiffre d’affaires, 150 salariés), on se réjouit de cette nouvelle offre. « On sort d’une situation de quasi-monopole. Une vraie concurrence va s’établir », indique Cyril Mazeau, le directeur financier. En attendant, l’Adeiso travaille à un rapprochement avec le pôle de compétitivité francilien Cap Digital. Une façon de faire monter en puissance la filière numérique aquitaine.

* Association pour le développement de l’électronique, de l’informatique et des technologies de l’information et de la communication dans le Sud-Ouest.

 

 

La Vendée s’y met aussi…

Le numérique, aussi secteur économique clé de la Vendée ? Ce département des Pays de la Loire est à la traîne. Les chiffres sont là : alors que l’économie du numérique représente 3% des emplois en Loire-Atlantique et 1,9% en Maine-et-Loire, les prestataires de services du numérique ne représentent que 1,4% des emplois en Vendée. 1 253 prestataires informatiques exercent en Loire-Atlantique, ils sont seulement 298 en Vendée. Du coup, le concept d’une Numeric Valley, implantée sur 1,8 hectare à Olonne, prend corps. Première pierre de l’édifice : la création d’un datacenter, installé dans un bâtiment de 1 500 mètres carrés environ. La construction démarrera en juin prochain. Un projet porté par Oceanet Technology, spécialiste de l’hébergement et l’infogérance de serveurs.

La PME de Saint-Herblain, en Loire-Atlantique (7,2 millions d’euros de chiffre d’affaires, 45 salariés), enregistre une progression de 15 à 20% de son activité par an. Forte de deux cents clients vendéens, Oceanet Technology entend bien drainer, au travers de ce datacenter, des clients des départements limitrophes. La Numeric Valley se dotera également d’une pépinière pour accueillir des start-up. De même, des formations dans le numérique et le Web devraient voir le jour, comme une école d’ingénieurs informatiques. Toujours en Vendée, sur Parc Eco 85 à la Roche-sur-Yon, Hits Datacenter investit 1,5 million d’euros dans un centre, dont l’ouverture est prévue fin 2013.

 

Cet article est extrait du n°2 d’Alliancy le mag – Découvrir l’intégralité du magazine

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