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Le Gouvernement veut inventer le diplôme 2.0 … Enfin la fin de la triche ?

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Christian Guichard, président-fondateur d’Authentication Industries

Le Gouvernement a annoncé hier la création d’un service d’attestation numérique des diplômes du secondaire et du supérieur en 2017.

Au programme : un simple site Web dédié et l’octroi d’identifiants personnalisés. Il ne reste plus qu’au jeune, ou moins jeune, diplômé d’envoyer un lien hypertexte à son futur employeur. Rien de plus simple. Trop simple peut-être ?

Si le Gouvernement a décidé de prendre les choses en main c’est bien que la falsification ou la contrefaçon des diplômes est vue comme un véritable frein à la croissance et au plein emploi. Les employeurs se méfient et à juste titre. Un tiers des candidats à l’embauche ne se gênent pas pour mentir « souvent », voire « toujours », sur leurs diplômes[1]. Théoriquement, produire de faux diplômes est un motif de licenciement mais peu de patrons ont envie de prendre ce risque.

Mais en 2016, prendre le tournant du numérique consiste-t-il vraiment à lancer un site Web ? On le sait bien Internet et sécurité ne font pas toujours bon ménage… Ça peut paraitre paradoxal à l’heure où le Web devient indissociable de notre quotidien, mais la véritable ‘sécurité’ ne passe-t-elle par le hors ligne? De plus, que se passe t-il si le diplôme est présenté à l’étranger dans des pays où les accès à Internet sont limités ?

En effet, la base de données que constituera le Gouvernement n’apportera pas plus de protection sur le diplôme papier et filigrané qui reste encore LA ‘preuve’. Imaginons à la place une double approche: un code de certification intégré au diplôme papier mais qui serait aussi imprimable associé d’une base de données numérique (gouvernementale ou autre)

L’initiative gouvernementale est certes un pas dans la bonne direction mais elle ne doit pas dispenser les Ecoles, les Universités, ou autres, de prendre une part active dans la valorisation de leurs formations. C’est ce que permettrait l’adoption d’une technologie fondée sur un code de certification. Une technologie qui serait vite amortie car monétisable. Les employeurs ne seraient-ils pas prêts à s’acquitter d’une dizaine d’euros pour avoir l’esprit tranquille ? Sans oublier qu’au-delà du diplôme, tout peut devenir très vite ‘certifiable’ (les cours suivis, les stages, le niveau de langue,…). De quoi permettre aux recruteurs de faire un choix éclairé. De manière non négligeable, les codes de certification auront au moins le mérite de dispenser le Directeur de l’Université de signer des centaines de diplômes…

En résumé, en ce premier trimestre 2016, on pourra lire sur le bulletin de notes du Gouvernement « Bel effort mais peut mieux faire… ».

[1] http://www.lavoixletudiant.com/etudes/apres-le-bac/lenseignement-superieur/52839/le-boom-des-faux-diplomes/

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