Emmanuel Macron compte plus que jamais sur la French Tech

A l’occasion d’une conférence de presse tenue lundi soir à l’Elysée, Emmanuel Macron a fait un focus sur les aides du plan de relance consacrées au soutien de la French Tech. Au total, 7 milliards d’euros sont prévus pour favoriser le développement des start-up, promouvoir l’inclusion numérique et accélérer la transformation des services publics et les entreprises.

Publié et mis à jour le 16 septembre 20205 min de lecture
Emmanuel Macron compte plus que jamais sur la French Tech

Emmanuel Macron présente les aides à la French Tech dans son plan de relance le 14 septembre 2020 à l'Elysée.

À l’occasion d’une conférence de presse tenue lundi soir à l’Elysée, Emmanuel Macron a fait un focus sur les aides du plan de relance consacrées au soutien de la French Tech. Au total, 7 milliards d’euros sont prévus pour favoriser le développement des start-up, promouvoir l’inclusion numérique et accélérer la transformation des services publics et les entreprises.

[caption id="attachment_82103" align="alignleft" width="300"]

Emmanuel Macron présente les aides à la French Tech dans son plan de relance le 14 septembre 2020 à l'Elysée.[/caption]

Seulement deux semaines après la présentation du plan de relance pour la France, Emmanuel Macron a convié une centaine de dirigeants de la French Tech à l’Elysée ce lundi soir pour faire un point sur les aides qui les attendent. Trois start-up ont d’abord été invitées à présenter leur projet : Mirakl (marketplace pour le commerce électronique), Innovafeed (protéines d’insecte) et Voodoo (jeux vidéo mobiles). Un moyen pour le gouvernement de valoriser d’emblée les pépites françaises en matière d’innovation technologique.

Lors de la soirée "France Relance French Tech", @EmmanuelMacron s'est adressé aux acteurs du #numérique #Next40 #FT120 pour parler d'accélération de la transformation de notre modèle économique. A l'honneur les startups #Voodoo @Mirakl et @Innova_Feed
📺👀https://t.co/Yq9sTudHr4 pic.twitter.com/xPVIwR0BFe

— La French Tech (@LaFrenchTech) September 15, 2020

Puis, c’est au tour du président de la République de se placer sur l’estrade. “Je tenais à remercier les trois témoignages qui viennent d’être faits mais aussi tous les écosystèmes autour de la French Tech, lance-t-il. En quelques années, s’est structurée une carte du Tendre de la mobilisation pour faire de la France une place qui crée, développe et qui est en train de changer le monde”.

Faire rayonner la French Tech grâce aux écosystèmes

Emmanuel Macron insiste à plusieurs reprises sur l’importance de la logique d'écosystèmes pour faire rayonner la French Tech et remercie tous les acteurs impliqués comme Tech in France, France Digitale, Syntec Numérique, Bpifrance ou encore Station F. L’objectif d’atteindre 25 licornes est maintenu (on en compte 13 aujourd'hui) mais le chef de l’Etat tient à rappeler que cet objectif n’est pas une fin en soi car le numérique représente aussi un fort potentiel de création d’emploi et d’attractivité.

L’écosystème autour de la French Tech a permis à la transformation de perdurer pendant la crise. Emmanuel Macron s’est adressé directement aux entrepreneurs dans la salle pour féliciter leur capacité de résilience, avant de présenter les prochaines étapes qui les concernent.

Le budget pour la French Tech en détail

Quel budget du plan France Relance est consacré à la French Tech ? Tout d’abord, 3,7 milliards d’euros sont alloués au soutien des start-up, notamment pour renforcer leur investissement en capital. 300 millions d’euros sont consacrés à la formation professionnelle aux métiers du numérique. Puis, une enveloppe de 800 millions d’euros est destinée à favoriser l’inclusion numérique sur le territoire français. Et enfin, 2,3 milliards d’euros viendront soutenir la transformation du service public et des petites et moyennes entreprises.

#FranceRelance permettra à notre pays de passer un cap en termes d’innovation et de souveraineté technologique. C’est pourquoi avec @EmmanuelMacron et @cedric_o, nous investissons 7 Mds € dans le numérique. #FDDay pic.twitter.com/XxYu9dOqM7

— Bruno Le Maire (@BrunoLeMaire) September 15, 2020

En ce qui concerne la recherche, Emmanuel Macron a tenu à rappeler les trois secteurs prioritaires en termes d’investissement de rupture. Le quantique, l’intelligence artificielle et la cybersécurité seront consolidés dans les prochains mois, étant donné que “le secteur privé ne peut assurer tout seul le financement” de tous ces projets.

“Je ne crois pas au modèle Amish”

Autre élément important : l’équipement numérique comprenant les réseaux internet et mobiles. Emmanuel Macron n’a pas pu passer à côté des critiques que suscitent la 5G et a tenu des propos qui ont agité la salle : “Evidemment, la France va prendre le tournant de la 5G car c’est le tournant de l’innovation. Et j’entends beaucoup de voix qui s’élèvent pour nous expliquer qu’il faudrait relever la complexité des problèmes contemporains en revenant à la lampe à huile… je ne crois pas au modèle Amish.” Pour lui, l’innovation sera véritablement technologique mais aussi sociale. Il rappelle dans la foulée le besoin d’un débat citoyen éclairé sur ces questions.

Le Président de la République a été clair dans son propos sur l'importance de la 5G comme élément de notre compétitivité industrielle : ce serait une erreur historique que de ne pas travailler les usages industriels de la 5G, et de fonder sur la peur le débat sur son déploiement. https://t.co/tnVl3ONTuD

— Agnès Pannier-Runacher (@AgnesRunacher) September 15, 2020

De la même manière, le président a évoqué vaguement un projet de création d’un marché européen du numérique pour lever les “mauvaises régulations” qui font barrières aux entreprises pour accéder au marché européen. Cette initiative rejoint notamment les enjeux de souveraineté européenne en matière de cloud et de 5G.

Le cap de la compétitivité est donc bien maintenu et le gouvernement mise sur l’éducation, la santé et le climat pour renforcer l’attractivité de la France. C’est aussi un enjeu de recherche de sens et de valeurs que les entreprises doivent porter pour attirer les talents. L’égalité femmes hommes, l’égalité des chances, … tous ces impératifs d’inclusion peuvent être respectés grâce au numérique.

« 30% du plan de relance consacré à la transition écologique : il faut valoriser cette force française et européenne sur le climat. C’est un élément énorme d’attractivité dans nos startups. »

La transition écologique sera numérique ! #TechForGood 🇫🇷👏 pic.twitter.com/HCwISAS9uH

— France Digitale (@FRdigitale) September 14, 2020


“Le mot RSE ne doit pas rester marginal” a appuyé Emmanuel Macron pour mettre un terme à son allocution. L’heure est à la recherche de compétitivité et d’éthique pour redonner du sens à “l’entreprise du XXIème siècle”.

Autres articles

La tech veut un autre leadership... sans renoncer à ses vieux réflexes

Bug de genre

La tech veut un autre leadership... sans renoncer à ses vieux réflexes 

L'essor de l'IA pousse les entreprises à revoir leurs attentes envers les managers techniques. Les compétences relationnelles, la diversité des équipes et l'autorité deviennent des leviers de performance autant que d'inclusion. Oui, mais...

Après les cryptoactifs, Ledger veut sécuriser l’action numérique à l’ère des agents IA

Chronique

Après les cryptoactifs, Ledger veut sécuriser l’action numérique à l’ère des agents IA

Au moment où l’intelligence artificielle réduit le coût des cyberattaques et multiplie les systèmes capables d’agir seuls, Ledger fait un pari : ne pas chercher à rendre l’agent infaillible, mais sécuriser son mandat, ses limites et le moment précis où une intention numérique devient un acte.

Cyberattaque contre Hugging Face : comment OpenAI maîtrise son récit

décryptage

Cyberattaque contre Hugging Face : comment OpenAI maîtrise son récit

L'intrusion menée par des agents IA d'OpenAI contre Hugging Face marque un tournant. Elle ne valide pourtant ni le récit d'une IA hors de contrôle, ni celui d'une cybersécurité devenue obsolète, tout en révélant un nouveau rapport de force autour des modèles de frontière. 

La France candidate pour accueillir une AI Gigafactory soutenue par l'Union européenne

IA souveraine

La France candidate pour accueillir une AI Gigafactory soutenue par l'Union européenne 

L'État se positionne pour accueillir une infrastructure de calcul dédiée à l'intelligence artificielle et s'engage à acheter 100 millions d'euros de capacités de calcul si un projet français est retenu. 

Orange et Morrison veulent créer une coentreprise de data centers pour renforcer le cloud souverain européen

Souveraineté des centre de données

Orange et Morrison veulent créer une coentreprise de data centers pour renforcer le cloud souverain européen

Les partenaires prévoient d’investir 3 milliards d’euros afin d’accompagner la croissance des besoins en cloud et en intelligence artificielle. 


Préférences de consentement