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Le retail veut prouver sa maturité numérique lors de Connect Lille

La 5e édition du Connect Lille, événement dédié à la transformation du secteur du retail avec le numérique, se tiendra le 16 novembre prochain au sein de la Cité des Échanges, aux portes de la Capitale des Flandres. Alliancy, partenaire de la rencontre, revient sur ce qui en fait le sel.

Qu’est-ce qui attire la fine fleur du retail français à Connect Lille ? Sans doute la promesse de pouvoir mettre les mains dans le cambouis de la transformation digitale, au-delà des effets de mode. « Ce qui nous différencie, c’est que nous sommes avant tout des experts de la transformation du retail depuis 30 ans, ce qui nous donne les moyens de faire le tri entre les sujets vraiment structurants et les « vaguelettes » qui pullulent dans le digital et dont les séminaires parlent trop souvent », résume Cédric Ducrocq, président de Diamart Group, qui a créé l’événement lillois.

Et de citer un exemple : « Nous n’avons jamais mis sur le devant de la scène le métavers, même quand tout le monde en parlait, car pour nous, c’est peut-être un sujet pour le secteur du luxe ou du jeu vidéo, mais pas pour les retailers mass market ». Ces arbitrages thématiques sont clés pour la qualité d’une rencontre qui veut faire émerger des partages de pratiques vraiment utiles, estime le dirigeant. Il avoue ainsi ne jamais avoir été « trop excité par la blockchain ». Il clarifie : « Cela ne signifie pas que ce n’est pas une technologie importante, mais elle n’est pas clé aujourd’hui pour notre public ».

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Cette philosophie, Cédric Ducrocq la résume donc ainsi : « L’idée est d’être plutôt les champions du contenu que des petits fours ». Un parti-pris qui fait écho selon lui à la maturité du retail dans sa transformation numérique. Les dirigeants du secteur n’ont plus besoin d’une couche superficielle d’acculturation et ils sont devenus beaucoup moins sensibles aux « pitchs de start-up glamours » et à « l’image cool de la tech’ ».

« Tout cela est derrière nous : les directions générales se posent des questions très pragmatiques. Toutes ont par exemple bien en tête l’importance des parcours omnicanaux pour leurs activités. Mais comment parvenir à exécuter ceux-ci en fluidité totale alors que les systèmes legacy sont encore présents partout ? C’est très difficile. Et embarquer tous les collaborateurs en magasin également », illustre Cédric Ducrocq.

L’évolution des modèles d’affaires en question

De la même façon, sur tous les sujets liés à la RSE, plus besoin de faire de la sensibilisation auprès des entreprises de la distribution. Mais celles-ci se demandent encore souvent comment mener une transition sérieuse. L’organisateur de Lille Connect se rappelle les échanges qu’il a eus avec des directeurs généraux sur le sujet : « Les questions que l’on entend, c’est « comment je peux aller plus loin que seulement mettre des ampoules leds dans mes magasins ? Comment puis-je faire évoluer mon business model pour allier rentabilité et durabilité ? C’est une attente fondamentalement opérationnelle, on n’est plus du tout dans l’éclairage thématique ».

Cette attente de contenus activables conditionne d’ailleurs les formats d’échange proposés par l’événement lillois. Les ateliers en petit comité ont pris une place centrale, aux côtés des plénières obligatoires, afin de favoriser le partage d’expériences entre les participants. Et pour que les rencontres business « one-to-one » fonctionnent, il a fallu augmenter très fortement le niveau d’exigence lors de la sélection des participants.

« Ce qui est intéressant, c’est que l’attente est identique du côté des acteurs de la tech’ qui participent également à l’événement. La conjoncture économique est plus tendue : tout le monde cherche des réponses à apporter à court terme, avec une vision « ROI ». Nos sponsors aussi veulent donc faire du business efficace et que les échanges avec les retailers soient au bon niveau », détaille Cédric Ducrocq. « Et la différence est flagrante ces dernières années : les retours d’expériences concrets sont là. Ils peuvent montrer les résultats produits. Plus que d’innovation, ils parlent de performance ».

Une dynamique vertueuse selon lui face à un secteur du retail plus que jamais terre à terre : « 80% des effectifs d’une entreprise de la distribution sont en prise avec le terrain ; la nature des activités et des structures capitalistiques, familiales ou sous forme de groupements d’indépendants, est une vraie forme d’anticorps contre la « technocratisation de la pensée » dans le milieu ». Autrement dit, plutôt que de céder aux sirènes des dernières nouveautés, le métier du retail implique un retour au bon sens bienvenu dans une époque où tout semble parfois changer trop vite avec le numérique.

Quelle place pour l’IA dans le retail ?

Pour autant, Connect Lille peut-il se passer de mettre en avant la thématique brûlante de la tech’ en 2023 ? Quelle place pour l’IA Générative, un sujet encore très exploratoire pour de nombreuses organisations, dans un événement dédié au concret ? « Nous n’aurons pas de discours messianique autour de l’IAG, c’est certain. En revanche, nous voulons permettre de clarifier où sont les impacts possibles pour le retail, de baliser le territoire. Les témoignages porteront sur la façon dont les entreprises sont en veille. Comment elles embauchent sur l’IA. Si elles jugent pouvoir attendre encore un an ou non avant d’agir… » laisse entrevoir Cédric Ducrocq.

Il est vrai que par nature, le secteur de la distribution gère de très grandes quantités de données sur son cœur de métier : ventes, stocks, informations produits, prix… Ces informations commerciales ont toujours été gérées de façon assez simples et pendant longtemps le secteur a ignoré les promesses du prédictif. « On a de très nombreuses histoires de construction de datalake qui n’ont absolument rien donné, par manque de vision précise sur comment les exploiter. C’est presque devenu une « private joke » dans le secteur » s’amuse le dirigeant de Diamart Group. D’autant plus que du côté des clients, les informations sont, elles, très limitées. Avec des difficultés à faire émerger de la valeur. « Le client est identifié quand il sort du magasin, pas quand il y rentre… Donc difficile d’avoir une proposition de valeur ferme sur des cas d’usages comportementaux par exemple » rappelle-t-il.

Ce rapport ambigu à la data évolue cependant, note l’organisateur. Notamment du fait qu’il devient beaucoup moins coûteux d’amener des « couches d’intelligence » sur les données commerciales, par exemple pour faire du prédictif sur le pricing ou sur les stocks. Les retours sur investissements sont plus concrets et cela permet d’embarquer les dirigeants pour avancer. « Le plus gros enjeu reste la qualité des data. Beaucoup de retailers doivent encore mener un travail de fond, permanent, pour changer la gouvernance de leurs données, pouvoir les nettoyer en permanence, les rendre accessibles à ces niveaux d’intelligence que l’on va vouloir ajouter ». Et il s’agit là de discussions profondes qui devront mobiliser les acteurs réunis à Connect Lille. Sans doute plus que de seulement savoir « si ChatGPT va sauver les chatbots encore très décevants avec lesquels on doit composer aujourd’hui ».

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Plus d’informations sur www.connectlille.fr

Inscription gratuite pour les retailers.

Informations pratiques :

Jeudi 16 novembre 2023

De 9h00 à 18h00

La Cité des Echanges, 40 Rue Eugène Jacquet, 59700 Marcq-en-Barœul.

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