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Compétences numériques : un chantier encore balbutiant

Deux évènements se sont entrechoqués la semaine dernière : Numeum organisait mardi un débat sur le sujet « Formation et Numérique : ne ratons pas le coche ! » L’occasion de souligner les besoins importants des entreprises : « 150 000 personnes vont être recrutées d’ici 2027 en France dans le secteur du numérique ».

Les employés, eux, semblent plutôt partants : « 39% des actifs disent qu’ils pourraient être intéressés par les métiers du numérique. C’est moins que l’artisanat ou les métiers du commerce de proximité. Mais c’est tout de même un critère essentiel de la marque-employeur, aux yeux des jeunes », a ainsi souligné Romain Bendavid, directeur du Pôle Corporate et Climat Social à l’Ifop.

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Et les observateurs comme Cynthia Fleury, philosophe, rappellent la nécessité de faire de ce sujet une priorité. « Deux grands méta-changements sont en cours dans notre société : l’anthropocène et le numérique. Il faut accepter de consacrer du temps pour se former correctement au numérique. »

Le lendemain, Salesforce dévoilait les résultats de sa première étude consacrée aux compétences numériques (23 000 répondants dans 19 pays). Baptisée « Digital Skills Index », l’enquête livrait ce chiffre inquiétant pour la France : seulement 27% des salariés et demandeurs d’emploi estiment disposer des compétences numériques exigées par les entreprises – contre 40% au niveau mondial.

Et en dépit de compétences avancées pour utiliser les outils de communication du quotidien (réseaux sociaux), seuls 24 % des répondants français estiment avoir une maîtrise « avancée » des outils collaboratifs utilisés dans le cadre professionnel.

L’urgence d’un « plan Marshall » de la formation numérique, tel qu’avancé mardi par les participants du débat Numeum, semble avérée.

« Aujourd’hui, nos réalités sont fusionnées, estime Cynthia Fleury. Un aéroport perd sa fonction d’aéroport si ses logiciels dysfonctionnent. Le numérique, ce n’est pas superfétatoire, c’est notre nouveau milieu de vie. Il faut le comprendre sous peine de passer à côté de notre existence. »

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