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Inria – Inrae : Le numérique, levier pour accompagner la mutation de l’agriculture et des systèmes alimentaires  

Conjointement produit par Inrae et Inria, le livre blanc « Agriculture et Numérique » a été présenté le 1er mars au Salon International de l’Agriculture en présence de la ministre Frédérique Vidal. Il se concentre sur la recherche de synergies à consolider entre la transition numérique et la transition agroécologique d’une part, et les systèmes alimentaires d’autre part. Objectif : faire face aux différents enjeux de sécurité alimentaire, climatiques et environnementaux. 

Veronique Bellon-Maurel et Nathalie Mitton lors de la présentation du Livre Blanc "Agriculture et numérique", le 1er mars 2022 au Salon International de l'Agriculture

Veronique Bellon-Maurel et Nathalie Mitton lors de la présentation du Livre Blanc « Agriculture et numérique », le 1er mars 2022 au Salon International de l’Agriculture

Le Livre Blanc « Agriculture et Numérique » a été conçu de manière collaborative par cinq chercheurs d’Inrae et d’Inria – établissements pivots de la recherche dans les domaines de l’agriculture et du numérique – qui se sont appuyés sur les travaux de #DigitAg (l’Institut Convergence Agriculture Numérique porté par Inrae) et sur une trentaine de spécialistes au sein de ces établissements. “C’est un travail de deux ans où nous avons mobilisé un grand nombre de personnes” assure Véronique Bellon Maurel de l’Inrae. 

Il aborde le sujet de l’agriculture numérique, comme levier pour accompagner la mutation de l’agriculture et des systèmes alimentaires : comment mobiliser et mettre en œuvre de nouvelles capacités d’acquisition de données, de traitement (en particulier par l’intelligence artificielle), d’automatisation ou de robotisation des tâches, de connectivité et d’échanges dématérialisés pour contribuer à la transition vers des agricultures et des systèmes alimentaires durables. Technologies, méthodologies, opportunités et risques du numérique en agriculture, Inria et INRAE dressent un tableau des défis scientifiques et technologiques que la recherche française devra relever pour permettre le développement de solutions numériques et d’usages qui faciliteront les transitions agroécologique et alimentaire, en tenant compte des risques identifiés.  

Dans ce livre blanc, quatre risques ont été identifiés pour ne pas aggraver ou créer de nouveaux problèmes avec le déploiement du numérique!  

  • Risque 1 : Compromettre la transition écologique par un déplacement de l’impact ailleurs. 
  • Risque 2 : Renforcement des inégalités et des rapports de force. 
  • Risque 3 : Perte de souveraineté des agriculteurs. 
  • Risque 4 : Accentuation des vulnérabilités et des rendements négatifs. 

 

Un numérique responsable au service d’une agriculture responsable 

Pour ce faire, il est essentiel de favoriser la transdisciplinarité, c’est-à-dire de mener les travaux de recherche au sein d’un écosystème rassemblant acteurs du monde académique, du monde agricole et alimentaire et du secteur de l’innovation. En effet, la nature des innovations attendues est non seulement d’ordre technologique, mais aussi d’ordre organisationnel, du fait de l’évolution des modes d’interactions entre acteurs, ou de l’organisation du travail issue du développement des outils numériques. Dans le cadre d’une recherche et d’une innovation responsable, les parties prenantes doivent être dès le départ inclues dans la définition des projets et les risques propres au numérique doivent être identifiés afin d’être pris en compte au plus tôt dans une démarche de co-conception.  

Pour en savoir plus sur le livre blanc, un entretien vidéo avec Véronique Bellon-Maurel, cheffe-adjointe du département MathNum de l’Inrae et directrice de l’Institut Convergences Agriculture numérique #DigitAg, Nathalie Mitton, directrice de recherche d’Inria ainsi que Ludovic Brossard, ingénieur de recherche de l’Inrae. 

« Je ne doute pas que la transition agroécologique doit être soutenue par de nombreux investissements dans le numérique, indique Frédérique Vidal, Ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation lors de la remise du Livre Blanc mardi 1er mars. Le travail collaboratif existe entre le monde de la recherche et le monde agricole. C’est ce qui va nous permettre de relever les défis”. Il s’agit ainsi de répondre aux défis identifiés tout en prenant pleinement en compte les impératifs de frugalité, de sécurité, de résilience et d’accessibilité dans le développement des innovations numériques venant en appui aux politiques publiques. L’adoption des technologies du numérique en agriculture doit passer par la démonstration de leur utilité, par la participation des utilisateurs à leur mise au point et leur formation. L’ambition de construire une agriculture numérique responsable est donc sous-tendue par une double exigence : celle de développer un numérique responsable au service d’une agriculture responsable.  

Avec le déploiement croissant du numérique dans l’agriculture, Inrae et Inria ont soulevé quatre défis de taille à relever à travers ce livre blanc. 

Défi 1 : Fournir des outils numériques pour la gestion collective à l’échelle des territoires pour créer des informations pertinentes et les transmettre sous forme compréhensible pour tous les territoires. “Ça commence par mieux connaitre les territoires et faciliter les échanges pour gérer des ressources et intégrer les services écosystémiques. Le défi est également de collecter et organiser les données pour visualiser les informations pertinentes ainsi qu’outiller la participation par des aides à la décision collective et faciliter la médiation” explique Véronique Bellon-Maurel. 

Défi 2 : Aider les agriculteurs dans la conduite individuelle de l’itinéraire technique en aidant à la décision. “Cela passe par construire des robots travaillants en coordination avec des capteurs précis pour permettre des détections précoces de problèmes chez l’animal ou la plante” indique Nathalie Mitton, membre de l’Inria. 

Défi 3 : Transformer les relations entre acteurs dans les filières. “On va chercher à mieux inscrire les agriculteurs pour un meilleur partage des valeurs, note Véronique Bellon-Maurel. Il faut renouveler les services avec du conseil et de l’assurance, renouveler également les circuits court et accroître la transparence pour transférer l’information par la traçabilité des produits”. 

Défi 4 : Créer et partager des données et des connaissances. Selon Nathalie Mitton : “Les données vont être de plus en plus nombreuses et il faudra les mutualiser pour définir une gouvernance, les sécuriser ainsi que leurs flux pour limiter un mauvais usage. La question de l’équité du partage de celles-ci se posera également”.

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