Alliancy

Pour Orange Business, le financier et l’extra-financier à des niveaux équivalents

Empreinte environnementale, confiance, inclusion sociale et sociétale… Gros plan sur les principaux axes du numérique responsable au sein d’Orange Business, avec Jérôme Goulard, son responsable RSE.

Alliancy. Quelle place le numérique responsable occupe-t-il au sein d’Orange Business ?

Jérôme Goulard responsable RSE Orange Business

Jérôme Goulard responsable RSE Orange Business

Jérôme Goulard. Le numérique responsable est dans la raison d’être du groupe Orange : « Orange est l’acteur de confiance qui donne à chacune et à chacun les clés d’un monde numérique responsable ».

Le numérique responsable figure également dans notre plan stratégique « Lead the future », à travers sa composante ESG. Nous pouvons d’ailleurs distinguer trois axes majeurs. Tout d’abord l’axe environnemental : le numérique est un facteur d’émissions, qu’il faut mesurer et réduire, mais il constitue aussi une partie de la solution. Il peut donc servir à des enjeux de transition environnementale.

Le second axe est celui de la confiance, de la souveraineté et de la sécurité, particulièrement pour les clients entreprise. À cela s’ajoute la notion d’éthique de la data et de l’IA, la protection des données, la cybersécurité et la souveraineté des solutions de cloud et de data.

Le troisième et dernier sujet concerne l’inclusion sociale et sociétale. Cela englobe l’utilisation du numérique comme facteur de développement, la formation au numérique et le fait de s’assurer de l’inclusion et de la diversité dans nos activités, nos équipes et nos services.

Les entreprises ont-elles pris la mesure des enjeux liés au numérique responsable ?

Jérôme Goulard. Oui, depuis cinq ans, nous assistons à une très forte accélération et, depuis trois ans, à une véritable structuration. Nous sommes passés du sujet qui se trouvait en annexe des dossiers au cœur même des discussions, des architectures et des mesures. Nous commençons même à regarder comment cela peut être inséré dans les tableaux de bord de performance d’exécution de nos contrats. En plus des tableaux de bord techniques et financiers, il va falloir créer des tableaux de bord environnementaux. À tous les niveaux, le financier et l’extra-financier sont en train d’arriver à des niveaux équivalents. C’est d’ailleurs dans ce sens que la directive CSRD se dirige.

Au même titre que nous avons une comptabilité analytique financière pour définir les P&L (profit and lost statement, ndlr) de nos services et solutions, il faut désormais que nous ayons une comptabilité analytique environnementale relative aux estimations CO2. Les deux dimensions sont en train de se combiner. De même que nous avons le pilotage des facturations dans la phase d’exécution des contrats, nous allons également devoir mettre en place le pilotage des indicateurs environnementaux.

Quid de la dimension RSE dans les appels d’offres ?

Jérôme Goulard. Nos clients intègrent le sujet de plus en plus dans leurs appels offres, avec une composante RSE qui peut aller jusqu’à 20 % du total, ce qui est loin d’être négligeable. Nous faisons de même avec nos fournisseurs. L’enjeu est de faire correspondre ce que nous demandent nos clients avec ce que nous exigeons de nos fournisseurs. Nous combinons les données qu’ils nous fournissent avec nos propres données internes afin de pouvoir déterminer l’impact de nos produits et services sur l’ensemble de la chaîne de valeur.

Ce travail n’est pas simple, car cela implique des technologies qui ne sont pas toujours standardisées, et de la data qui n’est pas toujours disponible ou qu’il faut nettoyer. Nous mettons pour cela à profit nos différentes expertises en interne. Notre entité Orange Innovation a ainsi développé de premiers outils à partir des données réelles de nos activités sur nos réseaux. Nous pouvons fournir à nos clients des estimations sur la connectivité en France de nos services.

Nous commençons aussi à créer des modèles sur l’international, même si c’est plus complexe, car nous passons par des opérateurs tiers. Nous le faisons aussi avec nos grands partenaires qui nous fournissent des informations que nous combinons avec nos propres indicateurs afin de les rendre disponibles à nos clients.

Où en est-on aujourd’hui des méthodologies disponibles ?

Jérôme Goulard. Nous essayons de définir des méthodologies communes, car le grand danger est que chacun parte avec des bouts de méthodologie et de périmètre sans être clair sur le cadre commun.

Par exemple, certains acteurs du numérique ont communiqué sur le fait qu’ils étaient neutres en carbone, mais seulement sur leurs émissions directes, c’est-à-dire sur les scopes 1 et 2. Or, cela ne représente que 10 % de l’empreinte globale.

Qu’en est-il de l’éthique ?

Jérôme Goulard. La première demande sur le sujet remonte à trois ans, au cours d’un appel d’offres auquel nous avons répondu. Nous avons alors fait appel à une entreprise experte de ces domaines pour réaliser un audit de méthodologie de nos projets internet et de certains projets clients.

Nous avons regardé les différentes étapes clés dans la conception d’un service au cours desquelles il est nécessaire de procéder à des vérifications sur les aspects éthiques. Nous avons publié il y a deux ans un livre blanc sur l’éthique de l’IA, via notre filiale Business & Décision. Il faut notamment s’assurer qu’il y ait toujours le contrôle d’un humain dans l’utilisation d’un algorithme.

Nous avons par ailleurs créé un comité consultatif de l’éthique de l’IA et de la data avec des experts externes. Ils émettent des recommandations que nous déclinons dans l’ensemble du groupe Orange, mais ils ont aussi un rôle de conseil. Nous pouvons les solliciter pour obtenir leur avis. Cela a été le cas pour Orange Business l’année dernière à propos d’une offre qui incluait de la reconnaissance faciale, en lien avec des comportements atypiques lors d’événements sportifs par exemple, ou même dans des boutiques.

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