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Salesforce, super show

La conférence Dreamforce 14 de Salesforce vient de s’achever à San Francisco, après quatre jours très intenses. Retour sur une manifestation hors normes à l’échelle des ambitions de l’éditeur américain de logiciels.

La course à la taille ne vaut pas que pour le chiffre d’affaires dans la Silicon Valley ! Sur la côte ouest des Etats-Unis, c’est également à celui qui organisera la plus grande convention. Consumer Electronics Show (CES) de Las Vegas, OpenWorld par Oracle et Dreamforce par Salesforce à San Francisco… Chacun y va de ses bons comptes pour vanter la plus populaire. La palme revient cette année à Dreamforce 14 qui, avec ses 145 000 participants venus de 91 pays, supplante ses homologues. Une façon de se démarquer pour la firme américaine, dixième éditeur de logiciels en 2013, selon Gartner, et leader mondial de la fourniture de solutions dans la gestion de relation clients (CRM). Du 13 au 16 octobre, ce fut un véritable raz-de-marée sur San Francisco et le Moscone Center – un palais des expositions souterrain, d’une superficie de 84 000 mètres carrés, situé au cœur de la ville californienne. Une aubaine pour cette dernière, puisque selon San Francisco Travel, l’office de tourisme local, les retombées économiques de cet événement seraient supérieures à 100 millions de dollars… 

A l’heure du petit-déjeuner, ou du midi, nombre d’entreprises proposent un panier repas gratuit en échange d’un scan de badge, permettant de démarcher le bénéficiaire à la suite de l’événement. Ainsi, la société Domo (Business Analytics) a-t-elle offert 600 petits déjeuners par jour à La Boulange, une chaine de salon de thé à la française, à raison d’un ticket de 10 dollars par personne. Devant la Starbucks Coffee, c’est un autre fournisseur qui distribue des bons de 5 dollars en échange du même procédé…

Deuxième employeur de San Francisco, derrière la banque Wells Fargo, Salesforce n’en fait pas moins rager quelques habitants qui reprochent aux bus amenant les participants à leurs hôtels de provoquer des embouteillages monstres. Le temps de la convention, une avenue centrale est coupée à la circulation. Elle accueille des scènes de musique et espaces de relaxation pour les congressistes. La privatisation de certains restaurants et bars le temps d’une soirée, prive également les locaux de sortie.

Hilary Clinton et Al Gore au programme

Exceptionnel, l’événement a confisqué, le parterre de l’Hôtel-de-ville le temps d’un concert de charité avec le chanteur Bruno Mars, alors que les Beach Boys avaient rythmé la grand’messe du patron, Marc Benioff, durant l’après-midi. Plus tôt le matin, c’est Hilary Clinton, ex-secrétaire d’Etat de Barack Obama, et le lendemain Al Gore, ancien vice-président sous l’administration de Bill Clinton qui, devant 40 000 personnes, ont assuré un show tout à l’américaine. Pour participer à cet événement économique majeur, les participants doivent se doter d’un budget de l’ordre de 2 500 euros et une entreprise est amenée à débourser quelque 20 000 euros pour tenir le plus petit des stands de 2 mètres carrés… Certains occupent des surfaces bien plus importantes. Et ils sont ainsi plus de 400. Pour attirer des participants à sa convention, Salesforce a pensé à tout, jusqu’à présenter sur son site internet un calculateur de retour sur investissement !

Ainsi, Bluewolf, un intégrateur de solutions Salesforce qui compte une direction en France, consacre un budget de 1 million de dollars à l’événement. De son côté, Jean-Michel Mougeolle, directeur des services informatiques de Mikit, un constructeur de maisons individuelles, et président du Club français des utilisateurs de Salesforce, vante un événement jugé « mieux et moins cher que n’importe quelle formation qui permet de se mettre à jour avec les technologies Salesforce et cloud en général. »

Reste deux inconnus : le chiffre d’affaires de l’événement, induit par les inscriptions des exposants et des participants, et le coût d’une telle manifestation que Salesforce garde précieusement secrets.

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