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La blockchain, utilité générale ou particulière ?

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Philippe Rodriguez, cofondateur de la banque d’affaires Avolta Partners et président de Bitcoin France, sort un ouvrage sur les transformations portées par la blockchain dans lequel il en explique les mécaniques de fonctionnement et les prochaines évolutions à attendre.

La révolution Blockchain par Philippe Rodriguez (Dunod, 2016, 224 pages)

Bien que l’année fut très chargée pour Avolta Partners*, Philippe Rodriguez, son cofondateur avec Patrick Robin, a trouvé le temps d’écrire sur la blockchain, après l’avoir déjà fait sur les crypto-monnaies [un autre suivra sur l’IA]. L’ouvrage sort le 8 mars chez Dunod : « La Révolution Blockchain : Algorithmes ou institutions, à qui donnerez-vous votre confiance », un sujet qui fait couler beaucoup d’encre ces temps-ci au vu des solutions ou problèmes qu’il apporte. Son idée en tant que promoteur de la blockchain : évangéliser et analyser les impacts sociétaux de cette technologie.

« Il faut justement sortir des questions techno, trop complexes, explique l’auteur. Et si les cas d’usages manquent encore de maturité, il faut comprendre que nous ne sommes qu’au début d’une révolution.»

Ce protocole technique inspire une réflexion sur une société plus équilibrée, plus juste et interroge la fabrique de la confiance.

Dans ce livre, il explique que la blockchain promet un environnement différent qui remplace la confiance dans des institutions par un protocole basé sur des algorithmes à la fois composés de techniques de cryptographie, de théories des jeux et de logiciel libre.

« J’ai choisi de prendre cinq angles pour décrire ce nouveau phénomène : Culturelle et Historique ; Economique et monétaire ; Technologique ; Usages & Métiers et Philosophique ».

Les transitions majeures de nos sociétés induites par la Blockchain

Ensuite, la toute dernière partie du livre présente les transitions majeures de nos sociétés induites par la Blockchain :

  1. Transition démographique : rapport entre jeunes et anciens, entre Nord et Sud, entre continents…
  2. Transition écologique : comment mieux répartir la production et la distribution d’énergie, mieux encourager les économies d’énergie, préparer la transition vers des énergies décarbonées…
  3. Transition numérique : aller vers un internet plus responsable et non plus administré par quelques géants du numérique.
  4. Transition monétaire : « la plus médiatisée, mais la bien moins comprise ». Nouvelles monnaies, monnaies complémentaires ? Pourquoi ? Bon ou mauvais ?
  5. Transition démocratique: chaque citoyen devient le garant de la bonne tenue de la vie politique ! Pour preuve : les entreprises d’e-démocratie se multiplient (DemocracyOS, PublicVote, BitCongress, FollowMyVote)… « Si une certaine méfiance demeure à l’égard de ces initiatives, c’est pourtant le moment idéal pour en faire la promotion ! »

 

« Il est essentiel que les entreprises se penchent sur ces sujets, poursuit Philippe Rodriguez, d’où ce livre pour leur expliquer les nouveaux ou mini-usages qu’amène la Blockchain. »

Mais doivent-elles y investir ? « Non, elles doivent participer à diverses initiatives, mais ce n’est pas leur sujet, elles ne doivent pas y aller directement. Cela n’a pas de sens », car l’objectif final de l’entreprise est d’être centralisé, à l’inverse de la Blockchain.

« Les acteurs qui ont gagné dans l’e-commerce ne sont pas les retailers. Ceux qui gagneront dans la Blockchain, ce ne seront pas les banquiers », poursuit-il.

La thèse surtout est que l’on n’a pas encore tranché entre les algorithmes et les institutions humaines, envers lesquelles il n’y a jamais eu autant de défiance. Aujourd’hui, on est entre les deux… « A qui donne-t-on notre confiance ? », reste LA question pour l’auteur.

Et c’est là la révolution de la Blockchain : disposer d’une capacité d’être autonome pour instaurer la confiance. « C’est un changement de dogme extrêmement important, car, culturellement, nous pensons qu’il faut ajouter de l’humain pour avoir confiance. Alors que pour ceux qui ont pensé la Blockchain dès le début, c’est faux. »

Et de conclure : « Les innovations les plus intéressantes vont plutôt aller dans un domaine non réglementé, en dehors des institutions, en dehors des modes de fonctionnement actuels… Et c’est cela qui est le plus intéressant ! ». Faut-il en conclure que trop de régulation tue l’innovation ? « Pour les Etats, c’est compliqué de mettre des lunettes centralisées pour regarder un système décentralisé. C’est valable pour la Blockchain, comme pour l’intelligence artificielle. »

* Les start-up technologiques françaises ont réalisé 227 levées de fonds de plus de 1 million d’euros en 2016, pour un montant de 1,4 milliard, selon un bilan effectué par la société de capital-risque Serena Capital. Avolta Partners arrive en tête des six banques d’affaires ou leveurs de fonds les plus actifs en 2016. A son actif : dix levées de fonds pour 32 millions d’euros (CityScoot, Orangemarine, Hesus, Smartangels, ECL Direct, Qarnot Computing, Antvoice, La thé box, Horsecom, Educlever).

A lire également :

Philippe Dewost (Caisse des dépôts) – « La blockchain est un sujet de réseaux »

>> Cet article est extrait du dossier Banque / Assurance – L’open banking : un exercice imposé à tous

A noter :

L’évènement Blockchain Agora qui se tiendra à Paris le 15 septembre 2017.

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